Emmanuel Macron promet un «changement profond»

Le président de la France, Emmanuel Macron
Photo: Étienne Laurent Agence France-Presse Le président de la France, Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron a promis lundi « changement profond », « action » et « efficacité » pour répondre à « l’impatience des Français », dans une longue adresse solennelle devant le Parlement réuni en congrès, au château de Versailles.

« Je crois profondément que par ses choix récents, notre peuple nous demande d’emprunter une voie radicalement nouvelle », « de renouer avec l’esprit de conquête », a lancé le chef de l’État, venu exposer les grandes orientations de son quinquennat devant les députés et les sénateurs.

Dans un discours-fleuve, il a notamment proposé de réduire d’un tiers le nombre de sénateurs et de députés et de modifier le mode d’élection du Parlement, en introduisant « une dose de proportionnelle » afin que « toutes les sensibilités y soient justement représentées ». « Un Parlement moins nombreux, mais renforcé dans ses moyens, c’est un Parlement où le travail devient plus fluide […] c’est un Parlement qui travaille mieux », a-t-il affirmé en prônant « action » et « efficacité » à tous les niveaux du pouvoir.

Il a affirmé sa volonté de « parachever » sa réforme des institutions « d’ici un an », en soumettant les nouvelles dispositions à un référendum « si nécessaire ».« Je souhaite que […] l’on se garde des demi-mesures et des aménagements cosmétiques », a dit celui qui veut « retisser entre les Français et la République le rapport qui s’est dissous dans l’exercice mécanique du pouvoir ».

Macron, bien décidé à convaincre

Élu au second tour de la présidentielle face à l’extrême droite, conforté par une majorité franche lors des législatives marquées par une abstention record, ce centriste pro-européen a promis de convaincre « tous ceux qui nous font confiance du bout des lèvres, tous ceux qui n’ont pas voté. Tous ceux aussi que la colère et le dégoût devant l’inefficacité de leurs dirigeants politiques ont conduit vers des choix extrêmes ».

Le visage grave, le chef de l’État avait parcouru auparavant, hiératique, la longue galerie menant à la salle du Congrès entre deux rangées de gardes républicains, dans le cadre fastueux du château de Versailles.

Un Parlement moins nombreux, mais renforcé dans ses moyens, c’est un Parlement où le travail devient plus fluide […] c’est un Parlement qui travaille mieux.

La séance a été ouverte par une minute de silence en mémoire de Simone Veil, survivante de la Shoah, européenne et féministe convaincue, décédée vendredi.

Certains sièges des 577 députés et 348 sénateurs sont restés vacants, notamment des députés de la France insoumise (gauche radicale) et du Parti communiste qui ont boycotté la convocation. Les élus communistes, arborant leurs écharpes tricolores, se sont rassemblés avant l’ouverture de la session devant la mairie de Versailles « pour dire non à la monarchie présidentielle », selon des tweets.

Discours solennel

Emmanuel Macron est le troisième président français à s’exprimer devant les parlementaires sous les ors de Versailles. François Hollande y avait fait une allocution solennelle trois jours après les attentats du 13 novembre 2015, après Nicolas Sarkozy en juin 2009.

Le nouveau chef de l’État compte faire de ce format solennel et exceptionnel un rituel annuel, abandonnant la traditionnelle interview télévisée du 14 Juillet, jour de la fête nationale française.

« Trop de mes prédécesseurs se sont vu reprocher de n’avoir pas fait la pédagogie de leur action ni d’avoir exposé le sens et le cap de leur mandat […] Tous les ans, je reviendrai devant vous pour vous rendre compte », a-t-il dit.

Signe d’une prééminence assumée, soigneusement mise en scène, le président a choisi de prendre la parole la veille de la déclaration de politique générale de son premier ministre Edouard Philippe.

Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne, parce que ces libertés sont la condition de l’existence d’une démocratie forte.

Mardi, il reviendra à M. Philippe de détailler devant l’Assemblée la feuille de route gouvernementale.

Une mission sous haute pression budgétaire. En l’absence d’économies « sans précédent », le déficit français devrait déraper à 3,2 % du PIB en 2017, a prévenu jeudi la Cour des comptes.

Or, pendant sa campagne, le candidat Macron a répété qu’il comptait restaurer la « crédibilité » de la France en Europe, en particulier auprès de son partenaire allemand, en faisant preuve de sérieux dans ses finances publiques.

Fin de l’état d’urgence

M. Macron a également annoncé qu’il lèverait « à l’automne » l’état d’urgence en France, en vigueur depuis les attentats de novembre 2015. « Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne, parce que ces libertés sont la condition de l’existence d’une démocratie forte », a déclaré le chef de l’Etat, tout en ajoutant que le Parlement serait appelé à voter des mesures nouvelles pour lutter contre le terrorisme.

3 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 3 juillet 2017 12 h 02

    Quel discours !

    À écouter et à ré-écouter!

    Tout un plaisir ! Sur bien des plans.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 3 juillet 2017 12 h 15

    E. Macron veut introduire une dose de proportionnelle. Bravo !

    Espérons qu'il ne fera pas comme J. Trudeau, qui nous a menti à ce sujet et qui a laissé tomber la réforme du mode du scrutin.

    • Colette Pagé - Inscrite 3 juillet 2017 17 h 47

      Et vlan ! Très bien dit .