Manchester pleure la perte de ses enfants, mais refuse de céder à la terreur

Une jeune fille portant un t-shirt à l’effigie de la chanteuse Ariana Grande parle avec des policiers, tout près du Manchester Arena.
Photo: Oli Scarf Agence France-Presse Une jeune fille portant un t-shirt à l’effigie de la chanteuse Ariana Grande parle avec des policiers, tout près du Manchester Arena.

Le choc n’était toujours pas encaissé en Grande-Bretagne, au lendemain de l’attaque d’un kamikaze qui a fait 22 morts et 59 blessés. Le niveau d’alerte terroriste a été relevé de « grave » à « critique », a annoncé la première ministre Theresa May en fin de journée mardi.

L’identité du présumé kamikaze a été confirmée par les policiers comme étant Salman Ramadan Abedi. Résidant de Manchester, il est né et a grandi au Royaume-Uni. Le jeune homme de 22 ans a semé la mort autour de lui en actionnant un « dispositif explosif improvisé », selon les mots de la police, dans le hall du Manchester Arena, quelques minutes après la fin du concert de la chanteuse pop Ariana Grande lundi soir.

« La priorité demeure d’établir s’il a agi seul ou en tant que partie d’un réseau », a réitéré le chef de police Ian Hopkins. « Nous ne pouvons ignorer la possibilité qu’un groupe d’individus plus large soit lié à l’attentat de Manchester », a pour sa part indiqué la première ministre Theresa May. Un homme de 23 ans a d’ailleurs été arrêté dans le sud de Manchester dans le cadre de cette enquête, et des perquisitions ont été menées. Le groupe armé État islamique a revendiqué l’attentat.

Le relèvement du niveau d’alerte signifie que le centre national d’analyse du terrorisme juge qu’une autre attaque pourrait être « imminente », a exposé Mme May en fin de journée. Après Paris et Bruxelles, il faudra donc s’habituer aux uniformes kaki dans les rues britanniques. La première ministre a expliqué que des soldats seront déployés autour des lieux stratégiques ou de grand rassemblement.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, s’est voulu rassurant, tout en annonçant que les Londoniens doivent aussi s’attendre à voir du personnel militaire dans les rues de la capitale.

Photo: Ben Stansall Agence France-Presse Le travailliste Jeremy Corbyn

Identité des victimes

Le visage poupin de Saffie Rose Roussos, la plus jeune victime âgée de huit ans, est apparu sur toutes les chaînes de télévision, pris à témoin pour preuve que l’ignoble avait encore monté d’un cran. Jeunesse et innocence structuraient aussi les traits de Georgina Callander, une autre victime âgée de 18 ans, sur cette photo qui circulait où on la voit en compagnie de son idole Ariana Grande. John Atkinson, 26 ans, est la troisième personne à être identifiée.

Au moins une quinzaine d’adolescents et d’adultes manquaient toujours à l’appel mardi, les recherches désespérées de leurs proches étant relayées par les médias britanniques. Des milliers de personnes ont participé à une veillée au square Albert de Manchester, en hommage aux victimes et comme pour dire qu’elles ne céderaient pas devant les terroristes.

Aucun Canadien ne figure parmi les victimes de la tragédie, selon le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

Priorités politiques révisées

L’attentat terroriste de Manchester survient en pleine campagne électorale. Dans un peu plus de deux semaines, les Britanniques doivent se rendre aux urnes afin de choisir entre la conservatrice Theresa May et le travailliste Jeremy Corbyn. Mardi, les deux leaders ont immédiatement annoncé qu’ils suspendaient leur campagne pour une durée indéterminée et dénoncé d’une même voix un geste barbare.

Les autres partis ont fait de même. Signe des temps, même le leader du Sinn Féin, Gerry Adams, autrefois lié à l’IRA, a dénoncé « un attentat horrible contre des enfants et de jeunes gens assistant à un concert ». La télévision écossaise a reporté un débat prévu ce mercredi soir à Glasgow.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un attentat terroriste perturbe une campagne électorale britannique. Entre les années 1970 et 2000, les attentats de l’IRA furent légion au Royaume-Uni. En 1979, le responsable de l’Irlande du Nord dans l’opposition conservatrice, Airey Neave, avait été la victime d’une voiture piégée. Quelques semaines plus tard, Margaret Thatcher était élue pour la première fois première ministre.

