La terreur a frappé Manchester

22 personnes ont été tuées et 59 blessées lundi soir dans une salle de concert à Manchester.
Photo: Peter Byrne / PA via Associated Press 22 personnes ont été tuées et 59 blessées lundi soir dans une salle de concert à Manchester.

Vingt-deux personnes, dont des enfants, ont été tuées et 59 blessées lundi soir dans une salle de concert à Manchester, dans l’ouest de l’Angleterre, à la suite d’une explosion que les autorités considèrent comme un acte « terroriste ».

L’ambiance rose bonbon de ballons déversés sur une foule largement adolescente s’est assombrie abruptement. L’une des dernières chansons du concert de la chanteuse pop Ariana Grande a été interrompue par une puissante détonation. Des milliers de personnes ont dû être évacuées dans la panique subséquente.

La police de Manchester a rapidement averti les citoyens d’éviter la zone en indiquant réagir à des informations « selon lesquelles il y aurait eu une explosion ». Environ une heure plus tard, elle a dressé un premier bilan de 19 morts et d’environ 50 blessés. Bilan ensuite revu à la hausse. L’événement « est traité comme un incident terroriste », a-t-elle déclaré.

« Nous travaillons à établir tous les détails de ce qui est traité par la police comme une épouvantable attaque terroriste », a déclaré la première ministre britannique Theresa May, en exprimant sa sympathie aux familles.

Le ministre de la Sécurité, Ben Wallace, a quant à lui qualifié l’incident « d’attaque » et appelé les citoyens à la vigilance. « Si vous voyez quoi que ce soit de suspect, appelez la ligne antiterroriste. »

Parmi les théories, celle de l’attentat suicide a été évoquée par plusieurs sources dans les médias britanniques, sans aucune confirmation au moment d’écrire ces lignes. L’explosion a eu lieu dans le hall de la salle de concert.

La police a immédiatement bouclé un large pan du secteur. Les services de train et de métro ont été interrompus, puisque la salle de spectacle communique avec la station Victoria.

Au moins cinq des hôpitaux de l’agglomération urbaine recevaient des spectateurs touchés par l’explosion. Les services médicaux d’urgence et les hôpitaux ont vite été mobilisés. Le Manchester Evening News rapportait des scènes de « chaos absolu » au service de traumatologie de l’hôpital Wythenshawe. L’établissement a rapidement demandé aux gens qui attendaient aux urgences de quitter les lieux pour faire de la place aux blessés de l’attentat.

Témoins sous le choc

« Tous les gens qui étaient de l’autre côté de la salle de concert où le “bang” a été entendu sont soudain venus vers nous en courant et ils essayaient de sortir, donc ça bloquait, et tout le monde fuyait vers la sortie qu’il pouvait trouver le plus rapidement possible, a-t-il ajouté. C’était la panique. »

Isabel Hodgkin, qui assistait elle aussi au concert, a déclaré à la chaîne de télévision Sky News : « Tout le monde paniquait, ça poussait dans les escaliers. »

« Le couloir était plein de monde, il y avait une odeur de brûlé, il y avait beaucoup de fumée pendant qu’on sortait », a-t-elle dit. Robert Tempkin, 22 ans, a déclaré à la BBC : « Tout le monde criait et courait, il y avait des manteaux et des téléphones sur le sol, les gens ont tout abandonné » dans le mouvement de panique.

Gary Walker et sa femme, de la ville de Leeds, attendaient dans le hall de l’aréna de Manchester leurs deux filles qui assistaient au concert. Ils ont entendu la dernière chanson. Des spectateurs ont commencé à sortir de la salle quand ils ont vu un flash et entendu une explosion.

« J’ai eu un peu mal à mon pied et ma jambe, a dit M. Walker. Ma femme a dit qu’elle devait s’allonger. Je l’ai aidée à se coucher. Elle a une blessure à l’estomac et peut-être une fracture à une jambe. J’étais à environ trois mètres de l’explosion. Je suis étonné de m’en être tiré avec peu de dommages. »

Le couple a attendu les secours pendant une heure environ. Leurs deux filles sont saines et sauves même si elles ont été prisonnières de la foule en panique après l’explosion. Elles ont pu avertir leurs parents par téléphone.

