Attaque «à caractère terroriste» contre des militaires à Paris

Des militaires ont été attaqués près du Musée du Louvre à Paris.
Photo: Alain Jocard Agence France-Presse Des militaires ont été attaqués près du Musée du Louvre à Paris.

Le spectre d’une attaque « terroriste » a ressurgi en plein Paris : un homme a agressé vendredi à la machette des militaires à l’entrée du musée du Louvre au cri d’« Allah Akbar », avant d’être grièvement blessé par l’un des soldats.

Les motivations de l’auteur restent à déterminer. Mais il s’agit d’un « acte dont le caractère terroriste ne fait guère de doute », a déclaré le président français François Hollande, soulignant que le pays devait « faire face » à une « menace » persistante. Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête.

Et une perquisition était en cours vendredi après-midi rue de Ponthieu, au cœur du triangle d’or de la capitale, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

L’attaque s’est produite à 9 h GMT à l’entrée de la très touristique galerie du Carrousel du Louvre donnant accès au musée le plus fréquenté du monde. Un militaire a été légèrement touché au cuir chevelu tandis que l’assaillant a été grièvement blessé au ventre.

L’assaillant, « armé d’au moins une machette », s’est précipité sur la patrouille de quatre hommes, a proféré des menaces et crié « Allah Akbar » (Dieu est le plus grand, en arabe). L’un des militaires a tiré « cinq balles » et atteint au ventre l’assaillant, a déclaré le préfet de police de Paris, Michel Cadot.

À la mi-journée, il était au bloc opératoire, son pronostic vital engagé, selon une source proche de l’enquête.

« On a vu les clients dans la salle qui couraient, on a su tout de suite que c’était quelque chose de sérieux. On a couru, on est sorti dehors. On a pensé à notre vie, on a vu la mort arriver avec tout ce qui se passe en ce moment, on a eu vraiment, vraiment peur », a témoigné auprès de l’AFP une employée d’un restaurant dans la galerie du Louvre.

Les deux sacs à dos que l’agresseur portait ne contenaient pas d’explosifs, selon le préfet.

Menace bien présente
« La menace est là, elle demeure et nous devons y faire face », a réagi le président socialiste François Hollande, rendant hommage au « courage » et à la « détermination » des militaires attaqués.

     

La France a été frappée en 2015 et 2016 par une série d’attentats djihadistes, parfois de masse, qui ont fait 238 morts et des centaines de blessés. Plusieurs de ces attaques ou tentatives ont visé des militaires ou des policiers.

Conséquence directe, le tourisme a fortement diminué l’an dernier dans le pays et en particulier à Paris. L’agression au Louvre survient le jour même où la Ville lance dans la soirée sa campagne pour l’élection de la ville hôte des Jeux de 2024, avec la tour Eiffel illuminée en toile de fond.

   

Un millier de personnes, dont quelque 250 personnes dans le musée au moment de l’attaque, ont été confinées pendant plusieurs heures avant de pouvoir sortir.

   

« J’étais dans les escaliers quand j’ai entendu des coups de feu. C’était bizarre, personne ne savait quoi faire, j’ai vu des gens courir, tout le monde était paniqué », raconte Svetlana, une architecte travaillant dans la galerie, qui s’est cachée dans un vestiaire après avoir entendu les coups de feu.

 
Le musée rouvrira samedi, a indiqué la ministre de la Culture Audrey Azoulay.
 

Les candidats à la présidentielle prévue les 23 avril et 7 mai ont réagi à cette attaque avec un hommage unanime aux forces de sécurité et le président socialiste, François Hollande, a salué « le courage et la détermination » des militaires. Quelque 3500 soldats patrouillent quotidiennement dans la capitale et ses environs.

État d’urgence encore en vigueur

La France est placée sous le régime exceptionnel de l’état d’urgence depuis les attentats de novembre 2015. Le pays vit dans la crainte de nouvelles attaques en dépit d’un dispositif sécuritaire drastiquement renforcé.

Le groupe État islamique, qui perd du terrain en Irak et en Syrie où il a proclamé un califat en 2014, menace régulièrement la France de représailles pour sa participation à la coalition militaire internationale dans ces deux pays.

Le groupe EI a appelé en outre à frapper les « mécréants » partout où cela est possible.

Parmi les dernières attaques recensées en France, un Tunisien avait foncé le 14 juillet dans une foule rassemblée sur la promenade des Anglais à Nice, faisant 86 morts. Le 13 novembre 2015, une série d’attaques djihadistes avait fait 130 morts dont 90 dans la salle de concert du Bataclan à Paris.

 

Le France est «à cran», selon Trump

Le président américain Donald Trump a estimé vendredi que la France était « de nouveau à cran » après la nouvelle attaque proche du musée du Louvre.

« Un autre terroriste islamique radical vient juste d’attaquer le musée du Louvre à Paris. Les touristes ont été placés en confinement », a tweeté M. Trump. « La France est de nouveau à cran. Réagis, États-Unis. »