Avec armes et cagoules, des indépendantistes corses annoncent leur démilitarisation

Ajaccio — Deux ans après la principale organisation du mouvement indépendantiste corse, une branche dissidente a annoncé mardi, à son tour, sa démilitarisation, lors d’une conférence de presse clandestine tenue par des militants armés et cagoulés dans cette île du sud de la France. Le Front de libération nationale corse (FLNC) du 22 octobre, qui avait rompu avec le FLNC en 2002, a expliqué s’engager dans un « processus de démilitarisation », devant six journalistes acheminés en pleine nuit dans un lieu inconnu où les attendaient une trentaine d’hommes cagoulés, vêtus de treillis et équipés de fusils d’assaut, armes de poings et lance-roquettes. « Nous voulons apporter notre pierre à l’édifice de la construction apaisée de notre nation », a déclaré un orateur également masqué. Cette démarche doit permettre à l’Assemblée de Corse, à majorité nationaliste depuis les élections régionales de décembre 2015, de « gérer sereinement cette mandature », a-t-il expliqué. Après la Catalogne et l’Écosse, l’île méditerranéenne rattachée à la France depuis 1768 est le troisième territoire en Europe à avoir porté au pouvoir des dirigeants nationalistes.