Une agitatrice nommée Marine Le Pen

Marine Le Pen a pris la tête du FN en janvier 2011.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Marine Le Pen a pris la tête du FN en janvier 2011.

Débarquant au Québec pour la première fois, la leader d’extrême droite Marine Le Pen, chef du Front national (FN), a fait en fin de semaine ce qu’elle fait en France depuis des années : agiter et s’agiter.

Et si les politiciens québécois et canadiens ont ostensiblement refusé de s’afficher avec elle, les médias, eux, non sans se pincer un peu le nez, lui ont donné de la voix, qu’elle a bien audible. Y compris Le Devoir où elle est venue répéter son discours anti-immigrants (« Je suis contre l’immigration ! Je considère que c’est une erreur ! »), défendre l’idée « patriotique » que l’avenir du monde passe par la reconstruction des frontières, pour ne pas dire par le repli des peuples sur eux-mêmes, et annoncer en oracle que le Front national sera au pouvoir dans dix ans, à moins que ce ne soit dès la présidentielle de 2017. « Le plus tôt sera le mieux », affirme-t-elle en entrevue.

Cette avocate de profession, âgée de 47 ans, fille de Jean-Marie Le Pen, a politiquement le vent en poupe. Les sondages d’intentions de vote au premier tour de la prochaine présidentielle la donnent en avance (avec environ 25 % des voix) sur Nicolas Sarkozy, chef des Républicains, et sur le président socialiste, François Hollande. Le FN a plus que doublé ses voix (à 28 %) aux élections régionales de décembre dernier par rapport aux élections précédentes de 2010. Infréquentable peut-être, mais de plus en plus incontournable.

Le terreau est incontestablement fertile pour cette droite populiste, malgré tout le mal qu’on peut penser de ses positions à rebours d’une modernité qui tend à l’ouverture : salaires en panne, creusement des inégalités, crise migratoire sans précédent, construction européenne en grande difficulté… Si, comme aux États-Unis de Donald Trump, le FN canalise la colère populaire en aiguisant les sentiments anti-immigrants, l’ultranationalisme de Mme Le Pen consiste aussi à dénoncer les élites traditionnelles, les traités de libre-échange et la « mondialisation sauvage ».

Extrême droite mutante, pas nécessairement facile à caser. Mme Le Pen prétend être au-dessus du clivage gauche-droite : « La vraie différence aujourd’hui, c’est celle entre les nationaux et les mondialistes. C’est-à-dire ceux qui pensent que les nations sont des concepts dépassés, qu’il faut supprimer les frontières, faire fi des identités et faire surgir l’homo economicus interchangeable ; et ceux qui pensent que la nation demeure la structure la plus performante pour assurer la sécurité et la prospérité, et défendre l’identité des peuples. » Entre les deux, point de dialogue possible. « Je combats l’Union européenne parce que cette union est aujourd’hui en partie totalitaire et qu’elle est en tout cas une adversaire déclarée de la démocratie. L’UE, c’est Le portrait de Dorian Gray. Elle se consume. »

Vernis humaniste

Élue présidente, elle réduirait l’immigration légale de 200 000 à 10 000 entrées par an et lancerait une politique nataliste, comme celle qu’a vécue le Québec avec la « revanche des berceaux ». Ce qui, à son avis, permettrait sans problème de faire face au vieillissement de la population. Elle multiplierait les référendums pour rétablir, dit-elle avec grandiloquence, « la souveraineté du peuple ». En lui suggérant fortement de rompre avec l’euro et de rétablir la peine de mort.

