Benoît Hamon confirme son avance au dernier débat de la gauche

Révélation de la campagne des primaires devenu favori, Benoît Hamon a défendu sa proposition phare, celle d’un revenu universel garanti.
Photo: Kamil Zihnioglu Agence France-Presse Révélation de la campagne des primaires devenu favori, Benoît Hamon a défendu sa proposition phare, celle d’un revenu universel garanti.

Dans un débat parfois tendu mais pas aussi tranchant que prévu, les deux finalistes de la primaire de la gauche ont joué leur va-tout mercredi soir en France. À trois jours du choix du candidat, le favori, Benoît Hamon, a confirmé ses chances de l’emporter dimanche. Le candidat de la gauche radicale du Parti socialiste n’a pas été déstabilisé malgré les attaques de Manuel Valls sur la laïcité, la dette et le coût de ses promesses.

Ce dernier, qui n’avait rien à perdre après une campagne calamiteuse, a accusé Benoît Hamon de ne pas avoir voté pour la loi antiterroriste, le prolongement de l’État d’urgence et même la loi de programmation militaire. Selon un sondage réalisé pour BFM-TV, 60 % des téléspectateurs ont estimé que Benoît Hamon avait remporté l’échange, contre 37 % pour Manuel Valls. Auprès des sympathisants de gauche, Manuel Valls ne l’emporte que sur la sécurité, alors que Benoît Hamon apparaît plus crédible sur le travail et l’écologie. Sur la laïcité, les sympathisants de gauche sont coupés au couteau.

Pour la plupart des analystes, à moins d’un miracle, il est peu probable que la prestation de Manuel Valls lui permette de rattraper son retard. Arrivé second au premier tour, l’ancien premier ministre jouit de très peu de reports du côté des candidats tiers. Seule une participation exceptionnelle pourrait lui permettre de renverser la tendance.

Sur la laïcité, la dette et le travail, les deux hommes ont étalé des divergences profondes qui semblent illustrer les « deux gauches irréconciliables » qu’avait déjà diagnostiquées Manuel Valls. Benoît Hamon a défendu sa proposition phare, celle d’un revenu universel garanti qui tient pour acquis que « la révolution technologique va détruire les emplois ». Ce projet de 450 milliards d’euros par année est qualifié d’« illusion » par Manuel Valls, qui se présente au contraire comme « le candidat du travail ». L’ancien premier ministre parle d’« abdication » devant le chômage. Interrogé sur la dette, Benoît Hamon a répondu sans détour : « Si c’est votre priorité, ce n’est pas la mienne. »

Deux visions de la laïcité

L’affrontement le plus viril s’est déroulé sur la laïcité. Benoît Hamon estime que celle-ci a été « utilisée comme un glaive contre nos compatriotes musulmans » et qu’elle ne doit pas être « la religion de ceux qui n’ont pas de religion ». Au contraire, Manuel Valls soutient que « la laïcité est une conviction. […] J’ai vu la montée des communautarismes, des fondamentalismes. […] Il ne peut y avoir le moindre accommodement » avec l’islamisme radical, dit-il. L’ancien premier ministre a souligné qu’en 2010 Benoît Hamon s’était exprimé contre la loi interdisant le voile intégral dans les lieux publics.

Interrogé sur les deux autres candidats de gauche qui se présentent directement à cette présidentielle (sans passer par la primaire), Benoît Hamon s’est dit plus proche du candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon. Au contraire, Manuel Valls se dit plus proche d’Emmanuel Macron, car « nous avons gouverné ensemble », dit-il.

La plupart des analystes ont de la difficulté à imaginer comment les deux hommes pourront travailler ensemble après le vote de dimanche. Plusieurs n’hésitent pas à envisager une scission dans un Parti socialiste que François Hollande laisse dans un état qui n’a jamais été aussi calamiteux depuis l’élection de François Mitterrand. Pour le directeur du magazine Le Point, Franz-Olivier Giesbert, le grand gagnant de cette primaire pourrait être Emmanuel Macron.


