Macron accuse Moscou d’ingérence au profit de Fillon et de Le Pen

Selon les sondages, Emmanuel Macron est bien placé pour gagner la présidentielle du 7 mai.
Photo: Agence France-Presse / Stringer Selon les sondages, Emmanuel Macron est bien placé pour gagner la présidentielle du 7 mai.

Cible d’attaques informatiques et de ce qu’ils qualifient de « propagande » de médias pro-Kremlin, le candidat centriste Emmanuel Macron et ses proches soupçonnent la Russie de vouloir influencer la présidentielle française, ce que Moscou a fermement démenti.

L’entourage de l’ancien ministre de l’Économie, âgé de 39 ans, a accusé mardi la Russie de Vladimir Poutine de dénigrer son candidat et de soutenir ses principaux adversaires, le conservateur François Fillon et la patronne de l’extrême droite Marine Le Pen, tous deux partisans d’un rapprochement avec Moscou.

« Le Kremlin a choisi ses candidats, François Fillon et Marine Le Pen » et « ils font la promotion de ces deux candidatures sur des médias d’État », a affirmé Benjamin Griveaux, porte-parole du mouvement d’Emmanuel Macron « En Marche ! », sur la chaîne iTELE.

Dans son viseur, l’agence de presse Sputnik, et surtout la chaîne de télévision multilingue Russia Today (RT), qui renforce actuellement son service en français : « deux sites financés à 100 % par le Kremlin et qui, objectivement, font une campagne de dénigrement de la candidature d’Emmanuel Macron », selon lui.

Très présents sur Internet, ces médias d’État russes destinés aux opinions publiques étrangères avaient déjà été accusés d’avoir pilonné la démocrate Hillary Clinton au profit de Donald Trump, son rival républicain dans la course à la Maison-Blanche, lui aussi partisan d’un rapprochement avec Moscou.

Comme aux États-Unis

Développés ces dernières années à l’international avec pour objectif de faire entendre « le point de vue » de la Russie, ces médias font, selon leurs détracteurs, de la « propagande » sur des dossiers internationaux comme la guerre en Syrie ou l’avenir de l’Union européenne.

Dans une tribune au journal Le Monde intitulée « Ne laissons pas la Russie déstabiliser la présidentielle en France ! », le secrétaire général d’En Marche !, Richard Ferrand, a réitéré ces accusations contre Moscou, RT et Sputnik.

Ces deux derniers « s’acharnent à répandre sur Emmanuel Macron les rumeurs les plus diffamatoires. Un jour, il est financé par “le riche lobby gay”, un autre, il est un “agent américain au service du lobby bancaire” », a-t-il déploré en demandant au gouvernement de « garantir le déroulement démocratique normal de l’élection ».

Comme RT et Sputnik, le Kremlin a dénoncé mardi ces accusations « absurdes » d’ingérence.

« Nous n’avons pas et nous n’avons jamais eu l’intention de gêner les affaires intérieures d’un pays, encore moins son processus électoral », a déclaré aux journalistes son porte-parole, Dmitri Peskov. Selon lui, « Moscou n’a jamais fait cela officiellement et ne le fera pas à l’avenir ».

Attaques informatiques

L’équipe de M. Macron, lequel est bien placé, à en croire les sondages, pour l’emporter à la présidentielle le 7 mai, s’interroge aussi sur de nombreuses attaques informatiques contre son site de campagne.

Mardi matin, une nouvelle attaque a paralysé les serveurs pendant une dizaine de minutes. Près de 4000 attaques ont été menées depuis un mois, selon l’équipe de M. Macron.

« On essaie de rentrer informatiquement pour récupérer les données de nos 185 000 adhérents, pour avoir accès aux échanges de mails qui se font au sein de l’équipe ou alors pour avoir accès à des informations confidentielles sur la stratégie de campagne », a rapporté M. Griveaux.

« La moitié des attaques, et on en a quelques centaines par jour, proviennent d’Ukraine, dont on sait les liens qu’elle a évidemment avec les hackers et les personnes responsables de cyberattaques présents en Russie », a-t-il accusé.