Une solution pour Chypre est à portée de main, selon Londres

Boris Johnson, désormais ministre des Affaires étrangères, a rencontré son homologue chypriote, Ioannis Kasoulides, le 30 novembre à Nicosia.
Photo: Petros Karadjias Associated Press Boris Johnson, désormais ministre des Affaires étrangères, a rencontré son homologue chypriote, Ioannis Kasoulides, le 30 novembre à Nicosia.

Nicosie — Les dirigeants chypriotes peuvent dépasser leurs différends dans les négociations de paix en faisant preuve de « souplesse », a affirmé mercredi le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson lors d’une visite sur l’île méditerranéenne divisée.

« Je salue les progrès réalisés ces derniers mois, le courage et la détermination qui sont affichés des deux côtés », a déclaré M. Johnson après s’être entretenu avec les dirigeants chypriotes grec et turc.

« Je suis convaincu qu’avec davantage de souplesse et de créativité des deux côtés, une solution peut être trouvée », a assuré le chef de la diplomatie britannique aux journalistes.

La visite de M. Johnson intervient quelques jours après la tenue en Suisse de négociations de paix entre les dirigeants chypriotes, Nicos Anastasiades et Mustafa Akinci, qui se sont soldées par un échec après avoir suscité « de très importants espoirs ».

Par ailleurs, M. Johnson a affirmé que l’engagement de la Grande-Bretagne pour Chypre « reste solide comme le roc ».

Si le Royaume-Uni a fait le choix de quitter l’Union européenne sur le plan institutionnel, « nous n’abandonnons en aucun cas l’Europe », a-t-il souligné.

Chypre est divisée depuis l’invasion en 1974 par l’armée turque de la partie nord de l’île en réaction à un coup d’Etat visant à rattacher le pays à la Grèce.

La République de Chypre, membre de l’Union européenne depuis 2004, n’exerce son autorité que sur la partie sud, où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent au nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) a été autoproclamée et n’est reconnue que par Ankara.

Ces derniers jours, l’ONU a tenté de ranimer les négociations, son secrétaire général Ban Ki-moon appelant les dirigeants — qui négocient depuis mai 2015 — à ne pas rater « une opportunité historique » pour la paix.

Ancienne puissance coloniale, le Royaume-Uni dispose de deux bases militaires à Chypre, et a le statut de « garant » de la sécurité de l’île, tout comme la Grèce et la Turquie.