L’Union européenne s’attaque au braconnage

Bruxelles — L’Union européenne a dévoilé vendredi une série de mesures pour combattre le braconnage, notamment dans l’espoir de couper les vivres aux groupes extrémistes et aux milices pour qui cela représente une source de revenus.

L’UE calcule que le commerce illégal génère des recettes annuelles d’environ 30 millions $CAN, en plus de menacer la survie à l’état sauvage des éléphants, des rhinocéros, des lions et des gorilles. Le groupe djihadiste somalien Al-Shabbaab, « Armée de résistance du Seigneur », du fugitif Joseph Kony et des groupes armés soudanais ont tous été impliqués dans le commerce illégal de l’ivoire.

Le commissaire européen aux Affaires environnementales, Karmenu Villa, a déclaré vendredi que quelque 30 000 éléphants sont tués illégalement chaque année. À ce rythme, a-t-il prévenu, un enfant né aujourd’hui verra la disparition des derniers éléphants et rhinocéros sauvages avant son 25e anniversaire.

L’UE ajoute qu’environ un millier de gardiens de parc ont été tués lors d’opérations antibraconnage au cours des dix dernières années.

Le plan européen de cinq ans vise à combattre le braconnage, à réduire l’offre et la demande pour les produits illégaux, à renforcer les lois existantes, à lutter contre le crime organisé et à rehausser la collaboration entre les pays.

L’ivoire, les cornes de rhinocéros, les produits du tigre, le bois tropical et les oiseaux exotiques comptent parmi les biens les plus prisés sur le marché noir. Des reptiles vivants — dont des tortues, des serpents et des iguanes — sont régulièrement confisqués aux frontières européennes, ainsi que des plantes comme des cactus ou des orchidées.

Le plan a été bien accueilli par les groupes environnementaux. La directrice européenne du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), Sonja Van Tichelen, a affirmé que les crimes contre la nature atteignent des niveaux « sans précédent ». Elle a souligné, entre autres, qu’un éléphant est tué pour son ivoire toutes les 15 minutes.

« Une intervention immédiate et concertée est nécessaire », a-t-elle lancé.

Le groupe dit que l’UE sert de plaque tournante pour ce commerce illicite et que le tiers de toutes les saisies d’ivoire y sont réalisées. La Belgique, le Royaume-Uni, la France et le Portugal seraient des étapes importantes.