Une enquête sur la femme du candidat de droite Fillon

Le candidat de droite à la présidentielle française, François Fillon, a été éclaboussé mercredi par l’ouverture d’une enquête visant son épouse, suspectée d’avoir bénéficié d’un emploi fictif comme attachée parlementaire de son mari. L’enquête a été notamment ouverte pour « détournement de fonds publics », à moins de trois mois du premier tour de la présidentielle pour laquelle François Fillon est l’un des favoris. Au coeur de la polémique, le fait que Penelope Fillon, sans profession connue et toujours en retrait des activités politiques de son mari, ait « perçu environ 500 000 euros bruts » entre 1998 et 2012, soit jusqu’à 7900 euros bruts par mois, en tant qu’attachée parlementaire de son mari, puis de son suppléant à l’Assemblée nationale, Marc Joulaud, selon l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, qui met en doute la réalité de son travail. François Fillon a assuré mercredi soir que l’ouverture d’une enquête allait permettre « de faire taire cette campagne de calomnie et de mettre un terme à ces accusations dénuées de tout fondement ». Agence France-Presse
3 commentaires
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 26 janvier 2017 08 h 59

    J'ai bien aimé Hamon mais...

    sa position sur la laïcité?...il parle de musulmans et Valls d'islamisme...peut-être faut-il nuancer leurs propos un peu plus et nous expliquer.

  • Colette Pagé - Inscrite 26 janvier 2017 11 h 27

    Le népotisme !

    Une exception française qui permet à des proches de profiter des avantages découlant des fonctions d'un élu. Une forme de patronage qui est désormais devenue la norme dans l'entourage du Président Trump : gendre et fils conseillèront le Président sans oublier un oeil beinveillant relativement à la protection de ses intérêts privés.

    Un mélange explosif des genres qui sera scruté par les journalistes d'enquête et qui pourrait lui valoir bien des ennuis pouvant aller jusqu'à son départ obligé de ses fonctions afin d'éviter l'empachement.

  • Clermont Domingue - Abonné 26 janvier 2017 14 h 01

    Dette, dette, dette.....

    Intérogé sur la dette. monsieur Hamon a répondu.* Si c'est votre priorité, ce n'est pas la mienne.* Il a raison,la dette publique n'est pas un problème, elle est une solution.Tant que les citoyens considéreront que dette publique et dette privée c'est la même chose, ils se feront flouer.
    Est-ce que Justin et Donald se soucient des dettes de leurs pays?
    La peur du déficit, c'est le baton dont se sert Couillard et compagnie pour que les petits se serrent la ceinture et acceptent des diminutions de services afin que les mieux nantis paient moins d'impôt.

    On peut vivre sans travail, mais on ne peut pas vivre sans argent.Or, d'où vient l'argent?
    1-Des salaires.
    2- Des emprunts.
    3- Des rendements des placements.
    Salaires: Les emplois se raréfient et les salaires stagnent.
    Emprunts: Si les taux sont bas,ça vous permet de combler vos besoins.Si les taux montent, vous vous serrerez la ceinture pour transférer une partie de votre paie dans les coffres de votre banque.
    Placements: L'inflation boursière permettra aux détenteurs d'actions de s'enrichir.Elle permettra aussi aux régimes de retraite de prospérer. Si les taux sont hauts,les épargnants se réjouiront. Si les taux sont bas, les jeunes en profiteront.

    Ce système favorise la croissance des inégalités et la révoltes de bien des jeunes.
    Il faut que les gouvernements recourrent à la dette publique pour rétablir l'équité.
    La dette publique, le gouvernement dispose de quelques siècles pour l'augmenter.
    Votre dette privée vous devrez la rembourser. La dette publique ne sera jamais remboursée. Si elle devient trop lourde à porter pour les citoyens, le gouvernement pourra recourir aux taux d'intérêt négatifs.