Le suspect voulait faire un maximum de victimes

Un officier de police monte la garde devant une résidence en banlieue de Manchester où le suspect Salman Abedi aurait demeuré jusqu’à l’an dernier.
Photo: Oli Scarff Agence France-Presse Un officier de police monte la garde devant une résidence en banlieue de Manchester où le suspect Salman Abedi aurait demeuré jusqu’à l’an dernier.

Le père et le frère du kamikaze arrêtés en Libye, six personnes placées en garde à vue à Manchester : l’enquête sur l’attentat dans cette ville du nord-ouest de l’Angleterre s’est accélérée mercredi et des détails émergeaient sur l’engin utilisé par le tueur.

La tension restait palpable dans les rues du Royaume-Uni, où l’état d’alerte a été renforcé au niveau « critique », signifiant un risque d’attentat terroriste imminent. Un millier de soldats ont été déployés dans des lieux névralgiques dans les grandes agglomérations pour soulager les forces de police.

Après l’interpellation d’Hachem, frère de Salman Abedi, au domicile familial à Tripoli, son père, « Ramadan Abedi, vient d’être arrêté lui aussi », a annoncé un porte-parole d’une unité des services de sécurité libyens.

La pente va être longue à remonter, mais on s'y met

 

Le frère, qui a revendiqué son appartenance au groupe État islamique (EI), « était au courant du projet d’attentat » perpétré lundi à Manchester, où Salman Abedi, un Britannique d’origine libyenne de 22 ans, s’est fait exploser à la sortie d’un concert, tuant 22 personnes, dont plusieurs enfants, et faisant 64 blessés.

Des images de la police britannique reproduites par le New York Times montrent un détonateur que le kamikaze aurait tenu dans sa main gauche, des morceaux de métal et des vis jonchant le sol, ainsi que des fragments d’un sac à dos bleu déchiqueté.

Ces éléments, analysés par des artificiers interrogés par le quotidien, permettent de déduire que la bombe était « puissante, dotée d’une charge ultrarapide, mais aussi que les morceaux de métal ont été disposés avec soin et méthodiquement » pour faire le maximum de dégâts.

Arrêté mardi, Hachem Abedi « a indiqué qu’il appartenait au groupe EI avec son frère Salman Abedi […] et a reconnu qu’il était présent en Grande-Bretagne au cours de la période de préparation de l’attentat », a affirmé la Force de dissuasion, qui fait office de police loyale au gouvernement d’union nationale.

Suspect surveillé

L’attentat commis à l’issue d’un concert de la chanteuse pop américaine Ariana Grande a été revendiqué mardi par le groupe EI, qui a menacé de perpétrer d’autres attaques. Les attentats se sont multipliés ces derniers mois en Europe, au moment où le groupe État islamique subit de lourdes pertes militaires en Irak et en Syrie.

Hachem Abedi, né en 1997, « était surveillé depuis un mois et demi » et « les équipes d’enquêteurs ont fourni des renseignements selon lesquels il préparait un acte terroriste dans la capitale Tripoli », a ajouté la Force de dissuasion.

Un proche de la famille habitant à Manchester a déclaré à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que son frère Salman Abedi s’était rendu en Libye peu avant l’attentat et avait regagné la Grande-Bretagne quatre jours avant.

Dans son parcours, le kamikaze est « sans doute » passé par la Syrie, a avancé le ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb.

La police a arrêté, dans la grande banlieue de Manchester, un cinquième suspect dans le cadre de l’enquête. Le chef de la police de la ville, Ian Hopkins, a dit que l’enquête portait « clairement » sur un réseau autour du kamikaze, né à Manchester de parents libyens ayant fui le régime de Mouammar Kadhafi.

Quatre personnes avaient été arrêtées auparavant dans le sud de Manchester. Parmi elles, un homme de 23 ans et un certain « Adel », d’origine libyenne et âgé de 44 ans.

Une sixième personne, une femme, a été arrêtée mercredi à la suite de perquisitions menées dans un quartier nord de Manchester, a indiqué la police, sans donner l’âge ni l’identité de la femme.

Devant la mosquée de Didsbury, fréquentée par le kamikaze, un responsable, Fawzi Haffar, a affirmé que « cet acte lâche » n’avait « pas sa place dans [sa] religion », et a appelé « quiconque ayant des informations à contacter sans délai la police ».

Bilan

Le bilan de l’attentat pourrait s’aggraver : une vingtaine des 64 blessés hospitalisés — parmi lesquels 12 ont moins de 16 ans — restaient en soins intensifs mercredi soir.

Nick Lewis, le père d’une collégienne grièvement blessée, a décrit les près de dix heures de chirurgie pendant lesquelles sa fille Freya « a été recousue, percée, ressoudée et réassemblée sous des pansements. La pente va être longue à remonter, mais on s’y met », a-t-il dit.

Les morts ont été identifiés et leurs proches prévenus, a déclaré la police, précisant qu’un policier se trouvait parmi eux. Dans cette liste macabre figure Saffie Rose Roussos, huit ans, la plus jeune victime connue.

Une minute de silence sera observée dans tout le Royaume-Uni jeudi. La relève de la garde devant le palais de Buckingham, grande attraction pour les touristes, a été annulée, tout comme le défilé pour le titre du club de football de Chelsea prévu dimanche près de leur stade londonien.

Ariana Grande, qui devait se produire jeudi et vendredi soir à Londres, a interrompu sa tournée jusqu’à début juin.


1 commentaire
  • Donald Bordeleau - Abonné 24 mai 2017 23 h 12

    Condoléances, mais cela va continuer.

    Aller parler aux malheureux parents du collège de Maisonneuve dont les jeunes ont perdu la vie en Syrie.

    Avec les accusations de Couillard le 15 février 2017 envers l'opposition qu'il était à l'origine du drame de Québec. On constate que depuis quelques semaines Monsieur Couillard dit la même chose que les imans musulmans du Québec, comme des insinuations de Charles Taylor ou encore des commentaires de Madame Dalila Awada fait à TLMEP des accusations de racisme et de xénophobie des Québécois, elle dit que Madame Bertrand a du sang dans les mains.

    Combat de l'identitaire Musulman contre l'identité Québécoise se fait présentement avec l'aide du PLQ.

    Madame Awada fait beaucoup d'amalgames avec la xénophobie.

    Monsieur Malik Hammadouche nous traite d'islamophobes dans son article du Nouvelliste du 7 février 2017 . Il dit que l'identitaire Québécois est un poison alors que l'identitaire musulman ne le serait pas par ricochet. Son langage sur les Québécois ressemble aux opinions des radios poubelles.

    http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201

    Le sondage CROP révèle que 76 % des Québécois souhaitent que le port de vêtements religieux soit interdit pour les personnes en position d'autorité, notamment le voile.

    Des sociétés victimes de leurs utopies multiculturalismes.

    "Dans les quartiers populaires de la deuxième ville d'Angleterre(Birmingham), le mode de vie communautariste des islamistes tend à s'imposer et menace de faire éclater une société victime de son utopie multiculturalisme.”

    Le mal est maintenant ici.

    Il y aura encore beaucoup de condoléances de nos politicien comme Couillard, Trudeau et Coderre pour beaucoup de familles partout dans le monde et ici.