cache information close 

La procédure de destitution de Rousseff se poursuivra

Dilma Rousseff
Photo: Andressa Anholete Agence France-Presse Dilma Rousseff

La procédure de destitution de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, doit aller jusqu’à son terme au Sénat, a préconisé mercredi le rapporteur de la Commission parlementaire chargée de présenter un rapport non-contraignant sur le sujet.

Le rapporteur Jovair Arantes s’est dit favorable à la recevabilité juridique et politique de l’accusation et de l’ouverture au Sénat d’une procédure contre la dirigeante de gauche, accusée de maquillage des comptes publics par l’opposition.

Les 65 députés de cette commission représentative des forces en présence à l’assemblée disposent à présent de deux jours pour amender le texte du rapporteur avant de le voter ou de le rejeter lundi.

Le rapport sera soumis la semaine prochaine au Congrès des députés où un vote à la majorité des deux tiers (342 sur 513) sera requis pour renvoyer la procédure au Sénat, faute de quoi elle serait automatiquement abandonnée.

Si la procédure franchit cette première étape, il appartiendra aux sénateurs de décider d’ouvrir ou non un procès en destitution contre Mme Rousseff. La présidente serait alors écartée du pouvoir pendant un délai maximum de 180 jours — elle serait remplacée par le vice-président, Michel Temer —, en attendant la décision finale des sénateurs à la majorité des deux tiers.

Engluée dans la crise

La réunion de la Commission spéciale a débuté dans une ambiance houleuse, des partisans de Mme Rousseff scandant « Non au coup d’État ! ».

Trente membres de la Commission sont actuellement favorables à sa destitution et il ne leur manque que trois voix pour avoir la majorité, tandis que 18 sont au contraire fermement à décidés à voter contre et 17 sont indécis, selon le quotidien O’Globo.

L’avocat général de l’État brésilien, l’ex-ministre de la Justice de Mme Rousseff, José Eduardo Cardozo, avait dénoncé lundi devant la Commission une procédure dépourvue de fondement juridique sérieux s’apparentant à un « coup d’État sans baïonnettes ».

Très impopulaire, Mme Rousseff est engluée dans une crise politique historique envenimée par le scandale de corruption Petrobras qui éclabousse son Parti des travailleurs (PT) et les autres formations de sa coalition désormais en lambeaux.

Le vent politique souffle contre la présidente, accusée d’avoir maquillé les comptes publics en 2014 (année de sa réélection) et en 2015 via des tours de passe-passe budgétaires qui la rendraient coupables selon l’opposition de « crimes de responsabilité » prévus par la Constitution.

Mais l’arithmétique parlementaire joue, a priori, plutôt en faveur de la présidente. L’opposition devra obtenir le vote d’au moins les deux tiers des députés (342 sur 513) pour que la procédure de destitution soit transmise au Sénat qui aurait ensuite le dernier mot. À l’inverse, un tiers des votes suffiront à la présidente pour sauver son mandat et donc pour pouvoir tenter de sortir le géant émergent d’Amérique latine de la récession économique.

Le camp présidentiel se démène dans les coulisses du parlement pour essayer de désamorcer cette bombe à retardement.