Près de 2800 migrants évacués de campements à Paris

L’évacuation porte sur quelque 2500 personnes au moins.
Photo: Agence France-Presse L’évacuation porte sur quelque 2500 personnes au moins.

Paris — Les autorités françaises ont procédé vendredi matin dans le calme à l’évacuation de près de 2800 migrants installés dans des campements sauvages à Paris, à quelques jours de la présentation par le gouvernement d’un « plan migrants ».

L’évacuation de campements aux conditions de vie déplorables qui s’étaient créés près d’un centre humanitaire pour migrants saturé a débuté peu après 4 h GMT dans le nord de la capitale française, a constaté une journaliste de l’AFP.

Au total « 2771 personnes, dont 161 vulnérables » (femmes et mineurs isolés notamment), ont été prises en charge porte de la Chapelle et orientées vers des structures d’hébergement, a-t-on appris auprès de la préfecture de la région Ile-de-France.

L’opération est menée par la préfecture de police, la préfecture d’Ile-de-France, l’Office français d’immigration et d’intégration (Ofii), la ville de Paris et les associations France terre d’asile et Emmaüs.

Risques de sécurité et de santé

La préfecture de police et la préfecture d’Ile-de-France ont indiqué dans un communiqué commun que les migrants se verront « proposer une solution d’hébergement provisoire, soulignant que les campements illicites présentaient des risques importants pour la sécurité et la santé de leurs occupants comme des riverains ».

Selon le secrétaire général de la préfecture d’Ile-de-France, François Ravier, l’évacuation porte sur quelque « 2500 personnes au moins » qui seront pour l’essentiel hébergés dans des gymnases, « où une centaine de bénévoles sont sur place ».

Milat, un Afghan de 19 ans, petit sac à dos pour tout bagage, est arrivé à Paris voici deux mois. « On a appris hier qu’il se passerait quelque chose. On va monter dans des bus et ils vont nous emmener dans des hôtels, des centres. Je ne sais pas où mais ce sera bien. Ici la vie n’était pas bien. Je dormais près de l’autoroute », dit-il à l’AFP.

« On n’a pas dormi la nuit dernière ! J’ai entendu parler de gymnases… C’est bien. Dès que j’ai une chambre ou un lit, j’apprends le français », raconte Mirweiz, un autre Afghan, néanmoins convaincu qu’« un campement va se reconstituer ».

34e évacuation à Paris

Cette évacuation, la 34e depuis juin 2015 à Paris, était très attendue alors que les campements, qui s’étaient constitués près du centre humanitaire pour migrants ouvert en novembre porte de la Chapelle, ne cessaient de grossir et les conditions de vie de s’y dégrader, aussi bien d’un point de vue sanitaire que pour les tensions communautaires.

Les associations, redoutant pour la vie même des migrants, dénonçaient des conditions de vie déplorables et l’absence de structures sanitaires.

Cette opération d’évacuation est la plus grosse organisée depuis celle, le 4 novembre, du gigantesque bidonville de la place Stalingrad, là encore dans le nord de Paris (4000 personnes prises en charge).

Ouvert dans la foulée à l’initiative de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, le centre humanitaire pour migrants de Paris avait pour objectif de mettre fin à ces incessantes reconstitutions de campements indignes dans la capitale.

Depuis le démantèlement de la « Jungle » de Calais (nord de la France) en octobre, Paris est devenue le plus grand centre de transit pour les migrants souhaitant demander l’asile.

Dans quelques jours, le ministère de l’Intérieur doit présenter des mesures sur l’asile et la lutte contre l’immigration irrégulière.