François Hollande se rendra en Irak lundi

Le président français, François Hollande
Photo: Olivier Morin Agence France-Presse Le président français, François Hollande

Paris — Le président français François Hollande a annoncé samedi soir qu’il se rendrait lundi en Irak pour « saluer » les soldats français dans ce pays, ensanglanté le jour même par un nouvel attentat qui a fait une trentaine de morts sur un marché de Bagdad.

« Nous n’en avons pas terminé avec le fléau du terrorisme » qu’il « nous faudra continuer à combattre », a lancé le chef de l’État français, lors de ses voeux télévisés du Nouvel an, les derniers de son quinquennat.

« C’est le sens de nos opérations militaires au Mali, en Syrie, en Irak ; Irak où je me rendrai après-demain [lundi] pour saluer nos soldats », a-t-il déclaré.


Opération internationale

François Hollande a effectué sa première visite en Irak le 12 septembre 2014, promettant alors un concours militaire accru de la France dans la lutte contre le groupe armé État islamique (EI).

Après une rencontre avec les autorités irakiennes à Bagdad, il s’était rendu à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, visitant un camp de réfugiés.

Quelques jours plus tard, la France s’engageait au sein de la coalition militaire contre le groupe EI conduite par les Américains.

Le volet français de cette opération internationale, baptisé Chammal, a mobilisé jusqu’à 4000 soldats français lorsque le porte-avions Charles de Gaulle — rentré à son port d’attache mi-décembre — et son escorte en constituaient le pivot.

Depuis son élection en mai 2012, le président socialiste a multiplié les opérations militaires : Serval au Mali, en janvier 2013, Sangaris en Centrafrique en décembre 2013, Chammal, d’abord en Irak puis en en Syrie à compter de septembre 2015.

Il a également engagé les armées sur le territoire national dans le cadre de l’opération Sentinelle déclenchée après les attentats jihadistes sanglants de 2015.

Le chef de l’État est revenu sur les attentats qui ont endeuillé la France en 2016, disant aussi savoir « l’inquiétude » des Français « face à cette menace terroriste qui ne faiblit pas, comme, hélas, en témoigne ce qui s’est produit à Berlin », où douze personnes ont péri lors d’une attaque au camion bélier sur un marché de Noël.

Mais « vous pouvez être fiers de vous », a lancé M. Hollande aux Français. « Les terroristes voulaient vous diviser, vous séparer, vous effrayer. Vous avez montré que vous étiez plus forts rassemblés, solidaires et unis. Vous n’avez pas cédé aux amalgames, aux stigmatisations, aux vaines querelles », a-t-il ajouté.

Ferme sur le climat
Le président français François Hollande a profité de vœux télévisés du Nouvel An pour avertir Donald Trump que « la France ne laissera personne, ni aucun État » remettre en cause l’accord de Paris sur le climat.

« Je vous l’affirme, la France ne laissera personne, ni aucun État, fût-il le plus grand, remettre en cause cet acquis majeur de la communauté internationale », a déclaré M. Hollande, dans un message direct au président élu des États-Unis qui avait menacé « d’annuler » l’accord adopté fin 2015 par 195 pays, à l’issue de la COP21.

Présidentielle de 2017
À quatre mois de l’élection présidentielle en France, le président François Hollande a aussi mis en garde contre une victoire de l’extrême droite lors de ce scrutin, en estimant que « ce ne serait plus la France ».

« Comment imaginer notre pays recroquevillé derrière des murs, réduit à son seul marché intérieur, revenant à sa monnaie nationale et en plus, en plus discriminant ses enfants selon leurs origines ? », s’est interrogé le chef de l’État français, sans toutefois nommément citer Marine Le Pen, la présidente du parti d’extrême droite Front National.

« Mais ce ne serait plus la France ! », a estimé M. Hollande, qui ne se représente pas en 2017.

Il s’en est aussi pris au candidat de la droite François Fillon, accusé de vouloir « brutaliser la société », et a lancé un avertissement à la gauche, dont « la dispersion » risque d’entraîner son « élimination » dès le premier tour de la présidentielle en avril 2017.

Sept candidats sont en lice pour la primaire de la gauche organisée par le Parti socialiste, qui doit se tenir les 22 et 29 janvier prochains.

« En cette fin d’année, ce que nous croyons acquis, parfois pour toujours, la démocratie, la liberté, les droits sociaux, l’Europe et même la paix, tout cela devient vulnérable, réversible. On l’a vu au Royaume-Uni avec le Brexit et aux États-Unis lors de l’élection du mois de novembre. On le voit sur notre continent, à travers la montée des extrémismes », a aussi souligné le chef de l’État.

L’élection présidentielle doit avoir lieu les 23 avril et 7 mai 2017.