Solidarité et alerte

Sur les ondes de la radio BBC 5 et sur Twitter, des personnes cherchaient encore leurs proches plus de trois heures après l’événement. Sur les réseaux sociaux, des Mancuniens offraient d’accueillir sous leur toit les personnes sous le choc, grâce au mot-clic dédié #Roomformanchester. Deux hôtels de la zone avaient également recueilli des dizaines d’enfants séparés de leurs parents au moment de l’explosion.

L’attentat s’est produit vers 22h30, heure locale, en plein centre-ville. Les restaurants encore ouverts offraient des boissons aux personnes évacuées. Les taxis de la ville ont convergé vers la salle de concert pour aider les gens à quitter la zone, vite envahie par les véhicules et les personnes des services d’urgence et de sécurité.

Le réseau social Facebook a activé son service Safety Check pour la ville de Manchester après l’explosion. Cette fonction permet aux usagers de donner rapidement des informations à ses « amis » du réseau en cas de crise. Les gens peuvent alors savoir si un de leurs proches se trouve dans la zone touchée et dans quel état il se trouve.

Le maire du grand Manchester, Andy Burnham, s’est adressé aux citoyens par gazouillis : « Mon coeur est avec les familles qui ont perdu un être cher, mon admiration va aux services d’urgence courageux. Une nuit terrible pour notre grande ville. »

« S’il s’agit d’une attaque terroriste, il s’agit d’un acte aussi monstrueux que profondément futile, a dit Richard Leese, qui dirige le Conseil de Manchester. Notre ville est fière et forte et nous ne permettrons pas à ceux qui cherchent à semer la peur et la division d’atteindre leurs objectifs. »

Le premier ministre Justin Trudeau a également incité les Canadiens à accompagner en pensées les victimes et leur famille.

Rappelons que le 22 mars dernier, un attentat a eu lieu dans le quartier Westminster, où est situé le parlement du Royaume-Uni. Une voiture avait d’abord renversé plusieurs passants sur le pont de Westminster en plein après-midi. Une minute plus tard, le même homme, descendu de sa voiture, a poignardé mortellement un policier, avant d’être abattu par la police britannique. Au total, six personnes sont mortes, dont l’assaillant.

Le niveau de menace terroriste a été relevé de « substantiel » à « sévère » depuis août 2014, soit quelques semaines après l’engagement du Royaume-Uni à combattre le groupe armé État islamique à l’intérieur de la coalition internationale. Ce niveau d’alerte signifie qu’une attaque est « hautement probable ».

S’il est confirmé qu’il s’agit d’une attaque terroriste, elle serait la plus meurtrière au Royaume-Uni depuis des explosions dans le métro de Londres en 2005, qui avait fait 52 victimes.

Les leaders des partis d’opposition ont aussi exprimé leurs condoléances. La campagne électorale actuelle a été suspendue jusqu’à nouvel ordre.

La Grande-Bretagne plusieurs fois visée par des attentats depuis 2005

L’action « terroriste » présumée qui a fait 19 morts et environ 50 blessés lundi soir dans une salle de concerts de Manchester fait suite à plusieurs attaques en Grande-Bretagne, dont la plus grave avait fait 56 morts en 2005.

 

Juillet 2005 : les transports londoniens visés

 

Le 7 juillet, quatre attentats suicide coordonnés à l’heure de pointe dans trois rames de métro et un bus londoniens font 56 morts, dont les quatre kamikazes, et 700 blessés. Un groupe se réclamant d’al-Qaïda revendique les attaques.

 

Quinze jours plus tard, quatre attentats manqués, au mode opératoire similaire, sont menés de manière coordonnée et quasi-simultanée dans trois rames de métro de Londres et dans un bus. Les bombes artisanales n’explosent pas en raison d’une erreur de calcul dans la fabrication des explosifs.

 

Selon la justice, les deux séries d’attentats sont liées.

 

Juin 2007 : à l’aéroport de Glasgow

 

Le 30 juin, une voiture bélier remplie de bouteilles de gaz est précipitée contre le principal terminal de l’aéroport de Glasgow (Écosse), très fréquenté en ce début de vacances scolaires, sans exploser. Un Indien qui conduisait le véhicule est grièvement brûlé après s’être aspergé d’essence. Il décède un mois plus tard. Le passager, un médecin irakien, est arrêté. Il sera condamné en 2008 à la prison à vie.

