Libre échange Canada-UE : la Wallonie approuve l’entente

Une motion du parlement demandant au chef du gouvernement wallon, Paul Magnette, de «donner délégation» au gouvernement fédéral pour qu'il appose la signature de la Belgique au CETA a été approuvée par 58 voix «pour» et 5 «contre».
Photo: Bruno Fahy / Belga / Agence France-Presse Une motion du parlement demandant au chef du gouvernement wallon, Paul Magnette, de «donner délégation» au gouvernement fédéral pour qu'il appose la signature de la Belgique au CETA a été approuvée par 58 voix «pour» et 5 «contre».

Le parlement de la Wallonie a finalement accepté vendredi après-midi la signature de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.
 

Cinquante-huit parlementaires wallons ont voté en faveur de l’entente, tandis que cinq votaient contre.
 

Le président du parlement, André Antoine, a lancé que « l’Europe passe par la Wallonie ».
 

L’assemblée prévient toutefois qu’elle « procédera à intervalles réguliers à une évaluation notamment des effets socio-économiques et environnementaux de l’application provisoire de l’accord […] tel que complété », selon le quotidien Le Soir.
 

La motion rappelle également que la Belgique demandera à la Cour européenne de Justice de se pencher sur la compatibilité du mécanisme de règlement des différends avec les traités européens.
 

La Wallonie était le seul obstacle à la signature d’un ambitieux pacte commercial qui doit lier 35 millions de Canadiens à 500 millions d’Européens.
 

Les changements demandés par la Wallonie devront être acceptés par les 27 autres pays de l’UE.
 

Les partisans de l’entente affirment qu’elle générera des milliards de dollars en échanges commerciaux additionnels. L’UE assure qu’elle ne menacera en rien ses normes sociales, environnementales et du travail.
 

Les politiciens de la Wallonie craignaient que l’accord, tel que proposé au départ, contrevienne aux normes du travail, environnementales et de consommation.
 

Le premier ministre canadien Justin Trudeau devait se rendre à Bruxelles jeudi pour signer l’entente, mais ce déplacement a maintenant été reporté à plus tard.


Plus de détails suivront.

 

2 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 28 octobre 2016 11 h 41

    Wallonie 1, Québec 0


    Le PM Couillard s'est félicité que le Québec ait participé à l'élaboration de cette entente, un projet initié par deux ex-premiers ministres du Québec, Jean Charest et Pierre-Marc Johnson, parce qu'il est intervenu auprès de la Wallonie pour souligner leurs ressemblances. Puis s'annonce lorsque le temps viendra de signer.

    Or ce PM n’apposera pas sa signature au nom du Parlement du Québec. Il y sera en plante verte pour se faire voir.

    Après la Première Guerre mondiale, les États-Unis ont insisté pour que le Canada soit signataire, aussi la Nouvelle-Zélande et l’Australie, au Traité de paix à cause de sa participation à cette guerre. Il fut signataire, ce qui eut des suites, la principale étant le Statut de Westminster de 1931 qui reconnut le Canada pays souverain.

    Si ce que dit le PM Couillard est si important, il devrait aller de soi que des Parlements d’Europe, voire l’UE, insistent pour que le Parlement du Québec soit signataire, ce qui impliquerait que le Parlement du Québec se prononce, après étude, sur l’opportunité de donner son aval à cette signature, y compris à la proposition canadienne.

    Sans de ces analyses et ces décisions, contrairement au peuple wallon, le peuple québécois se verra imposer cette entente.

    Si cette imposition sourit au PM Couillard, il y a là tout pour ne pas être fier de lui et tout autant de pseudo représentants du Québec que furent Charest, Johnson, Dion et Trudeau-fils.

    Et tout aussi pour inciter que la France, la Belgique et d’autres pays respectueux du peuple québécois exigent que le Parlement du Québec soit signataire, une démarche qu'il revient aux trois pafrtis d'opposition qui représentent 58 % des électeurs et électrices émanant du peuple québécois.

    S'ils ne le font pas, ils participeront à cet accord les yeux bandés et la bouche cousue.

  • Nadia Alexan - Abonnée 28 octobre 2016 13 h 30

    L'acceptation wallonne de l'AECG n'est pas un cadeau!

    L'acceptation wallonne de l'Accord commercial Canada-Europene n'est pas un cadeau pour le Canada: le pacte proposé par le Canada avec l'Union européenne était assez mauvais avant sa ratification. Il est pire maintenant. Cet Accord commercial a permis aux entreprises étrangères de passer outre les lois nationales sur l'environnement.

    Mais même si les tribunaux des investisseurs sont mis au rebut, il y a encore beaucoup d'autres problèmes avec l'AECG.

    Une étude réalisée en 2010 par le Centre canadien de politiques alternatives estime que la suppression des droits de douane sur les voitures et les camions européens auraient coûté à l'industrie canadienne de l'automobile la disparition d'entre 28,000 et 150,000 emplois.

    De plus, les règles sur les brevets pharmaceutiques envisagés par le traité finiraient par coûter plus cher, à la fois les consommateurs individuels et les gouvernements provinciaux jusqu'à 1,6 milliard $ chaque année, ce qui rendra encore plus difficile à mettre en place un plan national d'assurance médicaments.