Elle met un vernis humaniste sur ses positions anti-immigrants : « Je pense que chaque peuple a le droit de vivre correctement dans le pays de ses ancêtres. Je crois que beaucoup de ceux qui fuient leur pays le font parce qu’on a organisé leur appauvrissement. J’ai huit millions de pauvres en France. C’est de la folie de faire venir des gens à qui on n’a rien à offrir. » Comme c’est « de la folie » pour le gouvernement de Justin Trudeau, ainsi qu’elle l’avait déjà dit l’automne dernier dans une entrevue à la CBC, d’avoir fait venir 25 000 réfugiés syriens. « M. Trudeau est assujetti à l’idéologie du courant auquel il appartient. Agir pour de vrai sur le plan humanitaire, ce serait d’abord arrêter de déclencher des guerres et de laisser des fondamentalistes prendre le pouvoir. » Parvenue au pouvoir, dit-elle, la France romprait donc ses relations avec l’Arabie saoudite. À défaut de voir les gouvernements agir en amont, elle considère que les immigrants qui « submergent » l’Europe (ce qui tient statistiquement de l’exagération, même si, en effet, le monde vit sa plus grave crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale) devraient être « renvoyés chez eux, même dans des pays en guerre ».

De ceci à cela, sur le plan culturel, son ultranationalisme lui fait conclure avec véhémence à « l’échec total du multiculturalisme anglo-saxon ». « Je porte l’idée que le multiculturalisme est porteur de conflits, qu’une société multiculturelle est une société multiconflictuelle et, par conséquent, je crois aux vertus de l’assimilation au contraire de l’intégration. » Elle aime dire, en grande soeur, que le Québec aurait à apprendre de la France à ce chapitre et se désole que le projet péquiste de la charte de la laïcité ait tourné court.

Hymne à Trump

Mme Le Pen attend le Grand Soir. « C’est que le FN n’est pas l’exception. » En Autriche, aux Pays-Bas, en Italie, en Allemagne… « il y a une vraie poussée patriote au sein de l’UE. Et moi, je crois que cette poussée patriote, elle traverse le monde, voilà ».

Y compris les États-Unis. L’émergence de Donald Trump ? « Un événement historique, veut-elle croire. Trump, d’un côté, et Bernie Sanders, de l’autre, incarnent le rejet du modèle politique américain. Et ça, c’est une vraie révolution qui est en train de se dérouler. » Les manifestants qui dérangent les rassemblements de M. Trump ? « Des gauchistes qui cherchent l’incident. » Voter, comme femme, pour Hillary Clinton ? « Absolument pas ! Elle est vraiment pour moi le symbole du système politique américain dans toutes ses erreurs, du poids écrasant des multinationales et de la finance dans la vie des peuples. »


Marine Le Pen en cinq dates

1968 Naissance à Neuilly-sur-Seine

1972 Fondation du Front national

2004 Députée au Parlement européen

2011 Élue présidente du FN, succédant à son père, Jean-Marie Le Pen

2012 Candidate à la présidentielle française, elle récolte 17,9 % des voix

Entrevue avec Marine Le Pen - États-Unis


Entrevue avec Marine Le Pen - L'euro


Entrevue avec Marine Le Pen - Visite au Québec

30 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 21 mars 2016 03 h 56

    ...

    Que personne...
    J'espère que personne ne sera assez sot au Québec pour tomber dans les semblants de raisonnement de cette emberlificoteuse alambiquée aux concepts racistes.
    Le faire ne ferait plaisir et ne rendrait service qu'à nos adversaires fédéraillistes qui s'empresseront d'y trouver et d'en donner comme démonstration, encore et toujours plus, le racisme évident ou caché de notre recherche de protection de la langue française au Québec...
    Une politicienne qui ne fait qu'entretenir le fond de commerce sectaire que son père a initié et qui est présentement sous enquête pour tromperie de nature fiscale, et qui prétend se présenter au Québec en ne faisant pas de cas des chefs de partis (autres qu'elle-même, bien entendu puisqu'elle est chef de parti...), cela ne fait que montrer qu'une caricature ne pourra jamais se rapprocher de l'expertise qu'elle montre en matière de tordage de la réalité.
    Ceci-dit, jamais le général de Gaulle n'aurait plus accepté Marine Le Pen auprès de lui qu'il ne l'a fait avec son père. Les Le Pen, que personne ne croit les mensonges de l'actuelle chef du Front National, c'est Laval et Pétain. Pour s'en convaincre définitivement et percevoir la vraie nature des choses, il suffit de jeter un coup d'oeil du côté de l'électorat historique et fidèle du FN.
    D'ailleurs, jamais ni le père ni la fille ni la petite-fille (eh oui !, elle aussi est de la partie...) n'ont condamné de manière officielle les politiques racistes, et particulièrement celles anti-sémites, de l'époque de l'Occupation en France.
    A ce titre, l'idée du père que "les chambres à gaz n'ont peut-être jamais existées parce que pour ma part, je n'en ai jamais vu." et celle que la solution finale (qui a tout de même organisée l'assassinat de plus de 6 millions de juifs...) "n'est qu'un détail de l'Histoire", qui ont vallues au père des condamnations par le tribunal, restent toujours à être reniées de la fille de manière formelle.
    C'est tout dire, non ?...

