Marine Le Pen à nouveau sur la sellette

Marine Le Pen
Photo: Frederick Florin Agence France-Presse Marine Le Pen

À neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle française, la levée d’immunité parlementaire de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen demandée par la justice au Parlement européen replace les affaires au coeur d’une campagne à l’issue très incertaine.

La dirigeante du Front national est visée par une enquête portant sur un système d’emplois fictifs destiné à rémunérer certains de ses collaborateurs grâce à des fonds publics de l’Union européenne.

Mme Le Pen, 48 ans, avait refusé le 10 mars de se rendre à une convocation des juges en vue d’une possible inculpation dans le cadre de cette affaire, invoquant justement son immunité d’eurodéputée.

Interrogée vendredi sur la radio FranceInfo, Marine Le Pen a relativisé la demande de levée d’immunité parlementaire des juges : « C’est normal, c’est la procédure tout à fait classique, je ne suis pas étonnée », a-t-elle dit.

Son avocat Rodolphe Bosselut s’en est en revanche « étonné » auprès de l’AFP, « puisqu’il y avait l’engagement pris par Marine Le Pen de se présenter devant les juges après les législatives [en juin], sous réserve des résultats de l’élection présidentielle ».

Fait inédit en France, cette campagne présidentielle est depuis des mois marquée par les affaires, qui ont relégué au second plan les débats. Lecandidat conservateur François Fillon a ainsi été inculpé en mars, notamment pour détournement de fonds, dans le cadre d’une enquête sur des soupçons d’emplois fictifs accordés à sa famille.

Sondages serrés

Les sondages actuels placent dans un mouchoir de poche quatre candidats : d’abord Marine Le Pen au coude à coude avec le centriste Emmanuel Macron, puis leurs deux poursuivants, François Fillon et le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, en pleine ascension. Un sondage Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde, réalisé les 12 et 13 avril, donne M. Macron et Mme Le Pen à égalité avec 22 % d’intentions de vote chacun, suivis de M. Mélenchon avec 20 % et M. Fillon à 19 %.

La demande de levée d’immunité de Mme Le Pen, envoyée fin mars, ne devrait pas aboutir avant plusieurs mois, en raison d’un long parcours procédural et des délais de traitement au sein du Parlement européen : en 2016, l’examen de la quinzaine de demandes du même ordre reçues avait pris entre quatre et huit mois.

Dans la dernière ligne droite, les candidats redoublent d’efforts pour faire la différence, d’autant que le nombre des indécis reste très élevé — un Français sur trois environ n’a pas encore décidé pour qui voter — et que, selon une enquête Ifop, seuls 68 % des inscrits se disent certains d’aller voter.

1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 15 avril 2017 09 h 53

    Manque un espace :

    Lecandidat conservateur