Le niveau d'alerte terroriste passe à «critique» au Royaume-Uni

La police britannique a identifié mardi le kamikaze présumé de l’attentat de Manchester.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse La police britannique a identifié mardi le kamikaze présumé de l’attentat de Manchester.

Le niveau d’alerte terroriste au Royaume-Uni est renforcé et passe de «grave» à «critique», et l’armée va venir en appui de la police, a annoncé mardi la première ministre Theresa May après l’attentat de Manchester.

« Nous ne pouvons ignorer la possibilité qu’un groupe d’individus plus large soit lié à l’attentat de Manchester », a souligné Theresa May, après l’attentat qui a fait lundi soir 22 morts, dont des enfants, à l’issue d’un concert.

La police britannique a identifié mardi le kamikaze présumé de l’attentat de Manchester qui a fait 22 morts, dont plusieurs enfants, sous les traits d’un étudiant discret d’origine libyenne, Salman Abedi.

Le groupe État islamique a revendiqué l’attaque de lundi soir, affirmant que l’un « des soldats du califat a placé des bombes dans la foule ».

« L’homme soupçonné d’avoir commis l’atrocité de la nuit dernière a été identifié sous le nom de Salman Abedi, 22 ans », a déclaré le commissaire de police Ian Hopkins.

Selon plusieurs médias britanniques, M. Abedi est un Britannique né à Manchester de parents libyens ayant fui le régime de Kadhafi. Ils ont trouvé refuge d’abord à Londres, puis dans le quartier résidentiel de Fallowfield, au sud de Manchester, où le suspect résidait.

La priorité de l’enquête « reste d’établir s’il a agi seul ou au sein d’un réseau », a ajouté le commissaire de police.


Un homme de 23 ans avait été arrêté quelques heures plus tôt dans une autre banlieue résidentielle au sud de Manchester, en lien avec l’attentat, selon la police qui n’a pas précisé la nature de ce lien.

Des perquisitions ont été menées, notamment au domicile du suspect dans un quartier pavillonnaire de maisons modestes en briques rouges. Peu y connaissaient cet étudiant « discret » et « réservé ». « Je ne suis même pas sûre de savoir à quoi il ressemble, je devais pourtant le croiser tous les jours », confiait à l’AFP Rachel Harding, 37 ans, qui vit à quelques maisons de là.

Saffie Rose Roussos, huit ans, assistait au concert de la star américaine Ariana Grande avec sa mère et sa sœur : elle a été tuée par la puissante explosion qui a frappé vers 22 h 30 (heure locale) l’une des sorties du Manchester Arena à la fin du spectacle.

L’assaillant a choisi « délibérément l’endroit et l’heure pour causer un maximum de victimes, dont de nombreux jeunes », a déploré la Première ministre Theresa May avant de rencontrer des enfants hospitalisés dans la troisième ville britannique.

 

Chaos complet

Le bilan pourrait s’aggraver, certains des 59 blessés hospitalisés — parmi lesquels 12 ont moins de 16 ans selon une source médicale — se trouvant dans un état grave.
 

Un sans domicile fixe qui se trouvait à proximité de la salle de concert a captivé les réseaux sociaux en racontant à la télévision ITV avoir secouru des enfants hébétés, sortis en sang après l’explosion, en retirant « des clous » des bras et même du visage d’une petite fille.
 

Un centre d’accueil a été installé au stade de football de Manchester City pour les victimes et leurs proches. Et le quotidien de la ville, le Manchester Evening News, a lancé un appel aux dons qui avait déjà réuni près de 700 000 euros pour leur venir en aide.
 

L’explosion avait provoqué une panique lundi soir. « Les gens tombaient les uns sur les autres dans l’escalier », a raconté à l’AFP Kennedy Hill, petite fille accompagné de sa maman. « Des papas portaient dans leurs bras des petites filles en pleurs », raconte Sebastian Diaz, 19 ans.

 

« C’est une fois de plus la jeunesse, nos modes de vie, notre culture qui ont été attaqués », a déclaré le ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, un an et demi après l’attaque contre la salle de concert du Bataclan qui avait fait 90 morts à Paris, également revendiqué par le groupe État islamique.

