Macron appelle les dirigeants musulmans au «combat» contre le fanatisme et le repli

Emmanuel Macron a participé mardi à l'iftar (dîner de rupture du jeune) du Conseil français du culte musulman, une première en dix ans pour un chef de l'État français.
Photo: Benjamin Cremel Agence France-Presse Emmanuel Macron a participé mardi à l'iftar (dîner de rupture du jeune) du Conseil français du culte musulman, une première en dix ans pour un chef de l'État français.

Paris — Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi soir les responsables de l’islam en France à prendre leur part dans le « combat » contre les « prédicateurs de haine » et le « repli identitaire », lors d’un dîner de rupture du jeûne du ramadan.

C’était la première fois depuis dix ans qu’un chef de l’État français participait à l’iftar (dîner de rupture du jeûne) annuel du Conseil français du culte musulman (CFCM), l’instance représentative de la deuxième religion de France.

Le président de la République a remercié les responsables musulmans pour leur condamnation des attentats djihadistes qui ont fait 239 morts en France depuis janvier 2015. « Pas une fois le CFCM n’a fait défaut : il a su trouver les mots sans se placer dans le déni », a-t-il estimé.

Combat en commun

Mais, a poursuivi le chef de l’État, les pouvoirs publics et les autorités musulmanes ont « en commun des combats à mener ».

« Notre combat déterminé contre Daech [acronyme du groupe État islamique] […] doit conduire à poursuivre avec détermination ceux qui cherchent à faire de vos lieux de culte des lieux de prêche de haine, voire d’appel à la violence », a-t-il lancé à ses convives.

« Il vous appartient de combattre pied à pied sur le terrain théologique et religieux, de démasquer chaque fois que nécessaire l’usurpation de vos valeurs, la captation de l’histoire de votre religion, la négation de quinze siècles de travail d’interprétation réalisés par vos savants », a-t-il ajouté.

Chez les jeunes

« Ce combat de la pensée et de la foi, il faut le poursuivre sur le terrain, tout particulièrement auprès des générations les plus jeunes », a-t-il poursuivi.

Emmanuel Macron a fixé un « deuxième combat », celui dirigé contre « une pratique de l’islam qui organise une ségrégation au sein de la République : il faut être vigilant contre tout ce qui façonne des formes de repli identitaire ».

« Troisième combat », a énuméré le président : la formation des imams, qu’« il importe de former sur le sol français et de façon adaptée aux valeurs de la République ».

1 commentaire
  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 20 juin 2017 23 h 02

    Bon enfin.

    ''celui dirigé contre une pratique de l’islam qui organise une ségrégation au sein de la République : il faut être vigilant contre tout ce qui façonne des formes de repli identitaire '' (Emmanuel Macron ).

    Enfin un politicien qui n'essaie pas de culpabiliser la nation en place. Qui ne traite pas ses citoyens d'islamophobes, et n'accuse pas de repli national identitaire ses citoyens perturbés par un islam envahissant.

    Ceux qui importent de vieilles valeurs religieuses d'ailleurs inconnues ici jusqu'à tout récemment, qui ne veulent pas s'intégrer à leur terre d'accueil et qui ne veulent aucune concession envers le laïcisme civique, sont bien ceux qui pratiquent un repli identitaire.

    ''poursuivre avec détermination ceux qui cherchent à faire de vos lieux de culte des lieux de prêche de haine, voire d’appel à la violence'' (Emmanuel Macron).

    Ces prêches de haine sont monnaie courante en Europe. La vigilence doit être de mise ici, il y a déjà de la graine semée.

    Vite une Charte de la laïcité pour contenir les invasions religieuses. Le maire Tremblay de Saguenay a été contraint d'arrêter sa prière catholique au Conseil de ville, il faut continuer ce combat laïque.