Chaque fois, les analystes conjecturent sur les effets que peuvent avoir ces attentats meurtriers sur le résultat de l’élection. La même question s’était posée peu avant les dernières élections présidentielles en France et aux États-Unis, dont le vote fut précédé par des attentats.

L’an dernier, en pleine campagne du Brexit, la députée Jo Cox, opposée au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, avait été abattue par un militant nazi. Mais l’événement, pourtant largement souligné par les partisans du « Remain », n’eut apparemment aucun effet sur les résultats du vote.

Mardi, en direct sur Facebook, deux reporters du Telegraph ont soutenu que cet attentat pourrait aider Theresa May — déjà largement en avance dans les sondages —, qui a soutenu tous les projets de loi destinés à renforcer les prérogatives policières dans la lutte contre le terrorisme.

Corbyn et l’IRA

Cet attentat survient cependant au moment où refait surface une vieille polémique entourant l’attitude de Jeremy Corbyn à l’égard du terrorisme. Dans une interview récente sur Sky News, le leader travailliste était demeuré flou sur sa condamnation des activités de l’IRA, refusant de dénoncer nommément l’organisation militaire irlandaise pour s’en tenir à une dénonciation de « tous les actes de violence » commis à cette époque.

Dans les années 1980 et 1990, le militant radical qu’était alors Jeremy Corbyn soutenait la réunification de l’Irlande contre l’action « colonialiste » de la Grande-Bretagne. L’ancien membre de l’IRA Sean O’Callaghan, devenu informateur de la police, a même accusé Corbyn d’avoir « du sang sur les mains ».

Trois autres arrestations

Trois hommes ont été arrêtés mercredi dans le sud de Manchester, « en lien » avec l’enquête sur l’attentat de lundi dans une salle de concert de la ville, a annoncé la police.

 

Le kamikaze de l’attentat de Manchester n’a «probablement» pas agi seul et était «connu» des services de renseignement, a révélé mercredi le gouvernement britannique, après avoir mis le pays en état d’alerte maximal par crainte d’une nouvelle attaque imminente.

 

«Nous ne pouvons ignorer la possibilité qu’un groupe d’individus plus large soit lié à l’attentat de Manchester», a déclaré mardi soir la première ministre Theresa May, annonçant également des renforts de l’armée pour épauler la police.

Agence France-Presse

2 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 23 mai 2017 22 h 53

    Guerre idéologique vous dites?

    Aller parler aux malheureux parents du collège de Maisonneuve dont les jeunes ont perdu la vie en Syrie.

    Avec les accusations de Couillard le 15 février 2017 envers l'opposition qu'il était à l'origine du drame de Québec.

    On constate que depuis quelques semaines Monsieur Couillard dit la même chose que les imans musulmans du Québec, comme des insinuations de Charles Taylor ou encore des commentaires de Madame Dalila Awada fait à TLMEP des accusations de racisme et de xénophobie des Québécois, elle dit que Madame Bertrand a du sang dans les mains.

    Combat de l'identitaire Musulman contre l'identité Québécoise se fait présentement avec l'aide du PLQ.

    Madame Awada fait beaucoup d'amalgames avec la xénophobie.

    Monsieur Malik Hammadouche nous traite d'islamophobes dans son article du Nouvelliste du 7 février 2017 . Il dit que l'identitaire Québécois est un poison alors que l'identitaire musulman ne le serait pas par ricochet. Son langage sur les Québécois ressemble aux opinions des radios poubelles.

    http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201

    Le sondage CROP révèle que 76 % des Québécois souhaitent que le port de vêtements religieux soit interdit pour les personnes en position d'autorité, notamment le voile.

    Des sociétés victimes de leurs utopies multiculturalismes.

    "Dans les quartiers populaires de la deuxième ville d'Angleterre(Birmingham), le mode de vie communautariste des islamistes tend à s'imposer et menace de faire éclater une société victime de son utopie multiculturalisme.”

  • Michel Lebel - Abonné 24 mai 2017 09 h 00

    Il ne faut pas céder!


    Le sang des innocents continue de couler. Mais comme le dit une certaine devise britannique bien connue: ''Keep calm and carry on''.


    M.L.