Les pirates de l’air se sont rendus

Les passagers ont été évacués de l’avion à Malte.
Photo: Jonathan Borg La Presse canadienne Les passagers ont été évacués de l’avion à Malte.

Deux hommes armés d’une grenade et de deux pistolets factices ont détourné, vendredi, un avion libyen vers l’aéroport de La Valette, où ils ont peu à peu libéré sains et saufs 117 passagers et membres d’équipage, avant de se rendre.

« Les derniers membres d’équipage quittent l’avion avec les pirates », a annoncé dans l’après-midi le premier ministre maltais, Joseph Muscat, qui a communiqué sur Twitter pendant toute l’opération. « Les pirates de l’air se sont rendus, ils ont été fouillés et placés en détention », a-t-il ajouté.

Selon le ministre des Affaires étrangères du gouvernement d’union nationale (GNA), Taher Siala, les pirates de l’air sont des partisans de l’ancien régime de Mouammar Kadhafi qui réclament l’asile politique à Malte et veulent annoncer la création d’un parti pro-Kadhafi.

Selon des images de télévision, l’un des deux pirates est sorti de l’avion durant quelques instants en brandissant le drapeau vert de la Libye sous Kadhafi.

Mais, lors d’un point presse tenu à la fin de la crise, M. Muscat a démenti que les deux pirates de l’air, « probablement de nationalité libyenne », aient demandé l’asile.

Faussaires

 

Les premiers éléments de l’enquête « montrent que les armes utilisées, identiques, étaient des faux », a affirmé le gouvernement maltais dans un communiqué, précisant que la fouille de l’avion se poursuivait pour confirmer qu’aucun explosif ni arme ne s’y trouvaient.

L’avion, un Airbus A320 de la compagnie Afriqiyah Airways, était parti de Sabha, dans le sud de la Libye, avec 28 femmes, un bébé et 82 hommes, en plus des 6 membres d’équipage, en direction de Tripoli.

Mais les pirates ont obligé le pilote à poursuivre environ 350 km plus au nord, jusqu’à Malte. M. Muscat avait indiqué qu’ils avaient été appréhendés en possession d’une grenade et d’un pistolet et qu’un autre pistolet avait été retrouvé dans l’avion.

L’appareil a atterri à 11 h 34 (heure locale) à l’aéroport international Luqa et a été rapidement isolé, entouré de militaires.

Des négociations ont été entamées avec les deux pirates de l’air. Ils « ont été informés qu’ils devaient libérer tous les passagers s’ils voulaient discuter. Cela a fait l’objet d’une négociation et cela a été accepté. »

Une heure et demie après l’atterrissage, 25 femmes et le bébé ont pu descendre de l’avion. Rapidement, la totalité des passagers ainsi que deux membres d’équipage ont suivi.

Selon un correspondant de l’AFP sur place, les passagers sont descendus calmement de l’avion, sans courir ni crier. Une heure plus tard, les autres membres d’équipage étaient libres et les preneurs d’otages en détention.

L’aéroport a été fermé plusieurs heures et les vols en provenance notamment de Londres, Bruxelles et Paris ont été déroutés, avant de pouvoir à nouveau emprunter la piste.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 et plusieurs milices se disputent le contrôle du territoire, en dépit de l’installation d’un gouvernement d’union nationale (GNA), soutenu par la communauté internationale.


Photo: Matthew Mirabelli Agence France-Presse Selon un correspondant de l’AFP sur place, les passagers sont descendus de l’avion très calmement, sans courir ni crier.

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