Trump ravi d’avoir rencontré le pape: «C’est vraiment quelqu’un!»

Le président américain Donald Trump a rencontré le pape François en compagnie de sa fille Ivanka et de sa femme, Melania.
Photo: Alessandra Tarantino Agence France-Presse Le président américain Donald Trump a rencontré le pape François en compagnie de sa fille Ivanka et de sa femme, Melania.

Quelques heures après l’appel à « la paix » lancé mercredi au Vatican avec le pape François, Donald Trump, qui participe jeudi à son premier sommet de l’OTAN, a promis à Bruxelles de « remporter la bataille » contre le terrorisme.

« C’est l’honneur d’une vie de rencontrer Sa Sainteté le pape François. Je quitte le Vatican plus déterminé que jamais à oeuvrer pour la paix dans notre monde », a twitté le président américain à l’issue de ce face-à-face d’une demi-heure, entre deux hommes aux antipodes.

« Merci, merci, je n’oublierai pas ce que vous avez dit », avait-il lancé un peu plus tôt en prenant congé de son hôte, s’exclamant ensuite : « C’est vraiment quelqu’un ! »

Le Vatican s’est limité à un bref communiqué au langage très policé, évoquant des « discussions cordiales » et « la satisfaction de bonnes relations bilatérales ».

Et le pape a voulu pointer un « engagement commun en faveur de la vie et de la liberté religieuse et de conscience ».

M. Trump a autorisé des entreprises à refuser de financer la prise en charge de la contraception de leurs employés, bloqué le financement d’ONG internationales soutenant l’avortement et nommé à la Cour suprême un juge conservateur étiqueté anti-avortement.

De quoi contenter la moitié conservatrice de l’électorat catholique qui a voté pour lui, mais aussi le pape. Car malgré son image de « révolutionnaire », François reste un strict gardien du dogme.

Les deux hommes ont aussi échangé sur « la promotion de la paix dans le monde », dont « le dialogue interreligieux » au Moyen-Orient, et Donald Trump a promis d’affecter 300 millions de dollars à la lutte contre la famine.

Le Saint-Siège s’est permis seulement une vague allusion aux barrières à l’immigration, point de discorde le plus flagrant entre le président américain et le pape.

De prime abord, pourtant, les sujets de dissension sont innombrables.

Le pape, pourfendeur de la prolifération des armes et du libéralisme qui exclut les plus faibles, a-t-il évoqué les contrats de 110 milliards de dollars de vente d’armement signés samedi à Riyad ou les coupes budgétaires prévues aux États-Unis dans les programmes sociaux ? Ou encore la question du changement climatique ? Mystère.

Le président républicain a offert au pape les cinq livres écrits par Martin Luther King, dont un signé de la main du Prix Nobel de la paix.

François a pour sa part remis à M. Trump un médaillon symbole de paix. « Je vous le donne pour que vous soyez un instrument de paix », a-t-il expliqué.

Deux heures après cette rencontre, son avion présidentiel Air Force One se posait à Bruxelles, placée sous haute sécurité, pour une visite éclair de 30 heures, dans une ville qu’il a déjà qualifiée de « trou à rat ».

Au programme, rencontres avec les dirigeants de l’Union européenne et des chefs d’État, puis participation jeudi après-midi à sa première réunion de l’OTAN.

À Bruxelles, ses critiques contre l’Alliance atlantique, qu’il avait jugée « obsolète » avant de se rétracter, ont semé le trouble.

« Nous allons remporter la bataille » contre le terrorisme, a lancé M. Trump en présence du premier ministre belge, Charles Michel, estimant que d’« énormes progrès » avaient déjà été réalisés.

Dans le même temps, plusieurs milliers de personnes — 6000 selon la police, 10 000 selon les organisateurs — se rassemblaient à Bruxelles dans une ambiance bon enfant pour protester contre sa venue et contre la politique de l’OTAN.

Donald Trump attendu de pied ferme au G7

Taormina — Le président Trump est attendu de pied ferme vendredi à Taormina, en Sicile, par ses partenaires du G7, qui espèrent en savoir davantage sur les intentions du leader de la première puissance mondiale. Que décidera-t-il sur le réchauffement climatique, l’Accord de Paris, le commerce international ou encore la Corée du Nord ? Autant de questions que les autres pays du G7 et l’Union européenne continuent à se poser plus de quatre mois après l’entrée en fonction du 45e président des États-Unis. Et rien ne dit qu’ils auront des réponses. De fait, les travaux préparatoires ont été compliqués par la difficulté d’appréhender les orientations du nouveau gouvernement américain, mais aussi par les changements récents ou à venir à la tête de plusieurs pays membres du G7. La Grande-Bretagne est en pleine campagne électorale avant le scrutin du 8 juin et le président français, Emmanuel Macron, participe à son premier G7 depuis son élection le 7 mai, tout comme M. Trump.

L’OTAN rejoint la coalition anti-EI

Bruxelles — L’OTAN a décidé mercredi de rejoindre la coalition internationale contre le groupe djihadiste État islamique (EI) en Irak et en Syrie emmenée par Washington, comme le réclament depuis plus d’un an les États-Unis. Donald Trump espérait arracher cette concession malgré l’opposition de pays comme l’Italie et la France, qui craignent que cela n’écorne l’image de l’Alliance dans le monde arabe. M. Trump compte aussi profiter de ce sommet pour demander aux 27 pays alliés des États-Unis au sein de l’Alliance de faire davantage dans la lutte contre le terrorisme et d’augmenter leurs budgets militaires afin de réduire leur dépendance vis-à-vis de Washington. Les autres pays de l’Alliance espèrent de leur côté que ce sommet sera l’occasion pour M. Trump de réaffirmer l’engagement des États-Unis en faveur de la défense collective, le principe du « tous pour un » en cas d’agression, inscrit à l’article 5 du traité de Washington.
4 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 25 mai 2017 06 h 12

    Étonnant cette déclaration?

    Avec le vocabulaire minimal, pour ne pas dire pauvre, de Trump, toute rencontre qu'il a avec qui que ce soit, c'est toujours GREAT, GREAT ou FANTASTIC. Au fond, il se regarde dans un miroir et se dit QUE JE SUIS BON... SO GREAT, SO FANTASTIC! Pauvre leader qu'une minorité d'américains a donné aux USA!

  • Michel Lebel - Abonné 25 mai 2017 07 h 37

    Tout un quelqu'un!

    Je ne sais si le Pape a pensé que ce Trump, ''c'est vraiment quelqu'un''! À vérifier...

    M.L.

  • Rodrigo J. Mendoza T. - Abonné 25 mai 2017 09 h 16

    La désinformation

    "... malgré son image de « révolutionnaire », François reste un strict gardien du dogme."

    AFP: toujours la simplification, toujours les clichés, toujours les préjugés.

    La culture française, ce sont des siècles à percevoir les nuances et à en enrichir la littérature et la pensée.

    L'AFP a perdu son âme.

  • André Côté - Abonné 25 mai 2017 09 h 44

    Une chose et son contraire

    «Je quitte le Vatican plus déterminé que jamais à oeuvrer pour la paix dans notre monde » Comment peut-on croire Donald Trump qui arrive de Ryad où il a conclu une vente d'armes d'une valeur de 110 milliards de dollars. Peut-être n'y a-t-il que lui qui n'y voit pas de contradiction, habitué à dire une chose et son contraire dans un même discours!