Multiplication des attentats

Les attentats se sont multipliés ces derniers mois en Europe — 86 morts en juillet à Nice, douze à Berlin en décembre, cinq à Londres en mars, cinq en avril à Stockholm — alors que le groupe EI subit de lourdes pertes militairement en Irak et en Syrie.
 

L’attentat de Manchester, qui intervient deux mois pile après celui qui avait fait cinq morts près du Parlement à Londres, est le plus meurtrier au Royaume-Uni depuis juillet 2005, quand quatre kamikazes avaient tué 52 personnes et fait plus de 700 blessés dans les transports londoniens.
 

La campagne en vue des élections législatives du 8 juin a été suspendue en hommage aux victimes.

Photo: Ben Stansall Agence France-Presse

À Manchester, les gestes de solidarité se sont multipliés, comme les dons de sang, les cafés offerts ou les taxis gratuits. Une veillée s’est tenue en fin de journée, de nombreux habitants accrochant des messages aux réverbères et déposant fleurs et bougies.
 

« Je pense aux parents », a dit sobrement Elizabeth Littlewood, 44 ans, mère de deux adolescentes. « Manchester a été atteinte, déchirée, mais on va surmonter ça ensemble », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Réactions dans le monde entier
Les réactions affligées se sont multipliées dans le monde. La tour Eiffel, à Paris, devait s’éteindre à minuit pour rendre hommage aux victimes.
 

« Notre solidarité avec le peuple du Royaume-Uni est totale », a déclaré le président américain Donald Trump en condamnant cette attaque qui a largement occulté sa visite à Bethléem en Cisjordanie occupée.

 

« Tellement de jeunes gens magnifiques, vivants et aimant la vie, assassinés par des "losers" malfaisants », a-t-il ajouté. Il a ensuite assuré Mme May du « soutien indéfectible » des États-Unis lors d’une conversation téléphonique.

 

La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé sa « tristesse » et son « horreur ». Le président français Emmanuel Macron, a souligné sa « volonté de renforcer la coopération européenne » antiterroriste.

 

Le président russe Vladimir Poutine s’est dit prêt à « développer la coopération antiterroriste » avec la Grande-Bretagne après cet attentat « cynique et inhumain ».

 

La chanteuse américaine, dont le concert venait de s'achever lorsque la bombe a explosé, s'est dite « brisée » sur son compte Twitter, suivi par 45 millions de fans. « Du fond du coeur, je suis affreusement désolée. Je n'ai pas de mots », a tweeté mardi la chanteuse, qui effectue actuellement une tournée en Grande-Bretagne.

   

« Nous pleurons les vies des enfants et proches ôtées par cet acte lâche », a twitté son agent Scooter Braun, qui représente également Justin Bieber.

 

Le pape François a été très touché par l'attentat « barbare » qui a fait 22 morts, dont des enfants et des jeunes, a annoncé mardi le Vatican dans un message de condoléances. Évoquant « un acte de violence insensé », le pape a salué « les efforts généreux du personnel de secours et de sécurité ».

 

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que les Canadiens avaient « appris avec horreur l’attentat survenu à Manchester ». « Aux côtés de nos alliés et de nos partenaires, nous allons poursuivre notre combat contre de tels gestes insensés et contre le terrorisme sous toutes ses formes », a-t-il ajouté plus tard.
 

Ottawa tentait toujours de déterminer si des Canadiens avaient été touchés par les événements.

 

La tour Eiffel sera symboliquement éteinte, mardi soir à partir de minuit, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat de Manchester, a indiqué la maire de Paris Anne Hidalgo dans un communiqué.

 

Ce symbole d’hommage aux victimes est régulièrement mis en place par la Ville : la tour Eiffel avait ainsi déjà été éteinte après les attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris, mais aussi en soutien aux habitants d’Alep en décembre 2016, ou encore en hommage aux victimes des récents attentats islamistes de Londres, Saint-Pétersbourg et Stockholm.

 

Les lieux de divertissements, cibles fréquentes

Les lieux de spectacles, concerts ou discothèques sont des cibles fréquentes d’attentats, tel celui qui a frappé lundi soir Manchester.

