Unis dans le souvenir des attentats de Bruxelles

Des centaines de citoyens ont rejoint la place de la Bourse, devenue le lieu de recueillement à Bruxelles, mercredi 22 mars 2017.
Photo: Geert Vanden Wijngaert Associated Press Des centaines de citoyens ont rejoint la place de la Bourse, devenue le lieu de recueillement à Bruxelles, mercredi 22 mars 2017.

Un an après les attentats qui ont fait 32 morts dans la capitale européenne, les Bruxellois ont transformé mercredi la place de la Bourse en lieu de mémoire et d’hommage aux victimes — tandis que de l’autre côté de La Manche, un attentat manifestement terroriste était commis à Londres, devant le Parlement.

À Bruxelles, la matinée de ce 22 mars, qui marquait le premier anniversaire des pires attentats dont ait été victime la Belgique, a été consacrée aux cérémonies officielles, à l’aéroport international de Zaventem et à la station de métro Maelbeek, où trois djihadistes affiliés au groupe État islamique (EI) avaient commis leurs attaques suicides.

Elles étaient réservées aux plus hauts représentants de l’État, dont le roi Philippe et la reine Mathilde, aux dirigeants des institutions européennes, aux victimes et à leur famille, ainsi qu’aux membres des services de secours.

« Osons la tendresse », a lancé le roi Philippe, donnant le ton de la journée, dans son unique discours d’anniversaire, lors de l’inauguration d’une sculpture monumentale en mémoire des victimes érigée à proximité du siège de la Commission européenne.

Comme 12 mois plus tôt, des centaines de citoyens ont convergé dès la mi-journée vers la place de la Bourse, un lieu qui jusqu’aux attentats de 2016 accueillait plutôt les célébrations spontanées des victoires des Diables rouges, l’équipe nationale de soccer.

Je pense que les gens sont venus en paix. C’est de cela qu’ils ont envie, qu’il n’y ait plus de tueries.

Alors que les choeurs de l’Opéra de la Monnaie, située à deux pas, donnaient un récital sur les marches de l’édifice postclassique, des jeunes proposaient aux passants des « câlins gratuits ». Des anonymes dessinaient ou écrivaient des messages à la craie et d’autres déposaient des fleurs sur un grand signe « Peace » (la paix), tandis que les élèves d’une école du quartier entonnaient « Let it Be » des Beatles ou encore « Happy » de Pharrell Williams, accompagnés des battements de mains de la petite foule.

Photo: Didier Lebrun / Pool / Agence France-Presse Le roi Philippe de Belgique a inauguré mercredi une sculpture monumentale en mémoire des victimes des attentats de Bruxelles.

« Je pense que les gens sont venus en paix. C’est de cela qu’ils ont envie, qu’il n’y ait plus de tueries », a déclaré à l’AFP Fari, une fonctionnaire travaillant à Bruxelles.

Une centaine d’adeptes de l’ahmadisme, mouvement musulman messianiste, arboraient des pancartes frappées du slogan « Le terrorisme n’est pas une religion ».

En milieu d’après-midi, trois cortèges de quelques centaines de personnes ont également convergé vers la Bourse, dont l’un parti de Molenbeek, la commune bruxelloise qui fut la base arrière des auteurs des attentats de Bruxelles, mais aussi de Paris quatre mois plus tôt.

Des fidèles de la grande mosquée Attadamoun de Molenbeek portaient une banderole indiquant « Main dans la main pour vivre ensemble en paix ».

« Cela montre un visage positif de Molenbeek. Ce qu’on voulait avant tout, c’est offrir une place aux citoyens pour pouvoir exprimer leur solidarité et rendre hommage aux victimes des attentats », a expliqué à l’AFP l’une des organisatrices du rassemblement, Fatima Zibouh.



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