France: critiques contre les marques proposant des vêtements islamiques

Paris — Une ministre française et une personnalité éminente de la mode ont fustigé mercredi les marques développant les vêtements islamiques pour les femmes en Europe, les accusant de promouvoir un mode de vie contraire à la liberté. Au pays de la mode, où les maisons de couture célébrant le chic français contribuent depuis toujours au rayonnement à l’étranger, l’apparition de collections islamiques incluant le « burkini » (maillot de bain intégral) ou le hidjab a fait bondir la ministre des Droits des femmes et le cofondateur de l’illustre maison Yves Saint-Laurent. « Lorsque des marques investissent ce marché […] parce qu’il est lucratif, un marché pour les pays d’Europe, pas un marché pour les pays du Golfe […], elles se mettent en retrait de leur responsabilité sociale », a dénoncé la ministre, Laurence Rossignol, sur la radio RMC. L’ex-compagnon d’Yves Saint-Laurent (décédé en 2008), Pierre Bergé, s’est dit mercredi « scandalisé » par l’incursion des créateurs sur le terrain de la mode islamique, les conjurant de « ne pas enfermer les femmes dans des voiles, comme des prisons ». Ces propos interviennent alors que la France s’interroge sur le développement du communautarisme musulman dans les quartiers populaires, que certains responsables politiques considèrent comme des terreaux djihadistes. De grandes enseignes occidentales telles le suédois H M, l’espagnol Mango ou encore le britannique Marks Spencer ont récemment dessiné des collections spéciales destinées aux clientes musulmanes. Jusqu’à présent connue pour ses campagnes de publicité aguicheuses, la griffe italienne Dolce Gabbana a, elle, créé en janvier une ligne de voiles et de tuniques longues.