Poutine accuse l’Ukraine de terrorisme en Crimée

Pour le président russe, Vladimir Poutine, «les gens qui se sont emparés du pouvoir à Kiev sont passés à la terreur».
Photo: Vasily Maximov Agence France-Presse Pour le président russe, Vladimir Poutine, «les gens qui se sont emparés du pouvoir à Kiev sont passés à la terreur».

Le président Vladimir Poutine a accusé mercredi les autorités ukrainiennes « d’être passées à la terreur » après l’annonce par les services secrets russes d’« attentats terroristes » déjoués en Crimée et préparés, selon Moscou, par l’Ukraine.

Les services secrets russes (FSB) ont affirmé mercredi avoir « déjoué en Crimée des attentats terroristes ayant pour cible des éléments cruciaux de l’infrastructure de cette péninsule » annexée en 2014 par la Russie et qui visaient à « déstabiliser la situation ».

Le FSB a accusé Kiev d’avoir préparé plusieurs incursions de « saboteurs-terroristes » début août en Crimée qui se sont soldées par des affrontements armés et ont coûté la vie, selon Moscou, à un agent du FSB et un militaire russe.

Le président ukrainien, Petro Porochenko, a rejeté toutes les accusations en les qualifiant d’« absurdes et cyniques ».

Mais pour le président Poutine, « les gens qui se sont emparés du pouvoir à Kiev sont passés à la terreur ».

« Cette tentative de provoquer une flambée de violences est un jeu très dangereux », a déclaré M. Poutine lors d’une conférence de presse au Kremlin, en évoquant la prochaine mise en place d’« importantes mesures supplémentaires » pour assurer la sécurité de la péninsule.

« Dans ces conditions, une rencontre au format Normandie [France, Allemagne, Russie et Ukraine] en Chine [au G20 les 4 et 5 septembre] n’a aucun sens », a estimé le président russe.

Il a appelé les Occidentaux à « exercer une pression appropriée sur les autorités de Kiev » s’ils « veulent aboutir vraiment à un règlement pacifique » du conflit ukrainien.

L’annexion de la Crimée en mars 2014 par la Russie a été suivie d’un sanglant conflit opposant l’armée ukrainienne aux séparatistes prorusses dans l’Est du pays, qui a fait plus de 9500 morts.

Le « format Normandie » a été mis en place par Paris, Berlin, Kiev et Moscou pour trouver une solution à la question des régions rebelles de l’Est.

Incidents rapportés… et non corroborés

Selon le FSB, un premier groupe de « saboteurs-terroristes » a été découvert près de la ville d’Armiansk, en Crimée, dans la nuit du 6 au 7 août.

« Un agent du FSB a été tué dans un échange de tirs lors de l’opération visant à arrêter ces terroristes », a-t-il précisé dans un communiqué, ajoutant que 20 engins explosifs artisanaux et plus de 40 de TNT avaient été saisis sur les lieux.

Le FSB affirme également avoir empêché deux autres groupes appuyés par des « tirs massifs et des blindés des forces armées ukrainiennes », de pénétrer en Crimée dans la nuit du 7 au 8 août.

« Un militaire russe a alors été tué » dans les affrontements, selon la même source.

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont un groupe d’observateurs surveille la frontière russo-ukrainienne, n’a pour sa part fait état d’aucun incident à ces dates.

L’OSCE a toutefois noté dans un communiqué diffusé mardi que la circulation des voitures à travers la ligne de démarcation entre l’Ukraine et la Crimée était suspendue ces derniers jours et que les gardes-frontières semblaient être en « état d’alerte ».