Greenpeace déploie une banderole contre l’extrême droite sur la tour Eiffel

La banderole de 30 mètres sur 10 porte est suspendue entre deux piliers de la tour Eiffel, sous le premier étage.
Photo: Jacques Demarthon Agence France-Presse La banderole de 30 mètres sur 10 porte est suspendue entre deux piliers de la tour Eiffel, sous le premier étage.

Paris — Des militants de Greenpeace ont déployé vendredi une banderole contre l’extrême droite sur la tour Eiffel à Paris, affichant la devise nationale, « Liberté, Égalité, Fraternité », à deux jours du second tour de la présidentielle française.

Douze personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, accusées d’avoir dégradé un filet de protection, a-t-on appris de source policière.

Mise en garde contre Le Pen

Le déploiement de cette banderole, à deux jours du scrutin qui oppose le candidat centriste Emmanuel Macron, donné largement favori dans les sondages, à la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen, vise à « mettre en garde contre le projet de Marine Le Pen et ce qu’il représente comme risques pour les associations et au-delà », a déclaré à la presse Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Outre la devise de la République française, la banderole de 30 mètres sur 10, suspendue entre deux piliers de la tour, sous le premier étage, portait le nom de l’organisation de défense de l’environnement et la mention #resist, en lettres noires sur fond jaune.

Cette intrusion des militants de Greenpeace, qui ont escaladé la tour à l’aide d’une échelle, puis de cordes, révèle des « dysfonctionnements dans le dispositif de sécurité », alors que la menace djihadiste reste très élevée, selon un communiqué commun de la mairie de Paris et de la préfecture de police.

En conséquence, il a notamment été décidé de renforcer les patrouilles aux abords de la tour Eiffel ainsi que les équipes de sécurité avec des chiens, au sol comme dans les étages du monument. Les « moyens humains » seront également renforcés dans le centre de supervision de la tour, et le dispositif de vidéoprotection, dont le suivi est assuré dans un commissariat local, sera réévalué.

Action illégale

La Ville de Paris a dénoncé une action conduite « en toute illégalité », qu’elle « ne peut [...] que condamner ». « Il n’est pas admissible qu’un monument comme la tour Eiffel, emblème de Paris, bien commun des Parisiens et de l’ensemble des Français, soit utilisé à des fins politiques », a-t-elle affirmé.

Le site est actuellement sécurisé par un système de barriérage fixe qui clôt le parvis. En outre, aux heures de visite de la tour, des contrôles des sacs sont effectués.

Un nouveau dispositif sera mis en place l’an prochain sous la forme de panneaux de verre, jugés plus esthétiques et plus efficaces que le système actuellement en place.

« Greeenpeace s’inquiète de ces temps de résurgence des nationalismes, en Turquie, en Hongrie et des risques de restriction de la liberté d’association. C’est dans notre mission de nous y opposer », a affirmé M. Julliard.

Les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité « sont en danger et celle qui les menace, c’est Marine Le Pen », a-t-il ajouté. « Comme pour nous ces valeurs sont essentielles à [...] toutes nos missions, y compris celle de protection de l’environnement, aujourd’hui il faut s’opposer de toutes nos forces à l’élection de Marine Le Pen. »

Cette action est la deuxième menée par Greenpeace sur la tour Eiffel. En décembre 2013, un militant avait passé quelques heures dans une tente suspendue à la tour pour protester contre l’emprisonnement d’une trentaine de militants en Russie après une opération menée sur une plateforme pétrolière.

La tour Eiffel avait reçu près de 7 millions de visiteurs par an en 2015, un peu moins de six millions en 2016 en raison des attentats djihadistes qui ont fait 239 morts en France depuis 2015.

5 commentaires
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 5 mai 2017 09 h 29

    Lorsque l'on sait que

    Jean-François Julliard est rédacteur en chef du "Canard enchaîné" et que personne le mentionne dans l'article, on voit bien d'où vient la désinformation.

    Le 4ième pouvoir ...en mène large.!

  • Gilles Théberge - Abonné 5 mai 2017 10 h 05

    Parles de Churchill à chamberlain, qui avait négocié, mollement, une sorte d'entente Ave Hitler : "vous avez eu à choisir entre le déshonneur et la guerre, vous aurez le déshonneur et la guerre".

    Ça me fait penser un peu à ça, cette frénésie pro-Macron qui se dessine en France présentement.

    On a eu droit hier à un discours confus de madame Taubira qui se dit en désaccord avec Macron, mais qui votera pour lui... Et il y en a toute une panoplie se gens qui s'opposent à Macron, à commencer par les insoumis, les Filloniste, etc.

    Les Français veulent éviter LePen et choisissent, par défaut Macron pour éviter des projets jugés mauvais en choisissant un candidats qui a des projets qui leur répugnent tout autant.

    Ils risquent le déshonneur, et la guerre.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 mai 2017 14 h 47

      Choisir entre la peste et le choléra..

      "Les Français veulent éviter LePen et choisissent, par défaut Macron pour éviter des projets jugés mauvais en choisissant un candidats qui a des projets qui leur répugnent tout autant."-Gilles Théberge

      J'ose imaginer Théberge, que cette situation vous aidera à comprendre que la Convergence des péquistes qui tente de forcer les Solidaires à choisir entre le PQ et le Parti libéral est l'équivalent de leur demander de choisir entre la peste et le choléra.

      À bon entendeur...

      Christian Montmarquette

    • Claude Gélinas - Abonné 5 mai 2017 19 h 58

      Comme il est raisonnable de penser que la Convergence PQ/QS ne se matérialisera jamais il est également raisonnable de penser que sans alliance des oppositions le PLQ sera réélu pour 30 ans.

      C'est la dure réalité ! Mais de celà, personne à QS n'en a cure. Le parti à détester n'est pas le PLQ mais le PQ. Et vogue la galère !

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 mai 2017 20 h 33

      À Claude Gélinas,

      "Comme il est raisonnable de penser que la Convergence PQ/QS ne se matérialisera jamais il est également raisonnable de penser que sans alliance des oppositions le PLQ sera réélu pour 30 ans." - Claude Gélinas

      Vous êtes en contradiction avec tous les chiffres et les arguments rationnels et vous vous entêtez quand même a répéter les mêmes inepties.

      1) Les dernières statiques viennent de démontrer qu'il faudrait 400,000 votes de plus 2018 qu'en 2014 pour que le PQ reprenne le pouvoir, alors que le total des votes de QS est de 319,000 votes. Or donc, quand bien même QS donnerait TOUS ses votes au Parti québécois, il resterait dans l'oppostion quand même.

      2) Le dernier sondage Léger démontre que les intentions de vote de Québec Solidaire ont augmentées de 7% pendant celles du le Parti libéral ont baissées de 7%. Et ceci, alors que les intentions de vote du PQ sont demeurés stables à 25% depuis trois ans.

      Ça vous allume une lumière? 


      Ou faut-il vous aussi faire un dessin? 


      Le problème du PQ vient du fait qu'il ne mobilise pas ses propres votes et non que que QS lui volerait prétendument les siens. D'ailleurs, les votes - pas plus que la question nationale- ne sont la propriété d'aucun parti politique.


      Christian Montmarquette