Deux arrestations après la découverte de bonbonnes de gaz dans une voiture

La sécurité était renforcée près de la cathédrale Notre-Dame à l'occasion de la fête de L'Assomption, en août dernier.
Photo: Alain Jocard Agence France-Presse La sécurité était renforcée près de la cathédrale Notre-Dame à l'occasion de la fête de L'Assomption, en août dernier.

Une voiture contenant plusieurs bonbonnes de gaz trouvée le week-end dernier au coeur de Paris, sans dispositif de mise à feu : une découverte suspecte qui a déclenché, sur fond de menace d’attentats, une enquête antiterroriste et l’arrestation de deux personnes.

Ces deux suspects étaient en garde à vue mercredi, a-t-on appris de sources policières et proches de l’enquête. Il s’agit du propriétaire de la voiture et d’un membre de son entourage, identifiés puis arrêtés mardi. Ils sont tous les deux connus des services de renseignement, selon une source policière.

Cette affaire dans une France en état d’urgence est prise au sérieux près de deux mois après l’attentat de Nice et les investigations se poursuivent dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet antiterroriste pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Les enquêteurs antiterroristes et les services de renseignements ont été saisis dimanche après le témoignage d’un employé de bar qui avait remarqué la présence d’une bouteille de gaz sur un siège d’une voiture, feux de détresse allumés et sans plaques d’immatriculation, selon une source policière.

Cette bonbonne était vide. Mais les policiers ont découvert dans le coffre cinq autres bouteilles de gaz pleines, a précisé une source proche de l’enquête. À l’intérieur, les enquêteurs n’ont toutefois retrouvé aucun système de mise à feu.

La voiture était stationnée dans une petite rue de la capitale, non loin du quai de Montebello, en face de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, selon une source policière.

Le spectre des véhicules piégés

La France est aux prises avec une menace terroriste élevée après une succession d’attentats djihadistes pour la plupart revendiqués par le groupe État islamique (EI) depuis début 2015, et d’autres projets avortés ou déjoués.

En mai, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar, avait mentionné devant une commission de l’Assemblée nationale le risque d’« une nouvelle forme d’attaque » avec « le dépôt d’engins explosifs » dans des lieux rassemblant une foule importante.

Devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats, il s’est aussi dit « persuadé » que les djihadistes « monteront en puissance » en passant au stade « des véhicules piégés et des engins explosifs ». « Dès qu’ils auront projeté sur notre territoire des artificiers, ils pourront éviter de sacrifier leurs combattants tout en créant le maximum de dégâts », disait-il redouter.

La France a basculé dans l’ère de la violence djihadiste les 7, 8 et 9 janvier 2015 lors des attentats contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts.

Le 13 novembre 2015, 130 personnes ont été tuées lors des attentats les plus meurtriers jamais commis en France. Le 14 juillet dernier, à Nice, un nouvel attentat de masse a fait 86 morts quand un Tunisien a foncé à bord d’un camion sur la foule rassemblée sur la promenade des Anglais pour assister au feu d’artifice de la fête nationale.

La France est une cible de choix pour le groupe État islamique. Plusieurs dizaines de Français ont rejoint ou ont cherché à se joindre à l’organisation djihadiste et Paris est régulièrement menacé de représailles pour sa participation à la coalition internationale qui la combat en Syrie et Irak.

4 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 7 septembre 2016 08 h 31

    Quelle police!

    Ça prend un employé de bar pour dénicher par hasard ces bonbonnes en plein Paris! Pas fort la police française et le renseignement!

    M.L.

    • Louis Gérard Guillotte - Abonné 7 septembre 2016 10 h 34

      Pas fort-fort votre déduction et,conséquemment,votre conclusion!!
      Ayant été alertée dimanche de la présence de cette voiture-bombonne
      aux clignotants d'urgence fonctionnant comme inlassablement,lesquels
      sont habituellement utilisés pour signaler un stationnement rapido-presto ou une panne de moteur,les familiers du bar auront observé l'in-
      congrue présence de cette auto,comme laissée à elle-même??Au bar,on
      aura eu la curiosité de savoir ce qu'il en était de cette bagnole comme
      abandonnée sous le vitrines.Laissez-moi vous dire qu'apprenant la pré-
      sence d'une bombonne la police n'aura pas attendu à lundi ou mardi pour
      vérifier l'exactitude de l'information et ouvrir la valise du véhicule suspect.
      Même sans l'aide de la précieuse plaque d'immatriculation,la police n'aura
      mis que 24-36 heures pour extirper,dans une population de 10 millions
      d'habitants,le propriétaire anonyme du véhicule.Je suis d'avis que cette
      police,s'étant assuré de l'inoffensive présence,l'aura laissée là sous une
      étroite surveillance,pendant qu'elle procédait "allègrement" au pistage du-
      dit propriétaire pour le moins négligent.
      Pensez-y M.Lebel:une aiguille dans une botte de foin de 10 millions d'ha-
      bitants!!

  • Pierre Robineault - Abonné 7 septembre 2016 09 h 16

    Pas fort non plus ...

    En somme, pas forts non plus tous ces clients du bar qui se sont peut-être appuyés sur cette voiture, obligés qu'ils étaient de sortir pour fumer, pas forts tous les passants dans ce coin de Paris ... Et pas très fort non plus en tant que commentaire, monsieur Lebel!

  • Michel Lebel - Abonné 7 septembre 2016 13 h 43

    Le sérieux (sic)...


    Ce coin très peuplé de Paris est normalement très surveillé par la police et est aussi quadrillé par l'armée. Je ne connais évidemment pas les détails de l'affaire, mais si je me fie au sérieux (sic) de la police de Nice le soir des attentats, il me semble légitime d'avoir quelques doutes sur le sérieux (sic) ici de la policie parisienne.

    M.L.