    A bon entendeur, sa

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 21 mars 2016 04 h 44

    Construire des ponts et non des murs qui de toute façon crouleront

    Au vingtième siècle, des élites européennes firent en sorte que l'Europe tenta à deux reprises de se suicider et à chaque fois des dizaines de millions de personnes en sont mortes. L'on y a préparé la seconde guerre mondiale en voulant chèrement faire payer la première à la nation vaincue (le traité de Versailles). Grande dépression économique aidant, l'on a forcé la seconde en voulant réunir à l'intérieur du même territoire des personnes parlant la même langue (l'Anschluss). L'on a voulu réduire les slaves à l'état de sous-hommes ou sous-femmes pour mieux leur prendre ce qu'on voulait. L'on a tenté de tuer jusqu'au dernier les juifs, tsiganes, homosexuels et handicapés physiques et mentaux aux noms d'idéologies. En France, on opposa les français entre eux, les jalousies les plus triviales facilitant grandement la tâche à la Gestapo et à la Milice de Vichy. Elles empoisonnèrent la vie quotidienne (le film Le Corbeau). La 'vieille france' a véritablement collaboré avec les Nazis, déportant même l'un des anciens présidents de la République, Léon Blum. À la fin de la Seconde guerre mondiale, on s'y livrait quasiment une guerre civile (La série Un village français). La seconde guerre laissa la Grande-Bretagne exsangue et ruinée. Que retenir? Que l'être humain est fragile dans son humanité, que la paix est l'oeuvre humaine la plus nécessaire et la plus difficile à réaliser et qu'il faut chacun se le rappeler lorsqu'on s'adresse à autrui.

  • Micheline Gagnon - Abonnée 21 mars 2016 06 h 07

    Miroir aux alouettes...


    «Cette expression vient tout simplement d'un type de piège qu'utilisaient autrefois les chasseurs pour attirer certains oiseaux, dont les alouettes. Composé de morceaux de bois garnis de miroirs, ce piège, lorsqu'il était agité, provoquait des reflets brillants qui attiraient les oiseaux que les chasseurs n'avaient plus alors qu'à capturer au filet ou à abattre au fusil.»

    Beaucoup de personnes se reconnaîtront dans les opinions de cette dame. J'espère que leur vigilance et leur esprit critique sera au rendez-vous.

    http://www.expressio.fr/expressions/miroir-aux-alo

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 21 mars 2016 09 h 00

      Et que dire des loup déguisés en brebis qui dirigent les pays européens et nord-américains? Il est consternant de témoigner d'un lynchage médiatique qui fait écho à une politique politicienne, au lieu de s'en tenir à la vraie politique bien ancrée dans la réalité, axée sur le débat d'idée. La propagande de la Bien-Pensance est le véritable miroir aux alouettes. Nous vivons à l'époque de la Grande illusion ou l'humain est déhumanisé et traité comme une marchandise à traffiquer au profit de groupes mafieux aux ramifications jusqu'au sein des appareils étatiques. Mais je crains qu'il sera trop quand la majorité se rendra compte qu'elle a été bernée et trahie par ceux-là même qui aboient sans cesse, tentant en vain de créer de la diversion et de camoufler la vérité.

  • Daniel Gagnon - Abonné 21 mars 2016 06 h 15

    Le Pen, autocratique sans autocritique...

    Madame Le Pen est une femme autocratique, sans autocritique aucune.

    Elle réécrit, avec la famille Le Pen, toutes les victoires de la liberté des philosophes, toutes les luttes pour la tolérance et la démocratie.

