Emmanuel Macron élu président de la France

Le président élu Emmanuel Macron a prononcé un discours devant la pyramide au musée du Louvre, à Paris.
Photo: Stringer / Agence France-Presse Le président élu Emmanuel Macron a prononcé un discours devant la pyramide au musée du Louvre, à Paris.

Les faits saillants

Macron a été élu avec 65,82 % des voix, contre 34,18 % à sa rivale Marine Le Pen.

À 39 ans, il devient le plus jeune président élu de la France.

Selon la maire de Paris, Anne Hidalgo, Emmanuel Macron a remporté 90 % des suffrages dans la capitale française.

​Le scrutin est marqué par une forte abstention, avec un taux de 24,95 %.

​Au premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril, l'abstention était de 22,23 % des électeurs inscrits. Les blancs et nuls approchent les 9 % des inscrits, ce qui est un record pour une présidentielle.

Déclarations

« Une nouvelle page de notre longue histoire s’ouvre ce soir. Je veux que ce soit celle de l’espoir et de la confiance retrouvés », a déclaré Emmanuel Macron peu après le dévoilement des premiers résultats.

Dans son discours de victoire devant ses partisans, il a promis qu'il fera tout pour que les Français « n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes ».

Marine Le Pen a de son côté salué « un résultat historique et massif » pour son parti, le Front national. Celui-ci est « la première force d’opposition », a déclaré la candidate déchue. « Je serai à la tête du combat » des élections législatives des 11 et 18 juin, a-t-elle ajouté.

À Montréal

Dans la métropole québécoise, les Français expatriés ont voté à près de 91 % pour Emmanuel Macron. Le taux de participation était de 42 %.

Après sa large victoire à la présidentielle, marquée par un score historique de l’extrême droite, le jeune centriste pro-européen Emmanuel Macron, qui doit s’atteler dès lundi à la composition de son futur gouvernement, a reconnu n’avoir pas reçu « un blanc-seing » du peuple français.

« Je me battrai de toutes mes forces contre les divisions qui nous minent », a promis celui qui, à 39 ans, va devenir le plus jeune président de l’histoire de France après avoir remporté 65,82 % des voix face à la patronne de l’extrême droite Marine Le Pen (34,18 %), selon les résultats quasi définitifs du ministère de l’Intérieur lundi matin.

Devant des milliers de partisans réunis dans la cour du Louvre à Paris, et aux côtés de son épouse Brigitte émue aux larmes, ce nouveau venu en politique a dit avoir entendu la « colère » de ceux qui ont voté Front National.

Extrait du discours de victoire d'Emmanuel Macron

 


Si son élection est « un grand soulagement pour l’Europe », reconnaît le New York Times, le nouveau président français « prend la tête d’une nation profondément divisée, tout comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres grandes démocraties ». Et le score de Mme le Pen prouve pour le quotidien américain l’importance « du désespoir de ceux qu’on appelle les oubliés » (en français dans le texte).

À six semaines du second tour des élections législatives (les 11 et 18 juin), l’ancien ministre de l’Économie (2014-2016) du président socialiste sortant François Hollande a appelé les électeurs à lui donner au parlement « une majorité vraie, forte, de changement ».

« Monarque présidentiel »
Disqualifiés à l’issue du premier tour — une première dans l’histoire politique d’après-guerre —, les deux grands partis traditionnels de gauche (Parti socialiste) et de droite (Les Républicains) ont commencé à se mettre en ordre de marche pour prendre leur revanche.

Le chef de la France insoumise (gauche radicale), Jean-Luc Mélenchon (19,58 % des suffrages au premier tour), a aussi appelé les Français à se « fédérer » pour les législatives pour s’opposer au « nouveau monarque présidentiel ».

Selon un sondage Kantar Sofres-OnePoint, En Marche !, le mouvement de M. Macron, recueillerait entre 24 % et 26 % des intentions de vote aux législatives, devant Les Républicains (22 %), le Front national (21-22 %), la France insoumise (13 %-15 %) et le PS (8-9 %).

Des chantiers majeurs attendent désormais le nouveau président français : endiguer un chômage endémique (10 %), faire face à une forte menace terroriste et relancer une Europe affaiblie.

Sévèrement battue, sa rivale, qui a mené une campagne agressive contre l’immigration, l’euro, la mondialisation et l’Union européenne, s’est cependant félicitée du résultat « historique et massif » de son parti.