 

31 décembre 2016: carnage dans une discothèque d’Istanbul

 

Un assaillant armé d’un fusil d’assaut tire au hasard sur la foule dans la boîte de nuit branchée Reina, où 700 à 800 personnes fêtent le passage à la nouvelle année. 39 personnes, dont au moins 20 étrangers, sont tuées et 65 sont blessées.

 

Deux jours plus tard, l’attentat est revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI).

 

12 juin 2016: club Pulse d’Orlando

 

Un Américain d’origine afghane, équipé d’un fusil d’assaut et d’une arme de poing, ouvre le feu et prends des otages dans le Pulse, un club gai très fréquenté d’Orlando, en Floride, perpétrant le pire attentat depuis le 11 septembre 2001 aux États-Unis : 49 morts, une soixantaine de blessés.

 

L’auteur du massacre Omar Mateen, qui a prêté allégeance au groupe EI, est tué lors de l’assaut lancé par les forces de l’ordre après trois heures de négociations. L’organisation djihadiste revendique l’attaque.

 

13 novembre 2015: massacre au Bataclan

 

Un commando djihadiste de trois hommes portant des ceintures piégées fait irruption dans la salle de spectacles du Bataclan, en plein concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal, assassinant 90 personnes.

 

Les premières victimes tombent sur le trottoir, puis les tueurs font feu dans la salle. Un premier assaillant est abattu par un policier, les deux autres se font sauter lors de l’assaut des forces de l’ordre. 

 

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière parmi celles qui endeuillent Paris ce jour-là. Outre le Bataclan, les attaques — les pires qu’ait connues la France, avec pour la première fois des actions kamikazes — sont perpétrées contre plusieurs bars et restaurants du cœur de la capitale, et près du Stade de France, à Saint-Denis. Revendiquées par le groupe EI, elles font au total 130 morts et 350 blessés.

 

5 juillet 2003: concert de rock à Moscou

 

Un double attentat suicide à l’entrée d’un concert de rock sur l’aérodrome de Touchino à Moscou fait 15 morts, outre les deux femmes kamikazes, et une cinquantaine de blessés. Quelque 20 000 jeunes se trouvaient sur les lieux pour assister au traditionnel festival de musique rock Krylia.

 

L’attentat n’est pas revendiqué, mais sera attribué par les autorités russes aux rebelles indépendantistes tchétchènes.

 

Quelques mois plus tôt, du 23 au 26 octobre 2002, dans le théâtre moscovite de la Doubrovka, 912 personnes avaient été retenues en otage par des rebelles réclamant le retrait des troupes russes de Tchétchénie. La prise d’otages s’était achevée par un assaut des forces spéciales, et la mort de 130 personnes, presque toutes asphyxiées par le gaz utilisé par les militaires.

 

12 octobre 2002: discothèque à Bali

 

Un kamikaze fait exploser une voiture bourrée de 1100 kilos de TNT et de produits chimiques devant le Sari Club, une discothèque du quartier touristique de Kuta, la principale station balnéaire de Bali. Quelque 20 secondes plus tôt, un homme avait actionné sa veste pleine d’explosif dans un restaurant tout proche, le Paddy’s Bar. Au total, 202 personnes de 21 pays sont tuées, dont 88 Australiens, 38 Indonésiens et 28 Britanniques. Plus de 300 personnes sont blessées, certaines grièvement brûlées.

 

L’attaque est attribuée à la Jamaah Islamiyah (JI), un réseau islamiste d’Asie du Sud-Est lié à Al-Qaïda.


 
5 commentaires
  • Michel Bouchard - Inscrit 23 mai 2017 08 h 55

    Et qu'il faut être lâche....

    pour s'en prendre à des enfants.

  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 23 mai 2017 15 h 37

    Réflexion devant l'horreur commandée.

    Ce qui est le plus désolant selon moi, c'est que c'est un jeune homme né en Angleterre.

    Pourquoi s'est-il servi de sa religion pour se distancier ainsi de sa terre d'accueil, renier les valeurs occidentales, quelle haine envers ses concitoyens.

