David Davis, un vétéran eurosceptique ministre du Brexit

Londres — David Davis, 67 ans, nommé mercredi ministre du Brexit par Theresa May, est un eurosceptique convaincu et un vieux routier du parti conservateur, ancien secrétaire d’État aux Affaires européennes.

D’origine modeste, né à York (nord de l’Angleterre) en décembre 1948 d’une mère célibataire, il débute sa carrière dans le groupe alimentaire Tate & Lyle, avant d’être élu député de Boothferry, circonscription du nord-est de l’Angleterre, en 1987.

Il devient en 1990 adjoint au « whip », la personnalité chargée de faire respecter la discipline du parti parmi les parlementaires conservateurs.

David Davis est nommé secrétaire d’État aux Affaires européennes en 1994, poste qu’il occupe jusqu’en 1997.

Revenu dans l’opposition, il devient le numéro deux du cabinet fantôme.

En 2005, il est candidat à la direction du Parti conservateur, mais il est battu par David Cameron. Il est député de Haltemprice and Howden, circonscription du nord-est de l’Angleterre.

« Au cours d’une carrière politique tumultueuse, il a appelé au rétablissement de la peine de mort et s’est fait le champion de l’euroscepticisme », écrivait de lui le Daily Telegraph dans un portrait le décrivant « plein de contradictions ». Il a également milité contre l’adoption par les couples homosexuels.

Père de trois enfants, il possède un signe distinctif, son nez, qu’il s’est cassé à cinq reprises, dont trois fois au rugby et une fois dans une bagarre, selon le Daily Telegraph.

Le ministre sera « chargé de la sortie de l’Union européenne », comme l’indique son titre officiel, et devra pour cela travailler main dans la main avec le nouveau chef de la diplomatie, Boris Johnson.

Il prendra part aux négociations de sortie de l’UE. Sur Twitter, le 14 juin, il adressait une pique au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker : « M. Juncker se rend en Grande-Bretagne la semaine prochaine. Rappelez-vous que c’est l’homme qui a dit que les 'déserteurs' britanniques devraient subir des 'conséquences' », ironisait-il.

Dans un autre tacle contre Bruxelles, il avait indiqué quelques semaines plus tôt que le négociateur du Royaume-Uni devrait d’abord appeler Berlin une fois le Brexit voté.

Il a durant la campagne vanté les mérites d’un Brexit, arguant notamment que le Royaume-Uni pourrait passer davantage d’accords commerciaux une fois sorti de l’Union européenne.

Refusant de s’inspirer de la Suisse et de la Norvège, pays volontiers cités en exemple par les « Brexiters », il a en revanche jugé que le Royaume-Uni « pourrait être davantage comme le Canada ».

Dans la course pour la succession de David Cameron, il avait dans un premier temps porté son choix sur Boris Johnson, avant de se ranger derrière Theresa May.