    Il ne faut pas s'étonner qu'elle soit en accord avec les puissances racistes de ce monde et qu'elle vante les courants xénophobes chez les Républicains américains, et qu’elle salue bien bas le sinistre Monsieur Trump.

    Il faut se souvenir que le père Le Pen a encore nié récemment l'existence des camps de concentration nazis et qu’il a appelé de tous ses voeux le « Seigneur Ébola » à régler les problèmes d'immigration par un nettoyage ethnique sous la houlette de la cruelle maladie.

  • Lise Bélanger - Abonnée 21 mars 2016 07 h 32

    C'est une erreur de rejeter en bloc toutes les idées politiques de madame Le Pen et de s'en dissocier totalement comme le font tous nos représentants des partis politiques en ce moment.
    Ma boule de crystal me dit que l'hyper masochisme occidental dont est issu le multiculturalsime en autre, est bel et bien dépassé. Il faut regarder plus loin, autrement. Et sans être de droite ou épouser certaines idées rétrogrades de madame Le Pen, sur l'homosexualité par exemple, il faut accepter qu'elle apporte une vision réaliste de la société occidentale, en autre au niveau de notre contrôle politique par les multi nationales et de notre fragilisation sociale et économique par l'acceptation d'une immigration devenue folle et incontrôlable.

    Nous manquons d'imagination, ou manquons de désir ou bonne foi politique, pour trouver, imaginer des solutions à notre manque de main d'oeuvre en Occident. L'immigration n'est pas une solution, sauf pour les gens qui ont les yeux bien fermés et refusent de prendre l'évolution de la démocratie et de nos cultures, en avance sur le reste du monde, comme fondamentaux. Le bien du peuple est subordonné aux grandes entreprises internationales, elle a raison.

    Je ne rejette pas toutes les idées de madame Le Pen et je ne suis pas une fanatique de droite.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 21 mars 2016 09 h 01

      Rafraîchissant de vous lire...

    • - Inscrit 21 mars 2016 10 h 09

      Madame Bélanger, celles et ceux qui appuient :

      Le Front national est un parti populiste et démagogique. Il exploite tous les thèmes pouvant mener à leur agenda d'Extrême-droite.

      Il profite du vide politique laissé par une droite corrompue et une gauche démissionnaire pour créer un État autoritaire; un régime négateur des libertés et des droits, sur le dos d'ennemis identifiés (étrangers, minorités de toute nature) aux profits de leurs supporteurs droitiers qu'il ameute pour abattre les institutions démocratiques.

    • Yves Côté - Abonné 21 mars 2016 10 h 13

      Madame Bélanger, ce que vous appelez "les idées politiques de madame Le Pen" ne sont d'abord pour la plupart pas d'elle, puisqu'elle est passée maître dans la récupération des idées des autres pour les mieux déformer afin d'alimenter son fond de commerce, et pour ce qui vient d'elle, ce ne sont pas des idées mais des absences d'idées.
      Comme de ce qu'il en est du racisme nationaliste étroit qu'elle tente de déguiser en patriotisme.
      C'est vous Madame qui devez ouvrir les yeux...
      Ou autrement, si vous prétendez les avoir bien ouverts, vous devriez nous dire clairement que vous roulez pour Madame Le Pen comme hier des gens de chez nous roulaient honteusement ou stupidement pour Adrien Arcand.

      PS : vous qui nous annoncez que vous ne l'êtes pas, peut-être devriez-vous nous expliquer ce qu'est "une fanatique de droite" pour nous en démontrer la chose hors de tout doute possible ???

    • Michel Thériault - Inscrit 21 mars 2016 10 h 15

      Merci Mme Bélanger, enfin une "parole" qui sort de la caricature. Mme Le Pen n'est ni de droite ni de gauche, elle est seulement rationnelle.

