Un centre commercial fermé en Allemagne par crainte d’un d’attentat

Le centre commercial de Limbecker Platz était fermé samedi.
Photo: Bernd Thissen / dpa / Agence France-Presse Le centre commercial de Limbecker Platz était fermé samedi.
Alors que l’Allemagne est sur le qui-vive face à la menace d’attaques djihadistes, la police a fait fermer samedi un centre commercial à Essen, dans l'ouest du pays, par crainte d’un attentat et enquêtait sur un possible lien avec le groupe État islamique (EI), selon des médias locaux.

«L'Office de protection de la Constitution [le BfV,le renseignement intérieur] considère comme presque certains que le groupe EI est derrière cette attaque», rapporte le quotidien allemand Bild, une information également donnée par la télévision publique allemande. 

Selon le premier journal du pays, un combattant allemand du groupe EI aurait commandité l'attaque et donné des instructions via une messagerie à des Syriens de la région d'Essen pour mener une attaque samedi après-midi dans ce centre commercial. 

Si aucune saisie d'armes ou d'explosif n'était annoncée samedi à la mi-journée dans ce grand centre commercial resté fermé au public pour la journée, la police a indiqué avoir interpellé deux hommes pour les interroger sur cette affaire.

La police locale d’Essen avait commencé par annoncer au petit matin avoir des « indices concrets concernant un éventuel attentat » sur ce complexe de 200 magasins en plein centre-ville et annoncé la fermeture complète du site. 

L’alerte « ne concerne que le centre commercial de Limbecker Platz » l’un des plus grands du pays, a d’emblée prévenu la police tentant de rassurer la population de cette ville de la Rhur d’un demi-million d’habitants. 

Depuis, la police locale a investi le bâtiment appuyée notamment par des brigades canines. 

Un simple cordon de sécurité rouge et blanc en plastique maintenait les curieux à quelques mètres de distance seulement des portes vitrées du centre commercial, mais tous ses accès y compris le métro et les stationnements ont été fermés. 

À la mi-journée, une première perquisition liée à cette alerte a été menée dans un appartement d’Oberhausen, ville située à quelques kilomètres d’Essen. Son locataire, dont l’identité n’a pas été dévoilée, « est entendu », précise la police qui dit avoir ouvert une enquête criminelle depuis la veille. Un deuxième homme a été interpellé une heure après, toujours à Oberhausen, cette fois-ci dans un café internet ajoute la police. Les deux hommes ne « sont pas des suspects », précise le communiqué. 

Série d’alertes
Selon Bild, les services de renseignement allemands ont eu connaissance d’un projet « d’attaque à la bombe du centre commercial par plusieurs kamikazes ».

La police reconnaît avoir été alertée sur cette menace par un « autre service ». Mais aucun organe fédéral allemand n’a voulu confirmer participer à cette opération ni préciser la nature ou l’origine de cette menace d’attentat.

Un porte-parole du ministère de l’Intérieur allemand, Tobias Plate a indiqué à l’AFP que l’opération relevait des compétences de la police locale, tout en reconnaissant que son ministère était en « contact permanent » avec le GTAZ, le centre allemand de lutte antiterroriste, qui n’a pas de rôle opérationnel. 

La dernière, d’une série de plus en plus longue, d’alertes sécuritaires en Allemagne remonte à jeudi dernier. Dans cette même région, à Düsseldorf, un Kosovar de 36 ans qui s’est avéré souffrir de schizophrénie paranoïde, a blessé neuf personnes dans une attaque à la hache à la gare centrale de Düsseldorf, également située comme Essen et Oberhausen dans l’État région de Rhénanie du Nord-Westphalie. 

Les autorités allemandes sont aux aguets en raison de la menace djihadiste pesant sur l’Allemagne, particulièrement depuis un attentat au camion-bélier qui avait fait 12 morts en décembre à Berlin, revendiqué par le groupe Etat islamique. 

La mouvance djihadiste a connu ces deux dernières années un essor dans le pays.

Les services du renseignement intérieur estiment à environ 10 000 le nombre d’islamistes radicaux dans le pays, dont 1600 soupçonnés de pouvoir passer à la violence. 

Outre l’attaque au camion-bélier sur le marché de Noël de la capitale, le groupe EI a revendiqué en 2016 un meurtre à Hambourg (nord), un attentat à la bombe à Ansbach (sud) qui avait fait 15 blessés et une attaque à la hache dans un train en Bavière (5 blessés).