Sicile: la droite en voie de remporter les élections régionales

Silvio Berlusconi est l'ancien chef du gouvernement et véritable sphinx de la vie politique dans la péninsule, à 81 ans révolus.
Photo: John Thyas Agence France-Presse Silvio Berlusconi est l'ancien chef du gouvernement et véritable sphinx de la vie politique dans la péninsule, à 81 ans révolus.

La coalition de droite, emmenée par l’éternel Silvio Berlusconi, semblait s’acheminer lundi vers la victoire aux élections régionales de dimanche en Sicile, avec un net avantage sur les populistes du Mouvement 5 Étoiles (M5S), selon des résultats partiels.

Après dépouillement des bulletins de vote de plus de 60 % des bureaux (3445 sur 5300), Nello Musumeci, soutenu par Silvio Berlusconi (Forza Italia, centre droit) et Matteo Salvini (Ligue du Nord, extrême droite), obtenaient 39,3 % des votes contre 35,1 % au candidat du M5S Giancarlo Cancelleri.

A quelques mois d’élections législatives prévues début 2018, le scrutin est en deçà des espérances du M5S, qui ambitionnait de remporter sa première région, et constitue déjà un sérieux revers pour le centre gauche au pouvoir.

Il semble en revanche consacrer l’énième retour sur la scène politique de Silvio Berlusconi, ancien chef du gouvernement et véritable sphinx de la vie politique dans la péninsule, à 81 ans révolus.

« Berlusconi fonctionne encore et la droite est compétitive », a jugé lundi le politologue, expert de l’université Luiss de Rome, Giovanni Orsina, lors d’une rencontre avec la presse étrangère.

Les derniers chiffres confirment également que Fabrizio Micari, candidat du Parti démocrate (PD, au pouvoir) de Matteo Renzi, a réussi à limiter les dégâts par rapport à son adversaire à gauche Claudio Fava, avec un peu plus de 18 % pour le premier contre moins de 7 % pour le second, même si la défaite reste cuisante pour le centre-gauche, qui gouvernait depuis cinq ans la Sicile.

Le scrutin de dimanche représentait le dernier test grandeur nature — 4,5 millions d’électeurs — avant les législatives qui devraient se dérouler entre février et avril prochain.

Après avoir pris Rome et Turin l’année dernière, le M5S, né en 2009, espérait remporter sa première région et faire de ce scrutin un tremplin pour les législatives.

Lundi, le M5S assurait cependant qu’il resterait « le vainqueur moral » du scrutin, dans la mesure où il a remporté plus de voix que n’importe quel autre parti pris individuellement.

Sérieux revers

La gauche, qui dirigeait la région depuis 2012, a pour sa part mordu la poussière.

« En attendant les chiffres définitifs, nous ne pouvons que reconnaître une vraie défaite. J’espère que ce résultat pourra entraîner une réflexion dans la gauche sur la nécessité de trouver l’unité », a commenté le secrétaire régional du PD, Fausto Raciti.

C’est en effet l’unité qui a porté la droite. Pour Giovanni Toti, gouverneur de la Ligurie (nord-ouest) et conseiller de M. Berlusconi, la Sicile « a écrit un beau chapitre nouveau pour la droite unie ».

Et si les résultats siciliens devraient aider MM. Berlusconi et Salvini à surmonter des divergences politiques croissantes pour se présenter unis aux législatives, ils risquent d’accentuer les fractures au sein du centre gauche.

« Les résultats siciliens étaient largement prévisibles, ce qui n’enlève rien à leur caractère dramatique », a commenté Michele Emiliano, gouverneur de la Pouilles et l’un des chefs de file de l’opposition interne au PD.

« Sans un changement radical et sans la prise de conscience des erreurs commises ces dernières années par le groupe de dirigeants proches de Matteo Renzi [actuel chef du PD], ce qui s’est produit en Sicile risque de se reproduire au niveau national », a prévenu Roberto Speranza, un des leaders de l’opposition de gauche, qui a fait scission du PD.

La question du leadership de Matteo Renzi au sein du centre-gauche va très certainement rebondir, même s’il ne semble guère prêt à lâcher les rênes de son parti, estime ainsi une partie des commentateurs politiques.

Le chef de file M5S pour les législatives, Luigi Di Maio, a d’ailleurs annulé lundi son premier débat télévisé avec M. Renzi, prévu mardi soir, estimant que le PD n’avait « plus de leader ».