Manifestation pacifique en marge de la clôture du G20

Des pancartes brandies dans le cortège appelaient les participants au calme.
Photo: Steffi Loos Agence France-Presse Des pancartes brandies dans le cortège appelaient les participants au calme.

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé pacifiquement dans les rues de Hambourg, samedi, au dernier jour du sommet du G20, quelques heures après des affrontements violents entre des émeutiers masqués et la police.

Marchant près des rues où des manifestations violentes ont eu lieu pendant la nuit, les manifestants chantaient, dansaient et jouaient de la musique alors que les dirigeants du monde se préparaient à quitter la ville portuaire allemande.

Le groupe éclectique de marcheurs, formé de familles, de Kurdes, d’Écossais et d’anarchistes, était escorté par des milliers de policiers.

Malgré les échauffourées des derniers jours, certains policiers avaient enlevé leurs casques et semblaient calmes.

Selon les organisateurs, quelque 78 000 manifestants ont participé, alors que la police avait estimé la foule à environ 30 000 personnes.

Le grand rassemblement a eu lieu quelques heures après les émeutes survenues dans le quartier de Schanzenviertel, situé à quelques mètres de l’endroit où se rencontraient les dirigeants du G20. Des centaines de policiers ont pénétré dans les édifices pour aller arrêter des émeutiers, qui les attaquaient à l’aide de barres de fer et de cocktails Molotov.

Environ 500 personnes ont pillé un supermarché dans le quartier, ainsi que d’autres petits commerces. Des voitures ont été incendiées alors que les manifestants avaient érigé des barricades.

La police annonce avoir arrêté 143 personnes et 122 sont restées détenues temporairement. Environ 213 policiers ont été blessés depuis le début des manifestations, jeudi soir. La police et les pompiers ne savaient pas combien de civils ont pu être blessés.

Photo: Christof Stache Agence France-Presse

Merkel critiquée
Les autorités allemandes, Angela Merkel en tête, sont montrées du doigt après les violences qui émaillent le sommet du G20 et écornent l’image du pays au plan international.

Dans un éditorial au vitriol, le quotidien le plus lu d’Allemagne, Bild, fait porter samedi la responsabilité de la « débâcle » à la chancelière, en l’accusant d’avoir « échoué » à maintenir l’ordre public depuis les premiers heurts jeudi.

« Le sentiment de sécurité que l’État doit garantir a cessé d’exister à Hambourg », s’emporte le journal, jetant les dirigeants allemands dans l’embarras à moins de trois mois des élections législatives. 

Les politiques portent l’entière responsabilité pour les policiers blessés et les destructions dans la ville

 

Au cours de la conférence de presse finale du G20, Mme Merkel fermement condamné ces violences tout en défendant le fait que le sommet se soit déroulé à Hambourg.

« Il n’est pas possible de décréter qu’à certains endroits on ne peut pas organiser un sommet », a-t-elle jugé, rappelant qu’il avait déjà eu lieu par le passé à Londres ou à Cannes en France.

Elle a en outre mis en avant les capacités hôtelières nécessaires à l’accueil de telles rencontres.


Samedi, Hambourg, ville complètement bouclée, a retrouvé son calme. Une nouvelle manifestation a réuni 22 000 personnes, selon la police, 76 000, selon les organisateurs, sans affrontements sérieux cette fois.

Renforts demandés

Mais le quotidien conservateur Die Welt évoque une « perte de contrôle » des autorités, qui ont laissé certains quartiers de Hambourg, deuxième ville du pays avec 1,7 million d’habitants, se transformer en zone livrée aux casseurs.

Le calme était revenu samedi dans la ville mais 20 000 personnes, selon la police, ont commencé à manifester en milieu de journée et les autorités redoutaient de nouveaux incidents en marge du cortège.

Le spectacle offert par la grande cité portuaire est en effet loin de l’image de « porte sur le monde » dynamique et internationale présentée par les dirigeants allemands avant ce sommet.

Bilan des autorités

Plus de 140 personnes ont été arrêtées et 200 policiers ont été blessés depuis le début des violentes manifestations qui se sont déroulées depuis jeudi à Hambourg, en Allemagne, site du sommet du G20.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des militants antimondialisation ont érigé des barricades et attaqué les forces policières avec des lance-pierres et des cocktails Molotov.
Parallèlement, un supermarché et d’autres petits commerces ont été vandalisés et dérobés par environ 500 personnes.

Par ailleurs, un homme de 27 ans a été arrêté parce qu’il aurait tenté avec un faisceau laser d’aveugler un pilote d’hélicoptère qui patrouillait le secteur.

Vendredi, la police, déjà forte de près de 20 000 hommes, a dû appeler des renforts.

Les quartiers de Schanzenviertel et St. Pauli, fiefs de la contestation d’extrême gauche, se sont transformés vendredi soir en zones de « chaos urbains » et « champ de bataille », selon l’expression des médias allemands.

Une unité d’intervention spéciale de la police, équipée d’armes d’épaule automatiques, a même été appelée à la rescousse dans la nuit de vendredi à samedi devant les graves débordements.

Des barricades avec des feux ont été dressées dans les rues. Des casseurs, tout de noir vêtus et le visage parfois complètement dissimulé, ont arraché des panneaux de signalisation pour en faire des projectiles.

Ils sont montés tout en haut d’un échafaudage pour haranguer les policiers, ont mis le feu à des véhicules, lancé bouteilles de bière et pierres, dévasté le mobilier urbain.

Photo: Odd Andersen Agence France-Presse

Vandalisme

Un supermarché a été pillé, selon la télévision, et d’autres magasins vandalisés par des casseurs munis, selon la police, de barres de fer.

Certains militants d’extrême gauche ont pris leurs distances avec ces violences. Mais depuis des semaines, les sympathisants de la mouvance anarchiste et autonome promettent « l’enfer » dans cette ville, bastion historique de la contestation violente contre l’État.

Les quartiers où se sont déroulés ces violences se situent à dix minutes à pied seulement du centre de congrès qui abrite les travaux des dirigeants des 20 pays les plus riches de la planète.

« Hambourg n’aurait jamais dû être désignée comme ville-hôte de ce sommet », a critiqué M. Reinecke. Un point de vue partagé par de nombreux médias, dont Der Spiegel, qui juge que « les craintes les plus vives sont devenues réalité et jettent une ombre noire sur ce sommet ».

Dès jeudi soir, des heurts ont éclaté entre policiers et protestataires.

Très rapidement s’est formé un black bloc, rassemblant des centaines de personnes. La police, qui a stoppé le cortège au bout de quelques centaines de mètres, n’a pas tardé à asperger la foule de gaz lacrymogènes et à mettre en action ses canons à eau.

Elle a « agi par moment avec une telle virulence que les gens ont paniqué », écrit Der Spiegel. Résultat : les manifestants potentiellement violents ont formé des petits groupes disséminés et incontrôlables.



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