La Catalogne défie à nouveau Madrid

Le président du gouvernement régional catalan, Carles Puigdemont
Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Le président du gouvernement régional catalan, Carles Puigdemont

Barcelone — La coalition au pouvoir dans la région espagnole de la Catalogne a encore défié Madrid, mardi, en promettant de déclarer « immédiatement » l’indépendance si elle remportait le référendum d’autodétermination qu’elle veut organiser le 1er octobre.

« Si une majorité des votes émis est pour la création d’une république catalane, il faudra évidemment et immédiatement déclarer l’indépendance », a dit une élue régionale de la petite formation séparatiste d’extrême gauche CUP, Gabriela Serra, lors de la présentation de la loi devant servir à organiser le référendum.

En cas de victoire du « non », a-t-elle précisé, de nouvelles élections régionales seraient convoquées.

La loi organisant le référendum « établira un régime juridique exceptionnel », a déclaré l’élu Jordi Orobitg de la coalition « Ensemble pour le oui » (Junts pel Si), composée de séparatistes de droite et de gauche. « Elle prévaudra sur les autres normes », a expliqué un autre élu de cette coalition, Lluis Corominas, annonçant un bras de fer avec Madrid au coeur de l’été.

Pour les séparatistes, cette loi sera en effet au-dessus de la Constitution espagnole, car, stipule son article 2, le « peuple de Catalogne est un sujet politique souverain ».

En 2014, le gouvernement régional du nationaliste Artur Mas avait voulu organiser un référendum s’inspirant du modèle écossais. Mais, face à l’opposition de Madrid, il l’avait transformé en une consultation sans conséquences légales, qui avait été interdite par la justice.

Un an plus tard, en septembre 2015, les séparatistes de tous bords l’avaient emporté avec près de 47 % des suffrages, ce qui leur donne 72 sièges sur 135 au Parlement régional.

L’annonce de mardi intervient au lendemain d’une crise au sein du camp indépendantiste, déclenchée par les déclarations d’un membre de l’exécutif régional qui doutait de la viabilité en l’état d’un référendum d’autodétermination.

« L’État a tant de force qu’il est probable que nous ne puissions pas organiser le référendum », avait déclaré Jordi Baiget, responsable des entreprises, dans un entretien publié lundi par un quotidien indépendantiste.

Les doutes de M. Baiget n’étaient cependant pas du goût du président catalan qui a annoncé, lundi soir, le départ du gouvernement régional de cet élu, soulevant un vent de critiques au sein de son propre camp.