Les Européens pressent les Britanniques d’engager le divorce sans tarder

Le président français, François Hollande, s’est entretenu mardi avec le premier ministre britannique, David Cameron.
Photo: Stephane de Sakutin Agence France-Presse Le président français, François Hollande, s’est entretenu mardi avec le premier ministre britannique, David Cameron.

Inquiets du flottement qui s’installe, les dirigeants européens ont exhorté mardi les Britanniques à engager au plus vite leur procédure de divorce avec l’UE, avertissant qu’ils ne bénéficieraient d’aucun traitement de faveur.

Cinq jours après le référendum qui a vu son pays choisir de quitter le navire européen, le premier ministre David Cameron a appelé à une procédure « aussi constructive que possible », tout en maintenant qu’il ne l’enclencherait pas lui-même.

Londres et l’UE devront bâtir une « relation la plus étroite possible » une fois la séparation effective, a-t-il plaidé en rejoignant un sommet européen sous tension à Bruxelles, car les 27 autres pays européens resteront « des voisins, des amis, des alliés, des partenaires ».

De l’autre côté de l’Atlantique, le président américain Barack Obama a appelé au calme, estimant qu’une « hystérie » avait suivi le vote pour le Brexit « comme si en quelque sorte l’OTAN avait disparu, l’alliance transatlantique s’était dissolue et chaque pays se recroquevillait dans son coin ».

L’UE est « prête à commencer la procédure de divorce dès aujourd’hui », a affirmé le président du Conseil européen, Donald Tusk, proposant la tenue en septembre d’un nouveau sommet, à 27 cette fois, et probablement à Bratislava, sur l’avenir de l’Union.

Agir sans attendre

L’Europe « est assez forte pour surmonter le départ de la Grande-Bretagne et continuer à aller de l’avant même à 27 », a voulu rassurer la chancelière allemande, Angela Merkel.

Elle a surtout prévenu le gouvernement britannique qu’il ne choisirait pas « à la carte » ses futures relations avec l’UE. « Celui qui sort de la famille ne peut pas s’attendre à ce que tous ses devoirs disparaissent et que ses privilèges soient maintenus ».

Une autre façon de traduire le cinglant « les déserteurs ne seront pas accueillis à bras ouverts », qu’avait lancé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant le référendum britannique.

Malgré les pressions, selon une source gouvernementale britannique, David Cameron devait réaffirmer qu’enclencher la procédure de séparation incomberait à son successeur, dont le nom devrait être connu d’ici le début septembre.

Au Royaume-Uni, le Brexit a par ailleurs toujours du mal à passer chez ceux qui ont voté contre. La tourmente politique y est d’autant plus dévastatrice que revient au premier plan la menace d’une sécession de l’Écosse, qui s’est prononcée à 62 % pour le maintien dans l’UE.

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, s’est dite « complètement déterminée » à défendre, malgré le Brexit, la place de sa région dans l’UE. Elle a prévu de venir plaider sa cause mercredi à Bruxelles.

À Londres, l’opposition travailliste est au bord de l’implosion. Son chef, Jeremy Corbyn, accusé d’avoir trop tièdement défendu le maintien dans l’UE, a refusé mardi de démissionner malgré une motion de défiance votée un peu plus tôt à son encontre par les députés du Labour.

Inquiets du flottement qui s’installe, les dirigeants européens ont exhorté mardi les Britanniques à engager au plus vite leur procédure de divorce avec l’UE, avertissant qu’ils ne bénéficieraient d’aucun traitement de faveur.

Cinq jours après le référendum qui a vu son pays choisir de quitter le navire européen, le premier ministre David Cameron a appelé à une procédure « aussi constructive que possible », tout en maintenant qu’il ne l’enclencherait pas lui-même.

Londres et l’UE devront bâtir une « relation la plus étroite possible » une fois la séparation effective, a-t-il plaidé en rejoignant un sommet européen sous tension à Bruxelles, car les 27 autres pays européens resteront « des voisins, des amis, des alliés, des partenaires ».

De l’autre côté de l’Atlantique, le président américain Barack Obama a appelé au calme, estimant qu’une « hystérie » avait suivi le vote pour le Brexit « comme si en quelque sorte l’OTAN avait disparu, l’alliance transatlantique s’était dissolue et chaque pays se recroquevillait dans son coin ».

L’UE est « prête à commencer la procédure de divorce dès aujourd’hui », a affirmé le président du Conseil européen, Donald Tusk, proposant la tenue en septembre d’un nouveau sommet, à 27 cette fois, et probablement à Bratislava, sur l’avenir de l’Union.

Agir sans attendre

L’Europe « est assez forte pour surmonter le départ de la Grande-Bretagne et continuer à aller de l’avant même à 27 », a voulu rassurer la chancelière allemande Angela Merkel.