Celle qui s’est présentée comme « la candidate du peuple » misait sur la même vague qui a porté Donald Trump à la Maison-Blanche et conduit la Grande-Bretagne à voter pour la sortie de l’Union européenne, mais elle n’a pas réussi son pari.

Salué par Merkel
La victoire d’Emmanuel Macron a été saluée par plusieurs dirigeants européens, inquiets de la poussée des nationalistes en Europe, dont la chancelière allemande Angela Merkel, la Britannique Theresa May ou le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Le président américain Donald Trump lui a aussi adressé sur Twitter ses félicitations « pour sa grande victoire d’aujourd’hui ».

Épilogue d’une campagne marquée par de multiples rebondissements, l’élection de celui qui se définit comme « progressiste », « à droite et à gauche », a été saluée par des coups de klaxons sur les Champs-Élysées, mais aussi par des huées de sympathisants de Marine Le Pen.

Paris, la chic et cosmopolite capitale française, a voté Macron à presque 90 %, à l’image d’un scrutin qui a révélé des fractures profondes entre gagnants et perdants de la mondialisation.

Entre l’abstention (24,95 %) et les votes blancs et nuls (un peu plus de 4 millions), plus d’un Français sur trois a en fait refusé de choisir dimanche entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, un niveau record.

M. Macron va maintenant devoir trouver une majorité pour gouverner et mettre en œuvre son programme : vaste réforme du droit du travail, réduction des dépenses publiques, renforcement du couple franco-allemand.

Marine Le Pen, elle, a promis « une recomposition politique de grande ampleur autour du clivage entre les patriotes et les mondialistes ».

Extrait de l'allocution de Marine Le Pen

 


Plus jeune que Bonaparte
Le jeune centriste s’était lancé dans la campagne présidentielle avec son mouvement En marche !, créé il y a un an à peine sur le thème du renouvellement politique, avec une ligne pro-européenne et un programme libéral, tant en économie que sur les questions de société. Son credo : « Une France ouverte dans une Europe qui protège ».

Ancien banquier, M. Macron avait démissionné en août 2016 du gouvernement socialiste pour se présenter à l’élection suprême.

Il devient le plus jeune président de l’Histoire de France, devant Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans en 1848), et il sera également l’un des chefs d’État les plus jeunes au monde.

Il obtient un mandat de cinq ans à la tête d’une des grandes puissances mondiales, détentrice de l’arme nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et moteur de l’Union européenne.

La victoire de ce fils de médecins au physique de jeune premier, yeux bleus et coupe sage, issu des écoles de l’élite française, clôt une campagne électorale riche en coups de théâtre, sous le signe des affaires.

M. Macron retrouvera lundi le président socialiste sortant François Hollande pour commémorer la capitulation allemande du 8 mai 1945. La passation de pouvoir est prévue au plus tard dimanche.

8 commentaires
  • Raynald Rouette - Abonné 7 mai 2017 15 h 49

    Que des clichés


    Être président ou premier ministre d'un pays occidental, a t-il encore un sens?

    La mondialisation, loin d'être un projet de société, n'est rien de plus qu'un projet financier, au profit des puissants argentiers du monde et de leurs goupies.

    Les élus de l'occident, semblent aujourd'hui, n'être que des portes-voix d'un gouvernement invisible. L'ancien président des USA Theodore Roosevelt 1858-1919 avait déjà signalé son existence, au début du 20e siècle.

    Les pays-nations sont en voie de disparition, pour faire place à des mégas structures
    économiques comme l'Union Européenne.

    Chaque pays perd graduellement son caractère particulier «essence» au profit du multiculturalisme, qui semble être un ingrédient de base pour la mondialisation.

    À bien y penser les jeunes Macron et Trudeau ont été élus comme représentants de la mondialisation. Il y a beaucoup plus de dommages collatéraux que de bénéfices pour les populations de leur pays respectif. D'où une colère justifiée.

    • Marie-Josée Blondin - Inscrite 7 mai 2017 18 h 00

      Entièrement d'accord avec votre analyse, M. Rouette.

  • Michel Thériault - Abonné 7 mai 2017 17 h 07

    En France, comme ici...

    En France, comme ici, les citoyens avaient le choix entre deux maux. Ils ont choisi celui qui leur semble être le moins souffrant. Ce n'est pas Macron qui va donner du travail à la classe moyenne. Ce n'est pas non plus ce fils de riche qui va redonner à la France son lustre centenaire.

