Merkel et Hollande veulent débloquer la situation dans l’est du pays

Kiev — Les émissaires du président français, François Hollande, et de la chancelière allemande, Angela Merkel, ont rencontré des dirigeants ukrainiens à Kiev pour débloquer le processus de paix « au point mort » dans l’est séparatiste prorusse, ont indiqué mardi les autorités ukrainiennes.

Le Français Jacques Audibert et son confrère allemand, Christoph Heusgen, ont d’abord rencontré lundi soir le premier ministre Arseni Iatseniouk, puis le président, Petro Porochenko, pour discuter d’un conflit qui a fait plus 9000 morts, selon les communiqués de la présidence et du gouvernement ukrainiens.

Tous « ont exprimé leur préoccupation concernant les nombreuses violations du cessez-le-feu de la part des rebelles », s’est bornée à dire la présidence dans un communiqué.

Une seconde rencontre avec le président Porochenko a eu lieu mardi après-midi, selon plusieurs sources ukrainiennes.

Les deux émissaires sont arrivés à Kiev après une visite à Moscou, a indiqué un diplomate ukrainien haut placé sous le couvert de l’anonymat alors qu’aucune information sur leur voyage en Russie n’a été dévoilée.

« Tous nos partenaires [occidentaux] essaient de comprendre comment on peut faire évoluer la situation, actuellement au point mort, car en réalité aucune amélioration n’a lieu » sur le terrain, où des affrontements réguliers se poursuivent malgré plusieurs trêves annoncées ces dernières semaines, même si l’intensité de combats a considérablement diminué depuis septembre, a poursuivi ce diplomate.

Forcer Moscou

« Rien n’est possible tant qu’on n’aura pas forcé Moscou à remplir [ses engagements]. Toutes ces visites et négociations ont justement pour but cela », a résumé le diplomate.

Tout en soutenant Kiev face aux rebelles, les Occidentaux insistent sur l’adoption d’une réforme constitutionnelle controversée, visant à donner davantage d’autonomie à l’est séparatiste, mais très mal vue par beaucoup en Ukraine. Un premier vote en ce sens en août a débouché sur des émeutes devant le Parlement dans lesquels quatre policiers ont été tués et plus de cent autres blessés.

Alors que les voix manquent pour l’adoption définitive de cette réforme, M. Porochenko s’abstient de faire à nouveau pression sur les députés, craignant n’obtenir que son « suicide politique », a commenté une autre source diplomatique ukrainienne.

La visite des émissaires européens s’inscrit dans un contexte d’intensification des efforts diplomatiques pour régler le conflit en Ukraine. Cette question a fait l’objet de plusieurs entretiens téléphoniques entre dirigeants et a aussi figuré au menu de discussions vendredi entre la secrétaire d’État adjointe américaine Victoria Nuland et l’influent conseiller du président russe Vladislav Sourkov.

Moscou et Kiev sont entrés dans une crise sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir début 2014 de pro-occidentaux en Ukraine, suivie de l’annexion de la Crimée puis du déclenchement du conflit avec les séparatistes prorusses dans l’Est.