Brexit: l’UE salue le discours «constructif» de Theresa May

Soucieuse de rassurer ses partenaires européens, Theresa May a longuement répété que, malgré le Brexit, le Royaume-Uni n’avait aucune intention de tourner le dos à l’UE.
Photo: Alessandra Tarantino Agence France-Presse Soucieuse de rassurer ses partenaires européens, Theresa May a longuement répété que, malgré le Brexit, le Royaume-Uni n’avait aucune intention de tourner le dos à l’UE.

Bruxelles — Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a salué vendredi l’esprit constructif du discours sur le Brexit de la première ministre britannique, Theresa May, à Florence, tout en demandant des détails sur ses implications concrètes.

Mme May « exprime un état d’esprit constructif qui est aussi celui de l’Union européenne dans cette négociation extraordinaire », a déclaré M. Barnier dans un communiqué. « Il traduit une volonté de progresser alors même que le temps passe. » L’UE attend cependant de la part des négociateurs britanniques des détails sur « les implications concrètes » de ce discours, a-t-il ajouté.

Transition

Déterminée à relancer les négociations de sortie de l’UE, Theresa May a plaidé vendredi pour un Brexit « soft » avec une période de transition de deux ans, et s’est engagée à honorer les engagements financiers britanniques vis-à-vis des Européens. « Nous traversons une période critique », mais « quand on se rassemble, on peut aboutir à de bons résultats », a déclaré la première ministre britannique, qui avait choisi le cadre de l’église-musée de Santa Maria Novella, à Florence, pour prononcer son premier grand discours sur le Brexit depuis celui de Lancaster House, à Londres.

C’était en janvier, et Theresa May professait alors un Brexit « dur » en défendant une rupture « claire et nette ». Mais c’était avant la déconfiture de la première ministre aux législatives de juin et le difficile lancement, dans la foulée, des négociations de sortie avec ses partenaires européens.

Soucieuse de rassurer ces derniers, Theresa May a longuement répété que, malgré le Brexit, le Royaume-Uni n’avait aucune intention de tourner le dos à l’UE. « La réussite de nos négociations est dans l’intérêt de tous », a-t-elle insisté.

Une sortie « douce et ordonnée »

Point clef de son discours, elle a proposé une période de transition « d’environ deux ans » après le Brexit pendant laquelle les relations liant l’UE au Royaume-Uni resteraient en l’état, afin de pouvoir assurer une sortie de l’Union « en douceur et ordonnée ». Cette période d’ajustement offrirait au Royaume-Uni la possibilité de continuer à faire affaire librement avec le bloc européen, ce que réclament son ministre des Finances, Philip Hammond, et les milieux d’affaires, inquiets d’une sortie sans filet de l’UE. « Je sais que les entreprises, en particulier, accueilleraient favorablement les certitudes que cela donnerait », a souligné Theresa May.