L’OTAN déploie des bataillons aux portes de la Russie

Bruxelles — L’OTAN va déployer quatre bataillons « robustes » dans les trois pays baltes et en Pologne, en réponse aux agissements de la Russie en Ukraine, a annoncé lundi le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

« Nous allons convenir de déployer, par rotation, quatre bataillons multinationaux robustes dans les pays baltes et en Pologne. Ceci enverra un signal clair que l’OTAN est prête à défendre tous les alliés » en cas d’agression extérieure, a déclaré M. Stoltenberg, en présentant le programme d’une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance mardi et mercredi à Bruxelles.

La décision d’envoyer des troupes aux confins orientaux de l’Alliance atlantique, perçue par Moscou comme un geste de défiance, sera prise mardi par les 28 ministres de la Défense, même si tous les détails sur « la taille, l’étendue et la composition » de ces bataillons devront ensuite être affinés.

« Nous allons donc déployer en amont des forces de combat » et « chaque bataillon représente 800 à 1000 soldats » qui seront stationnés par rotations pour une durée de « six à neuf mois », a précisé l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN, Douglas Lute.

« Cette présence avancée confirme que tout empiétement, toute attaque, contre le territoire de ces quatre pays alliés entraînera immédiatement un contact avec des forces de l’OTAN et déclenchera des réponses rapides du reste de l’Alliance », a expliqué M. Lute.

Réponse à la Russie

Ce déploiement vient compléter une série de mesures prises depuis le début de la crise ukrainienne, au printemps 2014, pour augmenter la réactivité des armées de l’OTAN, avec notamment une force sur le qui-vive de près de 5000 hommes capables d’intervenir en quelques jours, et soutenir ses pays membres qui partagent une frontière avec la Russie.

« Il ne peut y avoir aucun doute que ce que nous avons fait est une réponse aux actions de la Russie en Crimée [annexée en mars 2014] et en Ukraine », où les Occidentaux accusent Moscou de soutenir les rebelles séparatistes, a souligné M. Stoltenberg. « Avant cela, il n’était pas question de parler d’une présence militaire du genre de celle que nous aurons désormais » en Estonie, Lettonie, Lituanie et en Pologne, a-t-il fait valoir lors d’une conférence de presse.

« Notre défense et notre dissuasion ne reposent pas uniquement sur quatre bataillons. Ceux-ci font partie d’un changement bien plus profond de notre posture, en réponse aux défis auxquels nous faisons face », a insisté le chef de l’OTAN.