Elle a surtout prévenu le gouvernement britannique qu’il ne choisirait pas « à la carte » ses futures relations avec l’UE. « Celui qui sort de la famille ne peut pas s’attendre à ce que tous ses devoirs disparaissent et que ses privilèges soient maintenus ».

Une autre façon de traduire le cinglant « les déserteurs ne seront pas accueillis à bras ouverts », qu’avait lancé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant le référendum britannique.

Avant d’entrer dans ce débat sur les futures relations UE-Londres, David Cameron devait donner ses « explications » aux 27 autres dirigeants sur les résultats du référendum qu’il a organisé, lors d’un dîner.

Malgré les pressions, selon une source gouvernementale britannique, le leader conservateur devait réaffirmer qu’enclencher la procédure de séparation incomberait à son successeur, dont le nom devrait être connu d’ici le début septembre.

Le Royaume-Uni doit « clarifier le plus rapidement possible » sa situation, car sans « notification, pas de négociation », a pourtant martelé Jean-Claude Juncker, résumant la position commune des dirigeants européens.

C’est le président du Parlement européen, Martin Schulz, qui a eu les mots les plus durs. « Attendre pendant plusieurs mois cette notification » et « prendre le destin d’un continent entier en otage pour des raisons relevant purement de la politique interne d’un parti serait inacceptable », a-t-il dit à M. Cameron.

Tirer des leçons

En attendant, les Européens sont décidés à « tirer les leçons » du Brexit pour éviter une contagion, dans une Union européenne affaiblie par une succession de crises, notamment migratoire, et où l’extrême droite et les mouvements populistes ont le vent en poupe.

L’Allemagne, la France et l’Italie, les trois poids lourds fondateurs de l’UE et principales économies de la zone euro, ont plaidé pour donner une « nouvelle impulsion » au projet européen, aux contours encore flous.

« Tout le monde a les yeux tournés vers l’Europe », qui doit être « suffisamment forte pour agir », a déclaré le président français, François Hollande, à Bruxelles.

Parmi les chantiers à engager, il a insisté sur « la sécurité, la lutte contre le terrorisme, la croissance et l’emploi, avec le soutien à l’investissement et l’aide à la jeunesse ».

Mais alors qu’une initiative franco-allemande était attendue, Paris et Berlin n’apparaissent pas encore sur la même longueur d’onde quand il s’agit de détailler un projet commun.

Au Royaume-Uni, le Brexit a toujours du mal à passer chez ceux qui ont voté contre. La tourmente politique y est d’autant plus dévastatrice que revient au premier plan la menace d’une sécession de l’Écosse, qui s’est prononcée à 62 % pour le maintien dans l’UE.

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon s’est dite « complètement déterminée » à défendre, malgré le Brexit, la place de sa région dans l’UE. Elle a prévu de venir plaider sa cause mercredi à Bruxelles.

À Londres, l’opposition travailliste est au bord de l’implosion. Son chef, Jeremy Corbyn, accusé d’avoir trop tièdement défendu le maintien dans l’UE, a refusé mardi de démissionner malgré une motion de défiance votée un peu plus tôt à son encontre par les députés du Labour.

Le ministre conservateur des Finances George Osborne a de son côté jugé inévitable un surcroît d’austérité pour parer à l’impact économique du Brexit sur le pays.

 

5 commentaires
  • Tristan Roy - Inscrit 28 juin 2016 08 h 17

    Cameron doit démissionner immédiatement

    Que va-t-il raconter à ses collègues européens? Excusez-moi chers collègues, ça m'a pété à la figure et maintenant je me tire en vous laissant nettoyer les dégats? Si il ne veut pas déclencher immédiatement l'article 50, il n'a rien à faire à Bruxelles.

    • Bernard McCann - Abonné 28 juin 2016 08 h 57

      exact..., mais Cameron c'est Cameron... on doit lui éviter de commettre des bourdes plus grandes encore... mais, le Royaume-Uni est actuellement un navire à la dérive et sans capitaine...

    • Loraine King - Abonnée 29 juin 2016 23 h 17

      En passant, même Boris Johnson, un chaud partisan du Brexit, ne veut pas enclancher ce proçessus dans un avenir rapproché. Il l'a clairement écrit hier dans un article du Telegraph. Il serait celui qui est le mieux placé pour succéder à Cameron, suivi par Theresa May, une partisanne du Remain.

  • Pierre Demers - Inscrit 28 juin 2016 09 h 40

    En français dans l'Europe, pour l'amour du Québec.


    En français dans l'Europe nouvelle.
    Que la France aux côtés de l'Allemagne, le déclare au plus tôt.
    Puis l'Europe se rebâtira.
    C'est de la plus haute importance pour le Québec.
    Pierre Demers 1914 LISULF 28VI2016

  • François Dugal - Inscrit 29 juin 2016 17 h 28

    La chanson

    C'est le chansonnier américain qui chantait : "if you don't love it, leave it".