      Michel

    • Sylvain Dionne - Inscrit 21 mars 2016 11 h 01

      À M. Yves Côté,

      Merci de remettre les choses dans leur contexte! Vous souligner exactement ce qui me fait peur en ce moment: des gens partageant des idées d'extrêmes droite mais se refusant à les voir comme telles. Adolf Hitler n'a pas commencé sa propagande en admettant d'emblée qu'il voulait exterminer les Juifs. Il a justement récupéré des idées qui faisaient écho au ras-le-bol et à la misère de la population pour donner un levier à un tout autre agenda. On connaît la suite...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 21 mars 2016 14 h 44

      C'est de votre propre peur et ignorance dont vous devez avoir peur, M. Dionne. L'idéologie du 21e siècle la plus proche du nazisme est l'islam(isme). Renseignez-vous, s'il vous plaît.

    • Yves Côté - Abonné 21 mars 2016 15 h 03

      Madame Lapierre, puisque vous invitez vos contradicteurs à connaître les tenants et aboutissants de l'idéologisme, savez-vous ce qui a donné des ailes aux nazisme et à ses doctrines aussi folles qu'inhumaines dans les années trente ?
      La peur du communisme qui connaissait quelques succès électoraux et la propagande anti-gauche en Europe. Propagande qui associa de manière trompeuse, outrancière et criminelle, les mouvements de gauche européens et la présence d'un supposé et inventé de toute part, complot juifs sur ce continent...
      Vous pouvez vérifier ce que j'écris ici dans n'importe quel ouvrage historique sérieux, je n'invente rien.
      SVP Madame, avant de regarder par le plus petit bout de la lorgnette, renseignez-vous un minimum.
      Vous me voyez sincèrement désolé de vous y inviter ici, mais considérant le retour hypocrite, vicieux et si facile à à ne pas voir de "la bête immonde", je le devais...

    • Sylvain Dionne - Inscrit 21 mars 2016 15 h 04

      À Mme Lapierre,

      Figurez-vous que je me renseigne très bien et ce qui est passé (l'Histoire) représente à mes yeux une ressource très importante pour comprendre le présent et l'avenir afin d'éviter de répéter les tragédies sous une nouvelle "saveur". Toutes les dictatures (surtout les candidates à ce titre) s'evertuent à occulter l'Histoire (en plus de déformer le présent). Je vous saurai gré de vous renseigner également.

      Bonne journée!

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 21 mars 2016 17 h 55

      @ Mme. Lapierre

      Comme vous semblez manifestement ignorer l'histoire du XXe siècle en Europe, une brève leçon d'impose :

      - Le Nazisme est un socialisme raciste, donc un programme politique qui fait de la protection de la pureté nationale face à la contamination de l'Autre le socle du développement ;

      - La culture nationale est alors présentée comme émanation d'une Tradition Sacrée, avec ses héros et ses sacrifices, sans aucun esprit critique, sans aucun dialogue ;

      - L'Autre, en particulier "le Juif", est présenté par le régime comme instigateur d'un complot mondial visant à étendre son empreinte sur la civilisation. La méfiance, puis la haine, se sont instillées lentement, par un travail constant de simplification, de marginalisation ;

      - L'Autre est aussi le communiste, accusé d'être un internationaliste destructeur de culture (lire : un multiculturaliste). Bref, toute nuance est gommée, tout ce qui se détache du discours officiel est étiquetté comme "Bien Pensance" opposée au bras sacré du Peuple que constitue le Parti ;

      - Le Parti se voulait d'abord la voix du peuple face aux élites déconnectées, la voix du gros bon sens qui allait rendre sa dignité au petit peuple, en forçant l'emploi, en imposant la doctrine commune "authentique" ;

      Donc, il est vrai que certains groupes islamistes reprennent cette rengaine, ironiquement très européenne, de la dignité des peuples, etc., mais le FN est simplement en droite ligne avec cette approche, comme nos intégristes de la nation mythique ici même, plus occupés à préserver l'homogénéité rêvée qu'à permettre de faire évoluer la société selons des idéaux, non des origines ou une Tradition Sacrée.

      Vous pouvez maintenant choisir votre camp.

      L'important est de savoir le nommer, nous verrons ensuite...

    • Lise Bélanger - Abonnée 21 mars 2016 18 h 30

      À madame Lapierre,

      Je vous suis très bien dans votre réponse à M. Dionne.

      À monsieur Dionne,
      Le nazisme a été fondé sur l'idée de supériorité de la race aryenne introduisant ainsi une hiérarchie raciale.

