«Nous sommes plus forts que jamais», clame l’extrême-droite

Vienne — Le parti d’extrême droite autrichien FPÖ s’est présenté mardi comme « plus fort que jamais » après sa courte défaite lundi à la présidentielle, son chef Heinz-Christian Strache affirmant viser désormais la chancellerie.

« Nous sommes aujourd’hui plus forts que jamais », a déclaré M. Strache à l’occasion de la première conférence de presse du parti depuis la proclamation des résultats du scrutin présidentiel lundi.

En raison du poids des votes par correspondance (16,7 % des suffrages exprimés), M. Strache a toutefois précisé que son parti avait entrepris de « vérifier » qu’aucune irrégularité électorale n’avait eu lieu, et pourrait le cas échéant introduire des recours.

Mais Norbert Hofer, le candidat du parti, battu de 31026 voix, a appelé à « respecter » le résultat des urnes. « Nous sommes un pays stable et une démocratie solide, et dans une démocratie les résultats électoraux doivent être respectés », a-t-il rappelé.

« Complot » et « manipulations »

Alors que ce sont les votes par correspondance, traditionnellement défavorables au FPÖ, qui ont départagé lundi les deux candidats, de nombreux partisans de Norbert Hofer dénoncent un « complot » et des « manipulations » de ce vote qui auraient privé d’une victoire le candidat du FPÖ.

Norbert Hofer a recueilli 49,7 % des voix face à l’écologiste Alexander Van der Bellen, le meilleur score jamais réalisé par le FPÖ dans un scrutin national, lors de cette élection très suivie en Europe dans un contexte général de poussée populiste.

M. Strache a assuré que les suffrages qui s’étaient portés sur M. Hofer ne relevaient « pas d’un vote de protestation ». « Nous sommes le nouveau centre de la société », a-t-il jugé. « Nous avons remporté une victoire contre tout ce système sclérosé [et] nous préparons nos prochains succès électoraux », a-t-il ajouté, soulignant viser personnellement la chancellerie lors des prochaines législatives, prévues au plus tard en 2018.

M. Hofer a promis de « tout faire pour que le FPÖ gagne plus du tiers des voix » lors de ces législatives. « Il sera impossible de nous écarter du gouvernement », a-t-il assuré.

Le nouveau chancelier social-démocrate, Christian Kern, qui s’exprimait à l’issue d’un conseil des ministres mardi, a reconnu que les préoccupations des électeurs du FPÖ étaient « en partie justifiées et à prendre au sérieux ».

Toutefois, « les solutions et recettes proposées [par M. Strache] nous mèneraient non pas sur la voie d’arrêt d’urgence, mais directement à la casse », a souligné le chef du gouvernement, pointant notamment les dangers de l’« isolationnisme » alors que l’économie autrichienne dépend en grande partie des exportations.