Mélenchon appelle à se rassembler contre Macron

Le chef de la coalition d'extrême gauche La France Insoumise, Jean-Luc Melenchon, lorsqu'il se préparait à voter dans un bureau de vote à Paris.
Photo: Bertrand Guay Agence France-Presse Le chef de la coalition d'extrême gauche La France Insoumise, Jean-Luc Melenchon, lorsqu'il se préparait à voter dans un bureau de vote à Paris.

Paris — Le chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a lancé dimanche un appel à ses 7 millions d’électeurs du premier tour à se « fédérer » pour les élections législatives de juin afin de s’opposer à Emmanuel Macron, « nouveau monarque présidentiel ».

Le candidat malheureux du mouvement « La France insoumise », arrivé avec 19,58 % des suffrages quatrième au premier tour du 23 avril, a pris « acte sans barguigner » de la victoire de M. Macron, après avoir refusé de donner d’autre consigne de vote que d’éliminer Mme Le Pen au second tour.

Mais sans laisser une minute de répit au nouvel élu, il l’a immédiatement tancé lors d’une allocution : « Puisse le sens du destin de notre patrie vous habiter, Monsieur le président, et la pensée des démunis sans droit, sans toit, sans emploi, vous obséder ».

« Le programme du nouveau monarque présidentiel est connu : c’est la guerre contre les acquis sociaux du pays et l’irresponsabilité écologique », a tranché celui qui avait traité M. Macron pendant toute la campagne de « premier communiant » ou de « candidat de l’extrême-marché ».

Extrait de l'allocution de Jean-Luc Mélenchon

 

 

Sur les plateaux télévisés, ses lieutenants se sont employés à dénier toute légitimité au nouveau chef de l’État, arrivé très largement en tête devant la candidate d’extrême droite. « Nous avons un président qui est faible », a estimé Raquel Garrido, une porte-parole de La France insoumise, soulignant qu’il y avait « beaucoup de votes par défaut ».

« L’abstention explose. Les bulletins blancs et nuls n’ont jamais été aussi nombreux. Ce pouvoir est fragile », a tweeté de son côté Charlotte Girard, coresponsable du programme de M. Mélenchon.
 

 

Avec eux, Jean-Luc Mélenchon s’est immédiatement projeté dans la bataille des législatives, espérant que les électeurs refuseront les 11 et 18 juin d’offrir une majorité parlementaire à M. Macron. Il s’agit, avait prévenu l’ancien candidat dès vendredi, de « refuser de donner les pleins pouvoirs au gouvernement Macron ».

2 commentaires
  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 7 mai 2017 21 h 47

    Un exemple pour nous

    "Ne pas éparpiller le vote " a ainsi déclaré Mélanchon. De manière similaire, une entente, pas une alliance, devrait être conclue chez nous entre le Parti québécois et Québec solidaire afin d'obtenir une réforme du mode de scrutin introduisant la proportionnelle ce qui assurera la présence de la pluralité des forces politiques à l'Assemblée nationale. Pour y arriver nous devrons tactiquement nous donner les meilleures chances de renverser le parti du 1% en partageant les circonscriptions entre partis souverainistes afin de doter le Québec d'une majorité parlementaire formée de députés issus du PQ et de QS, ce dernier détenant si possible la balance du pouvoir afin de forcer le PQ à respecter ses engagements et à se tenir de côté du bien commun.

  • Tristan Roy - Inscrit 8 mai 2017 17 h 52

    Opposition divisée dans la province

    "Ne pas éparpiller le vote", a dit M. Mélanchon avant de lancer ses avocats dans un recours en justice contre ses alliés du Parti Communiste Français..! M. Mélanchon avait au préalable bien fait attention de ne pas conclure d'entente avec les socialistes de Benoit Hamon. Ces derniers signeraient leur arrêt de mort en se ralliant à Mélanchon pour les législatives. Restent les Verts et autres micro partis bucoliques qui sont bien entendu plus pur que pur.

    Dans la Belle Province, l'opposition est aussi divisée qu'en France et un peu pour les mêmes raisons. Chaque chapelle politique est convaincue de détenir la bonne parole et ce sont bien entendu les autres qui doivent se rallier à son évangile... Avec le PQ et QS sur la gauche des libéraux et sur leur droite la CAQ, le gouvernement de Philippe Couillard a probablement encore de beaux jours devant lui...