La prolongation de l’état d’urgence est approuvée

Le premier ministre socialiste, Manuel Valls
Photo: François Guillot Agence France-Presse Le premier ministre socialiste, Manuel Valls

Paris — L’Assemblée nationale française a approuvé dans la nuit de mardi à mercredi la prolongation de six mois de l’état d’urgence en vigueur en France, cinq jours après l’attentat qui a fait 84 morts à Nice.

L’article du projet de loi de prolongation de l’état d’urgence portant sa durée à six mois, soit jusqu’à fin janvier 2017, a été adopté à main levée par les députés. Le texte doit ensuite passer au Sénat où il sera débattu dans la journée de mercredi.

Cinq jours après l’attentat de Nice, le climat politique s’envenime, à neuf mois de la prochaine élection présidentielle, par des accusations de l’opposition de laxisme dans la lutte antiterroriste.

Nous devons, non pas nous habituer — jamais — mais apprendre à vivre avec cette menace. À vivre avec elle et à la combattre.

Quitte à être une nouvelle fois qualifié de « fataliste » par ses détracteurs, le premier ministre socialiste, Manuel Valls, a averti que la France devait s’attendre à d’« autres attentats » et d’« autres innocents tués » dans une allocution mardi soir devant les députés. « Nous devons, non pas nous habituer — jamais — mais apprendre à vivre avec cette menace. À vivre avec elle et à la combattre », a-t-il dit.

Comme le réclamait une partie de la droite, la prolongation de l’état d’urgence, présentée comme une « réponse puissante » au terrorisme par M. Valls, sera portée à six mois (jusqu’à fin janvier 2017) d’après le texte adopté dans l’après-midi par les députés en commission. Le gouvernement l’avait prévue à l’origine pour une durée de trois mois.

Ce régime qui facilite les perquisitions et les assignations à résidence est en vigueur depuis les attaques djihadistes du 13 novembre à Paris. C’est la première fois depuis la guerre d’Algérie (1954-1962), quand ce régime d’exception avait prévalu pendant près de huit mois, que l’état d’urgence dure si longtemps en France.

Critiques

Le débat mardi soir devant les députés (comme celui qui doit se dérouler mercredi devant les sénateurs) était électrique, tant l’opposition de droite ne cesse depuis le carnage du 14 juillet à Nice de critiquer l’exécutif socialiste.

Elle a réclamé lundi soir une commission d’enquête parlementaire sur la tragédie niçoise.

Le parti Les Républicains de l’ex-président Nicolas Sarkozy était favorable à la prolongation de l’état d’urgence mais avait posé ses conditions : au moins six mois de plus et un durcissement des mesures coercitives prévues dans ce cadre.

Seront également réintégrées dans l’état d’urgence la possibilité de perquisitions administratives à toute heure du jour ou de la nuit sans l’aval d’un juge, ainsi que celle d’exploiter les données des ordinateurs et téléphones saisis.

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