    Pauvre France, démantibulée par l'UE. Comme en 14, comme en 39, l'histoire bagaye et se répète. L'Alemagne est le trône de fer de l'Europe et le nain d'Amiens ne sera jamais que le fou du roi.

    La souveraineté, le territoire et la solidarité nationale sont les seuls vrais pouvoirs des nations. La France a perdu sur les trois fronts, sans oublier le front culturel. Quelle déchéance que ce phare culturel réduit à baragouiner des mots anglais pour se donner bonne gueule. Ne voient-ils pas, les hexagonaux, que les voisins d'outre-manche, eux, ont bien vu le viol européen de leur île et qu'ils ont eu les couilles de dire NON.

    La douce France deviendra le déversoir de la misère du monde.
    La Grande Bretagne restera, elle, une fière nation.

    J'avoue que, si j'étais un électeur français, j'aurais voté Marine. Macron, c'est le Boisclair français mais, le problème, c'est qu'il a été élu.

    On s'en reparle aux législatives de juin.

    Michel A. Thériault

    • Marie-Josée Blondin - Inscrite 7 mai 2017 18 h 19

      J'abonde dans le sens de vos propos, M. Thériault.

      J'ajouterais que la campagne présidentielle française en a été essentiellement une de peur contre Marine Le Pen et son parti. Les médias avaient un parti pris évident en faveur de Macron. L'abstentionnisme a nui à Marine Le Pen. Son programme politique aurait pourtant été à même de revigorer la France, ainsi que les laissés pour compte de la mondialisation.

      Certains ont dit qu'il s'agissait là d'une élection freudienne où l'un des candidats finalistes (Marine Le Pen) avait "tué" (symboliquement) son père et où l'autre candidat (Macron) aurait "marié sa mère". On pourrait dire que l'une a résolu son complexe d'Oedipe. Tandis que l'autre a enfreint la règle oedipienne. Voici ce que dit un psychiatre italien sur le fonctionnement psychique d'Emmanuel Macron en se basant sur sa biographie:

      https://www.youtube.com/watch?v=3TbT513rPa0

  • Michel Lebel - Abonné 7 mai 2017 17 h 24

    Bravo!

    Bravo! L'optimisme et l'espoir l'ont emporté sur le désabusement et le repli sur soi. Les Français en ont grandement besoin. Une lourde et difficile tâche attend le jeune président.


    M.L.

  • Cécile Comeau - Abonnée 7 mai 2017 18 h 40

    Une France ingouvernable

    Un taux de participation de 75% seulement des électeurs inscrits, 25% d’abstention et 9% de votes blancs ou annulés dans les urnes. Après 80% du dépouillement, Macron a obtenu 17 millions de votes sur 40 millions d’électeurs inscrits. 42% de l’électorat pour un président qui est élu par dépit ou par défaut. Non, la France n’a pas vraiment voté. L’épreuve véritable sera celle des élections législatives.

    Déjà, avant le premier tour des présidentielles, la gauche socialiste était en déroute, ne sachant plus sur qui se rabattre entre Macron ou Mélenchon. Cependant, la droite de Fillon a gardé une base solide de 20%, malgré les affaires d’emplois fictifs qui ont miné sa campagne. Sans ces affaires, c’est Fillon qui serait élu président ce soir. Fillon n’est plus là, mais la droite reste solidement implantée en France. Le Pen a consolidé son vote à 34% ou 35% ce soir et ce n’est pas un vote par défaut, comparativement à celui de Macron. C’est un vote de conviction. Le Pen redessine la carte électorale française, des territoires étant acquis au FN. Cette carte ne changera pas d’ici les législatives. Ces élections se gagnent sur la carte électorale, circonscription par circonscription, et non pas sur une image médiatique lissée.

    Aux législatives, les électeurs votent davantage pour le candidat de proximité que pour celui de l’Élysée, trop éloigné de leurs préoccupations. Le vedettariat ne fonctionne plus et tous les électeurs savent que Macron était le poulain de Hollande. Qui va voter pour d'anciens députés ou ministres de Hollande déguisés sous l‘étiquette Macron ? Et puis cette France insoumise va sortir aux législatives, ne l’oublions pas, comme celle de LR et celle du FN. Macron n’a fait que 23% au premier tour des présidentielles et les trois autres candidats se sont situés autour de 20%. Au premier tour, les électeurs ont voté par conviction. Macron n’aura pas de majorité aux élections législatives et la France va être ingouvernable.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 7 mai 2017 20 h 57

    À partir d'aujourd'hui

    La descente aux Enfers de la France s'accélérera.