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La Grèce crie à l’aide

Une mère et ses enfants attendaient en Grèce mardi de pouvoir franchir la frontière.
Photo: Sakis Mitrolidis Agence France-Presse Une mère et ses enfants attendaient en Grèce mardi de pouvoir franchir la frontière.

La Grèce a soumis un plan d’urgence à l’Union européenne (UE) pour organiser l’accueil de 100 000 réfugiés sur son territoire alors qu’un nombre croissant de migrants restent bloqués dans le pays.

« Nous ne sommes pas en mesure de faire face à l’ensemble des réfugiés qui arrivent » et « nous avons soumis un plan d’urgence à la Commission européenne pour l’accueil de 100 000 réfugiés », a affirmé Olga Gerovassili, porte-parole du gouvernement, lors son point de presse hebdomadaire.

Dans le cadre de ce plan, la Grèce aurait besoin de 480 millions d’euros (708 millions $CAN), a expliqué la porte-parole, rappelant qu’actuellement 23 000 réfugiés et migrants se trouvaient dans le pays. La Grèce avait jusqu’ici prévu accueillir entre 50 000 et 70 000 migrants.

Le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) a indiqué mardi qu’en raison de la forte affluence de migrants dans la région d’Idomeni, il y a des risques de manque de nourriture, d’abris, d’eau et d’installations sanitaires. En outre, des tensions se créent entre migrants. Les autorités grecques ont érigé deux camps, déjà saturés, près d’Idomeni.

« La Grèce ne peut pas gérer cette situation toute seule », a conclu le HCR qui demande que le plan de réinstallation des migrants en Europe, adopté en 2015, soit mis en oeuvre.

Lundi, la Commission avait indiqué qu’un plan d’urgence était en train d’être élaboré pour aider la Grèce ainsi que d’autres pays de l’Europe de l’ouest pour prévenir une éventuelle crise humanitaire. La semaine dernière le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lors d’une rencontre avec le premier ministre grec, Alexis Tsipras, à Bruxelles, avait fait état d’une somme d’environ 500 millions d’euros dans ce but.

Le gouvernement va utiliser « tout moyen diplomatique possible afin de trouver la meilleure solution pour la gestion du flux migratoire », a souligné Mme Gerovassili.

Mobilisation

La porte-parole a assuré que l’ensemble « du mécanisme gouvernemental était mobilisé et que l’armée avançait d’une manière très rapide pour achever les travaux qu’on lui avait confiés et qu’actuellement 10 000 personnes sont nourries quotidiennement » par l’armée.

En raison des restrictions imposées la semaine dernière par de nombreux pays européens et des Balkans concernant le nombre de migrants autorisés à traverser la frontière grecque avec la Macédoine, des milliers de réfugiés, surtout des syriens, irakiens et afghans, sont bloqués en Grèce.

Plus de 7000 personnes se trouvaient mardi au poste d’Idomeni, à la frontière de la Grèce avec la Macédoine, qui a considérablement limité le nombre de migrants pouvant fouler son sol ces derniers jours, selon une source policière grecque. Lundi, seuls 350 personnes avaient été autorisées à passer et mardi la frontière, côté macédonien, n’a ouvert qu’en début d’après-midi, selon la même source. Lundi, des centaines de migrants avaient été repoussés à coups de gaz lacrymogènes par les autorités macédoniennes à cet endroit, suscitant la « préoccupation » de la Commission européenne.

Le flux

C’est plus de 131 000 migrants qui sont arrivés en Europe par la Méditerranée depuis début janvier, a annoncé mardi le HCR (Haut-commissariat aux réfugiés) à Genève, soit davantage que pour les 5 premiers mois de l’an dernier.

« Les chiffres de ce matin montrent que 131 724 personnes ont fait le voyage [par la Méditerranée] en janvier et février, dont 122 637 sont arrivés en Grèce, soit un chiffre supérieur à celui des cinq premiers mois de 2015 », a déclaré un porte-parole du HCR. En outre, quelque 410 personnes ont perdu la vie en tentant la traversée de la Méditerranée depuis le début de l’année, a ajouté le porte-parole.

Au total, le HCR relève que les arrivées de migrants en Europe ont ralenti en hiver, mais « restent à un niveau relativement élevé ».