L’Autriche impose un plafond de réfugiés

Le gouvernement autrichien a annoncé vouloir limiter à 37 500 le nombre de demandeurs d’asile acceptés dans le pays en 2016.
Photo: Joe Klamar Agence France-Presse Le gouvernement autrichien a annoncé vouloir limiter à 37 500 le nombre de demandeurs d’asile acceptés dans le pays en 2016.

L’Autriche veut limiter drastiquement le nombre de réfugiés sur son sol, incarnant la détermination accrue des Européens à décourager les candidats à l’asile, toujours nombreux aux portes de l’UE.

L’annonce par la coalition centriste au pouvoir à Vienne d’un plafond de demandeurs d’asile pour l’année 2016 fait craindre à la Commission européenne un effet domino dans les autres pays européens.

La Commission tente, en effet, de promouvoir une réponse coordonnée à la crise migratoire, mais semble prise de vitesse par la volonté des États d’agir seuls, avant la fin de l’hiver et une nouvelle accélération du flux migratoire.

Pays hors UE, la Macédoine a aussi pris la décision de fermer temporairement mercredi sa frontière avec la Grèce, y bloquant plusieurs centaines de migrants.

L’Allemagne, elle, affirme encore tabler sur « une solution européenne commune », selon le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert. À ce titre, Berlin a annoncé mercredi le démantèlement d’un réseau de passeurs de migrants en Méditerranée, grâce à une opération commune germano-turque et des perquisitions dans les deux pays. Cinq personnes ont été arrêtées en Allemagne, trente en Turquie, accusées d’avoir fait traverser la Méditerranée à 1700 personnes.

La moitié moins

Le gouvernement autrichien a annoncé vouloir limiter à 37 500 le nombre de demandeurs d’asile acceptés dans le pays en 2016, plus de deux fois moins que les 90 000 de l’année dernière.

Durant les quatre prochaines années, Vienne souhaite au total limiter à 1,5 % de la population autrichienne (8,5 millions d’habitants) le nombre de demandeurs d’asile supplémentaires dans le pays, soit 127 500 personnes de 2016 à 2019.

Il s’agit aussi par cet objectif chiffré « d’exercer une pression » sur l’UE afin d’obtenir une accélération des mesures pour stopper les migrants, selon les dirigeants autrichiens.

« Nous avons besoin d’une forte réduction [du nombre d’arrivées de migrants dans l’UE] dans les six à huit prochaines semaines », avant la fin de l’hiver, a également lancé le premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, aux eurodéputés réunis à Strasbourg.

Plus d’un million de migrants ont rallié le continent en 2015. Selon des estimations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 31 000 arrivées ont été enregistrées en Grèce depuis le début de l’année, soit 21 fois plus qu’en janvier 2015.

L’exécutif européen pourrait proposer en mars un nouvel outil de gestion du flux sous la forme d’une refonte du système dit de Dublin, bafoué depuis de nombreux mois. Au lieu de faire traiter la demande d’asile par l’État membre où le migrant est entré dans l’UE, comme le prescrit la règle européenne, chaque État se verrait attribuer un quota permanent de réfugiés en fonction de sa taille, son PIB etc.. L’idée de la Commission est d’arriver à un système de « relocalisation » permanent, alors que le système défini en septembre ne porte que sur un nombre limité de 160000 réfugiés.

Depuis le début de l’année, l’Allemagne refoule à sa frontière avec l’Autriche les migrants cherchant à gagner la Scandinavie et l’Autriche a annoncé qu’elle en ferait de même à partir de la fin de semaine à sa frontière sud avec la Slovénie.

Dans des conditions climatiques glaciales tout au long de la route de l’exode, une fillette d’environ cinq ans et une femme sont mortes de froid mercredi en tentant de rallier l’île grecque de Lesbos au départ des côtes turques. Quelque 600 migrants syriens, afghans et irakiens étaient eux hébergés dans un centre d’accueil côté grec de la frontière macédonienne, après la fermeture de la frontière. Skopje a assuré que cette décision était temporaire et prise en raison d’une panne sur la voie ferrée.

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