    Il savait sûrement qu'il serait un vecteur d'islamophobie en commettant un tel acte. Cet acte s'additionne à tous les autres commis en Europe. Pourquoi ces gens veulent-ils que l'islam soit ainsi catalogué?

    Peut-on à la lumière de ces horreurs essayer de rendre coupable les occidentaux de se permettre une petite méfiance envers l'islam ?

    Est-ce trop demander à certains d'arrêter de rendre coupable les occidentaux de se doter de Chartes de valeurs bien peu contraignante.

    Ces Chartes ayant pour but que certains signes religieux en certains lieux ( cour, police, hopitaux, services gouvernementaux servant directement le public, etc ) ne deviennent pas une provocation sociale affichée, et source de problèmes.

    La religion est devenue une source de conflits mondiaux. Alors essayons au moins de créer un espace citoyen laïque.

    Il y a la maison, l'église, la synagogue, la mosquée, etc etc, pour les élans et ferveurs religieuses. Chaque chose à sa place, c'est tout.

    Là dessus, toutes mes sympathies aux victimes et leur famille, agressées par ce fanatique.

    • Donald Bordeleau - Abonné 23 mai 2017 20 h 37

      On est pas sorti du bois avec le PLQ et QS.

      Les musulmans eux-mêmes savent les dangers des Frères Musulmans et du wahhabisme Saoudiens, tout le monde sauf Couillard!!

      Le problème a commencé avec les vitres givrées du YMCA de l’avenue du Parc en 2006.

      Cela a été amplifié par Haroun Bouazzi et Adil Charkaoui les signataires d'un pétition de ce collectif qui réclame une commission sur le racisme systémique au Québec.

      La pétition a aussi été signée par Dalila Awada, par Samira Laouni, Charles Taylor,t Gérard Bouchard et Gabriel Nadeau-Dubois entre autre.
      http://www.islamisme.fr/haroun-bouazzi-un-laic-pou

  • Cyril Dionne - Abonné 23 mai 2017 18 h 08

    Où est l'autoflagellation pour les adeptes ce conte de fée?

    Difficile à croire les gens d'une idéologie politico-religieuse créationniste qui pond des massacres et des atrocités de ce genre à tous les jours. Bien oui, c'est une religion de paix et d'amour. Pourtant, lorsqu'il s'agit d'un incident où les adeptes de ce conte de fée moyenâgeux en sont les victimes, on nous culpabilise au point que certains croient qu'ils doivent s'autoflageller au nom de la sainte rectitude politique, ville de Québec oblige.

  • Donald Bordeleau - Abonné 23 mai 2017 20 h 31

    Sympathies aux victimes et leur famille.


    Aller parler aux malheureux parents du collège de Maisonneuve dont les jeunes ont perdu la vie en Syrie.

    Avec les accusations de Couillard le 15 février 2017 envers l'opposition qu'il était à l'origine du drame de Québec. On constate que depuis quelques semaines Monsieur Couillard dit la même chose que les imans musulmans du Québec, comme des insinuations de Charles Taylor ou encore des commentaires de Madame Dalila Awada fait à TLMEP des accusations de racisme et de xénophobie des Québécois, elle dit que Madame Bertrand a du sang dans les mains.

    Combat de l'identitaire Musulman contre l'identité Québécoise se fait présentement avec l'aide du PLQ.

    Madame Awada fait beaucoup d'amalgames avec la xénophobie.

    Monsieur Malik Hammadouche nous traite d'islamophobes dans son article du Nouvelliste du 7 février 2017 . Il dit que l'identitaire Québécois est un poison alors que l'identitaire musulman ne le serait pas par ricochet. Son langage sur les Québécois ressemble aux opinions des radios poubelles.

    http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201

    Le sondage CROP révèle que 76 % des Québécois souhaitent que le port de vêtements religieux soit interdit pour les personnes en position d'autorité, notamment le voile.

    Des sociétés victimes de leurs utopies multiculturalismes.

    "Dans les quartiers populaires de la deuxième ville d'Angleterre(Birmingham), le mode de vie communautariste des islamistes tend à s'imposer et menace de faire éclater une société victime de son utopie multiculturalisme.”