La personnalité atypique de l’assaillant intrigue

En attaquant un membre d’une patrouille de police sur le parvis de l’édifice catholique, en plein coeur du Paris touristique, l’agresseur a revendiqué être «un soldat du califat».
Photo: Martin Bureau Agence France-Presse En attaquant un membre d’une patrouille de police sur le parvis de l’édifice catholique, en plein coeur du Paris touristique, l’agresseur a revendiqué être «un soldat du califat».

L’enquête sur l’attaque au marteau d’un policier devant Notre-Dame de Paris se concentrait mercredi sur la personnalité atypique de l’assaillant ayant prêté allégeance au groupe EI, un universitaire et journaliste algérien de 40 ans inconnu des services de renseignement.

L’homme, porteur de papiers au nom de Farid I., né en Algérie en janvier 1977, n’avait pas « donné de signes de sa radicalisation », et toutes les indications confirment la thèse « d’un acte isolé », a affirmé mercredi le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, au lendemain de ce nouvel attentat djihadiste visant la France. Les policiers ont retrouvé dans l’appartement qu’il louait à Cergy, en banlieue parisienne, une vidéo dans laquelle il prête allégeance à l’organisation djihadiste État islamique (EI), selon une source proche de l’enquête.

L’assaillant, blessé à la cuisse par des tirs mardi, a été placé mercredi en garde à vue à l’hôpital. En attaquant un membre d’une patrouille de police sur le parvis de l’édifice catholique, en plein coeur du Paris touristique, l’agresseur a revendiqué être « un soldat du califat ».

L’homme, qui était également muni de deux couteaux de cuisine, a crié « c’est pour la Syrie » au moment où il frappait le policier.

Le policier agressé, 22 ans, légèrement blessé à la tête, au-dessus de la nuque, est sorti de l’hôpital.

Farid I. était inscrit depuis 2014 comme doctorant en sciences de l’information de l’Université de Metz, dans l’est de la France. Sans « antécédents psychiatriques connus à ce stade », selon une source proche de l’enquête, il était « aux antipodes de tout ce qu’on décrit », a affirmé à l’AFP son directeur de thèse, Arnaud Mercier, qui le connaît depuis 2013. Son étudiant « chétif, calme, affable [...] défendait des valeurs de la démocratie », selon lui.

Interrogée par l’AFP, l’Université d’Uppsala, au nord de Stockholm, a confirmé que Farid I. avait été étudiant de ce prestigieux établissement entre 2009 et 2011, date à laquelle il a été diplômé en journalisme.

Selon une fiche à son nom sur le site professionnel LinkedIn, Farid I. dit avoir dirigé un journal local à Béjaïa, en Kabylie, et travaillé pour le quotidien algérien El Watan, connu pour sa ligne anti-islamiste.

À voir en vidéo