 

La veille, deux Mercedes piégées, remplies de bidons d’essence, de bouteilles de gaz et de clous avait été découvertes garées près de Piccadilly Circus, au cœur de Londres. Un problème de connexion dans le dispositif de détonation avait empêché les deux voitures d’exploser, selon les enquêteurs.

 

Mai 2013 : un soldat tué à Londres

 

Le 22 mai, deux Londoniens d’origine nigériane renversent en voiture un soldat de 25 ans, Lee Rigby, dans le sud-est de Londres avant de le frapper de nombreux coups de couteau et de tenter de le décapiter. Sur une vidéo filmée juste après l’agression, l’un des meurtriers déclare avoir voulu venger les « musulmans tués par des soldats britanniques ».

 

Décembre 2015 : dans le métro de Leytonstone

 

Le 5 décembre, Muhaydin Mire, 30 ans, né en Somalie, blesse au couteau deux personnes, dont une grièvement, à l’entrée de la station de métro de Leytonstone, dans l’est de Londres, deux jours après les premières frappes aériennes britanniques visant le groupe armé État islamique (EI) en Syrie. L’attaque est qualifiée de « terroriste » par les autorités. L’auteur sera condamné à la prison à vie.

 

Mars 2017 : 5 morts près du parlement de Westminster

 

Le 22 mars, un homme fonce dans la foule avec son véhicule sur le pont de Westminster, qui enjambe la Tamise face à Big Ben, avant de poignarder mortellement un policier devant le Parlement. L’attaque a fait cinq morts. Son auteur, Khalid Masood, un citoyen britannique converti à l’islam, a été abattu par la police. L’attentat a été revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI) mais Scotland Yard a dit ne pas avoir « trouvé de preuve d’une association » de Masood avec l’EI ou al-Qaïda.

 

Scotland Yard a annoncé en mars que les services de sécurité britanniques avaient « déjoué treize tentatives d’attentat terroriste depuis juin 2013 ».

Agence France-Presse

Avec Stéphane Baillargeon et l’Agence France-Presse

8 commentaires
  • Eric Vallée - Inscrit 22 mai 2017 23 h 55

    A quand notre tour?

    Tic-tac-tic-tac, allah akhbar!

  • Eric Vallée - Inscrit 23 mai 2017 00 h 01

    Le réveil viendra quand?

    Au lieu de cessez de voter pour des politiciens immigrationnistes, les britanniques vont continuer à allumer des lampions.

  • Cécile Comeau - Abonnée 23 mai 2017 01 h 53

    Des lâches

    S'en prendre à des enfants et à de jeunes adolescentes qui sortaient d'un spectacle pop. Les plus jeunes 9, 10, 11, 12 ans étaient accompagnées de leurs parents ou de leurs sœurs aînées. Aussi, des parents attendaient leurs grandes filles de 13, 14 et 15 ans dans le foyer (hall d'entée) de l'aréna, à la sortie pour les ramener à la maison après le concert. Ces islamistes ne sont que des lâches et des ordures. J'espère que tous les salauds qui ont participé à la préparation de cette attaque vont en payer chèrement le prix. Ça sera où la prochaine fois? Dans un autobus scolaire, une école, une garderie? Ces islamistes de Manchester ont visé délibérément les filles par le choix du lieu de leur attentat. Pourquoi? Poser la question est y répondre.

  • Nadia Alexan - Abonnée 23 mai 2017 03 h 03

    Arrêtons de dorloter l'intégrisme qui inspire les terroristes!

    Il faudrait discréditer l'idéologie intégriste de l'Arabie saoudite qui inspire les djihadistes à commettre des massacres terroristes. Il faut arrêter l'hypocrisie de l'Occident qui ne cesse pas d'envoyer des armements à l'état saoudien responsable de propager cette idéologie meurtrière partout dans le monde. L'état britannique a cédé au chantage des intégristes islamistes en instaurant la Charia en Angleterre.

  • Yves Côté - Abonné 23 mai 2017 04 h 02

    Today...

    Today, we all are Brits.