      Aujourd'hui, cette idéologie n'est plus viable.

      Cependant, il y a une "idéologie", bien vivante qui tente de s'implanter partout en hiérarchisant les genres au lieu des races, et c'est la différence sexuelle telle que préconisée dans l'islam.

      La partie ainsi infériorisée, doit se vêtir de façon à être bien identifiée en tant que personne de second ordre en se cachant plus ou moins sous des foulards, voiles, draps. Même si c'est parfois "son choix".

      Ce sexe inférieur que l'on tue et encourage à tuer pour le moindre inconvénient causé à son époux, frère ou famille.

      Si combattre cela est du racisme, du nazisme, il y a danger en la demeure.

      Également, la justice selon des règles démocratiquement établies fait place à la loi de dieu par l'intermédiaire d'accommodements dits raisonnables. Les islamistes n'acceptent pas nos lois ni notre culture sous prétexte religieux. Est-ce du nazisme de refuser de se faire imposer une culture sexiste aux lois répressives?

      Également, un non musulman n'a pas à être respecté car infidèle. Qui donc sont les vrais nazis?

      L'immigration a bien changé, les musulmans venus en terre européennes ou américaines il y a 50 ans ont désiré s'intégrer et non l'inverse. Il faut agir et évoluer selon les situations actuelles.

      Si le nazisme a pris autant d'ampleur en Allemagne, c'est que le peuple a gardé les yeux fermés sur sa dangérosité, pour ne pas se sentir blâmé ou mal traité par ceux qui y adhéraient.

      Aujourd'hui, hors du mutliculturalisme et de l'acceptation inconditionnelle de l'autre est susceptible de reproche, d'ostracisme. Qui sont donc les vrais nazis aujourd'hui?

      Refuser l'irresponsabilité, la pusillanimité des partis républicains, socialistes etc.. en ce moment est un devoir.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 21 mars 2016 21 h 09

      M. Côté, je connais très bien cette partie de l'histoire, étant passionnée de cette matière que je crois essentielle pour se propulser vers l'avenir. Je suis consternée d'observer un tel aveuglement de la réalité, car ce monstre dont vous parler s'est déjà incarné et terrorise le monde entier depuis un bon moment : la soi-disante religion d'amour, de tolérance et de pays. Le FN est un parti qui n'a même pas accédé encore au pouvoir. Préoccupez-vous donc du parti déjà au pouvoir et de son échec complet dans la gestion de ce pays, n'ayant contribué qu'à diviser le peuple et détruire l'économie, pour le moins dire. Car contrairement à ce que crie la propagande mensongère, ce ne sont pas les partis nationalistes ou patriotes qui ont créé cette bête apocalyptique qu'est le terrorisme islamique et l'État islamique et ses variantes mais bien les dirigeants actuels de ce monde. Hitler voulait faire de l'Allemagne un empire, tout comme les groupe islamiques veulent établir un califat jusqu'aux confins de l'Europe. Tous ces monstres utilisent la terreur et se fondent sur un régime idéologique totalitaire pour y parvenir. Préoccupez-vous donc de ces ennemis réels au lieu d'en imaginer de nouveaux.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 21 mars 2016 21 h 11

      M. Dionne, ce que vous décrivez est exactement ce que les partis de gauche comme de droite ont fait à l'histoire nationale en France.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 22 mars 2016 11 h 14

      @Mme. Bélanger

      Connaissez-vous des Musulmans? Combien font la promotion de cet aspect culturel traditionnaliste de la supériorité de l'Homme sur la Femme? Pourquoi croyez-vous que des Musulmanes immigrent au Canada? Pour demeurer dans leur soumission?

      Cette ignorance atteint vraiment un comble de mauvaise foi. Il est d'autant plus ironique que ces attaques "culturalistes" (évolution du racisme qui essentialise les cultures) proviennent des zélotes nationalistes qui idéalisent la tradition. Quoique ceci explique cela : ne voyant que l'humain façonné de façon essentielle par une culture perçue comme figée, il faut pour eux défendre la pureté contre une altérité qu'ils perçoivent par le filtre anachronique de la théorie.

      Pauvre Québec.