Catalogne: Puigdemont veut être candidat au scrutin du 21 décembre

Le président de l’exécutif catalan déchu a dit vendredi qu’il n’avait pas l’intention de fuir la justice.
Photo: Olivier Matthys Associated Press Le président de l’exécutif catalan déchu a dit vendredi qu’il n’avait pas l’intention de fuir la justice.

L’Espagne a lancé un mandat d’arrêt européen vendredi contre Carles Puigdemont, le président catalan destitué qui s’est exilé à Bruxelles cette semaine avant sa comparution en justice pour répondre de son rôle dans le projet indépendantiste en Catalogne.

La juge madrilène chargée d’instruire le procès de la marche de la Catalogne vers la déclaration d’indépendance du 27 octobre a lancé un mandat pour « rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l’autorité ».

Le parquet fédéral belge a confirmé la réception du mandat d’arrêt, qu’il allait « étudier ».

Il vise M. Puigdemont et quatre de ses ministres repliés en Belgique alors qu’ils devaient être entendus par la magistrate jeudi avec treize autres membres de l’ancien exécutif catalan et six membres du bureau du parlement régional.

Presque au même moment, M. Puigdemont dénonçait « l’énorme influence de la politique sur le pouvoir judiciaire en Espagne », dans une interview en français à la RTBF.

La juge d’instruction de l’Audience nationale, tribunal siégeant à Madrid spécialisé dans les affaires délicates, a inculpé et écroué le vice-président Oriol Junqueras et sept autres membres du gouvernement destitué qui s’étaient eux présentés dans son bureau. Ils ont été écroués. Un neuvième — qui avait démissionné avant la proclamation de la « République » — a été libéré vendredi sous caution.

Manifestations

Leur incarcération a été unanimement condamnée par les indépendantistes, qui font valoir le caractère pacifique de leur mobilisation depuis des années et du référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre.

Comme la veille, plusieurs milliers de manifestants ont demandé vendredi soir à Barcelone la libération des ministres destitués, clamant aussi leur confiance dans le « président légitime » de la Catalogne.

Je suis ici parce que je m’oppose à ce qu’il y ait des prisonniers politiques

 

À moins de deux mois des élections régionales convoquées pour le 21 décembre par le président espagnol, Mariano Rajoy, M. Puigdemont a fait un pas vers sa candidature vendredi, malgré sa probable remise à la justice espagnole dans les semaines à venir.

« Je suis disposé à être candidat, a-t-il déclaré à la RTBF. Je veux être un messager pour nos concitoyens. »

Le tour judiciaire que prend le bras de fer entre Madrid et Barcelone pourrait profiter aux formations séparatistes, résolues à prendre leur revanche dans les urnes.

De hauts responsables d’au moins deux partis indépendantistes ont appelé vendredi à resserrer les rangs.

« Nous sommes fermement disposés à unir nos forces pour construire une liste » unique, a déclaré à la presse Marta Pascal, la porte-parole du PDeCAT (Parti démocrate européen catalan, conservateur indépendantiste), parti de Carles Puigdemont. Sergi Sabrià, porte-parole du parti ERC (gauche républicaine de Catalogne), dirigé par Oriol Junqueras, a lui aussi jugé « absolument nécessaire une stratégie partagée contre la répression ».

Avant les urnes, les indépendantistes ont la ferme intention de se faire entendre dans la rue.

Un syndicat indépendantiste, CSC, appelle à une grève générale pour mercredi prochain, soutenu par deux puissantes associations séparatistes, l’Assemblée nationale catalane et Omnium Cultural.

9 commentaires
  • Raynald Rouette - Abonné 3 novembre 2017 16 h 11

    Il faut que l'Espagne revienne à la raison!


    Si elle est «Démocratique» comme elle le prétend, elle doit cesser toutes actions contre les élus Catalans!

    L'Espagne doit démontrer clairement être une Démocratie!

    Tous les pays de l'occident doivent faire pression sur l'Espagne, le Canada tout particulièrement...

    Sinon, nous devrons conclure qu'un «état de droit» comme l'Espagne prétend être, tout comme le Canada, peuvent se transformer en «dictature».

    Il faut que chaque pays se prononce sans équivoque, sur l'attitude inacceptable de Madrid envers les élus «démocratiquement» de la Catalogne.

    La démocratie existe-t-elle vraiment en Occident?

  • Nicole Delisle - Abonné 3 novembre 2017 16 h 38

    « Rétablir la stabilité... »

    Si le gouvernement espagnol pense rétablir la stabilité et revenir à une existence normale, je crois qu’il se trompe royalement et je m’étonne que des politiciens puissent penser qu’en écrasant leurs adversaires, en revenant à un régime franquiste,
    en refusant le dialogue, ils croient que les gens vont les réélire. La peur, la vengeance et la violence n’ont jamais fait des politiciens compétents, désireux de servir leur peuple. Se servir de son pouvoir pour ordonner, imposer et mettre les adversaires
    en prison, cela s’appelle la dictature. L’Espagne a raison de s’inquiéter de la baisse d’affluence des touristes, car tant qu’à moi, c’est un pays à bannir tant que ce gouvernement sera en place. La démocratie est en berne dans ce pays, alors privons-les de nos sous! Ils ne les méritent pas.

  • Gilles Teasdale - Abonné 3 novembre 2017 16 h 50

    Le Québec devrais offrire l'azile à Mr.Puigdemont.

  • Maxime Parisotto - Inscrit 3 novembre 2017 16 h 51

    Le 1er ministre espagnol est devenu complètement cinglé...la Belgique ne peut pas donner suite à un mandat qui vise à arrêter un polititien européen pour une raison politique.

  • Solange Bolduc - Inscrite 3 novembre 2017 17 h 41

    je suis abasourdie

    ne pensant jamais que l'espagne irait jusque-là! Je souhaite que la vraie justice soit faire, et le retour à la démocratie!
    J'espère aussi que les Catalans se révolteront.