Attentats à Paris: faits connus et questions en suspens

Dans la foulée des fusillades à Paris et au Stade de France, difficile de faire la part des choses dans le flot d’informations qui déferle. Certains renseignements sont confirmés, d’autres restent à l’être, tandis que la propagation de fausses rumeurs est également dénoncée. Voici les informations à retenir, mises à jour au cours de la journée de dimanche.

Mandat d’arrêt international

L’enquête policière se concentre sur trois frères de nationalité française qui ont habité en Belgique. Le parquet fédéral de Belgique a indiqué à l’agence de presse Belga qu’un des frères s’est fait exploser lors des attentats, qu’un autre est en garde à vue et que le troisième est recherché et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Les autorités recherchent activement Salah Abdeslam, un jeune homme de 26 ans qui est « susceptible d'être impliqué dans les attentats de vendredi ». Il est considéré comme un « individu dangereux ».
  Le parquet belge a par ailleurs annoncé dimanche que sept personnes ont été interpellées en lien avec les attaques terroristes de vendredi. L’implication de ces personnes dans les attaques reste à être démontrée.

Le parquet belge a également indiqué que deux des terroristes qui sont décédés sur les lieux des attentats sont des Français ayant résidé en Belgique. L’un d’eux provenait de Molenbeek, une commune située en banlieue de Bruxelles qui est considérée comme une plaque tournante djihadiste. Selon l’analyse du Figaro, quatre attentats terroristes — déjoués ou réussis — ont tiré leur origine de ce « ghetto de misère » au cours des 18 derniers mois.

Les victimes

Le bilan provisoire est de 129 morts. Le premier ministre français, Manuel Valls, a pour sa part fait savoir dimanche que 103 personnes ont été identifiées, mais que « 20 à 30 corps » restent à identifier.

352 personnes ont été hospitalisées à la suite des attentats et 42 blessés étaient toujours en «réanimation» dimanche, selon un communiqué de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Aucun Canadien ne figure sur la liste des victimes.

Les informations provenant des quatre coins de la planète permettent graduellement de mettre des noms et des visages sur les victimes des attentats. Jusqu'à maintenant, en plus des victimes françaises, on compte trois victimes chiliennes et 3 victimes belges, ont annoncé les ministres des Affaires étrangères du Chili et de la Belgique. Une des trois victimes belges avait aussi la nationalité française. On dénombre par ailleurs des victimes originaires d'Angleterre, d'Espagne, des États-Unis et du Portugal.

Assaillants

Sept terroristes se sont suicidés après avoir perpétré leurs crimes. Les trois terroristes à l’origine de la prise d’otage et du massacre au Bataclan ont évoqué la Syrie et l’Irak selon le procureur de la République de Paris.

On connaît maintenant l'identité de trois des terroristes qui ont pris part aux attaques:

-Ismaël Omar Mostefaï, père de famille de 29 ans, natif de Courcouronnes, en France. Il a participé à l'attaque du Bataclan. Il a été condamné à huit reprises pour des délits de droit commun, sans jamais être incarcéré. Il avait fait l’objet en 2010 d’une fiche pour radicalisation sans toutefois avoir encore été lié à des associations terroristes.

-Bilal Hadfi, l'un des trois kamikazes qui ont visé le Stade de France. Il vivait en Belgique et aurait combattu avec l'État islamique en Syrie.

-Ibrahim Abdeslam, français né à Bruxelles, grand frère de Salah Abdeslam (qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international). Il a été impliqué dans la série d'attentats dans les bars des 10e et 11e arrondissements et s'est fait exploser devant la brasserie Comptoir Voltaire

La revendication du groupe État islamique, diffusée ce samedi, fait état de « huit frères portant des ceintures d’explosifs et des fusils d’assaut ». Ces allégations font l’objet d’investigations, a indiqué le procureur de la République de Paris, François Molins. 

Chronologie des événements

Telle que présentée par le procureur de la République de Paris, François Molins. 

21 h 20 : une première explosion survient rue Jules Rimet tout près du Stade de France durant un match entre la France et l’Allemagne. Deux corps sont retrouvés, dont un terroriste. 
21 h 25 : Presque au même moment, deux bars-restaurants sont frappés : Le Carillon, rue Alibert et Le Petit Cambodge, rue Bichat. Ils sont situés tous les deux au cœur de Paris.
21 h 30 : Une deuxième explosion survient au Stade de France. 
21 h 32 : Nouvelle fusillade au centre de Paris, au Café Bonne Bière, rue Faubourg du Temple. 
21 h 36 : À l’angle des rues Faidherbe et Charonne, un homme tire à nouveau sur les personnes assises à la terrasse d’un café, La Belle équipe.
21 h 40 Un kamikaze se donne la mort en blessant plusieurs personnes au Comptoir Voltaire.
21 h 40 Au même moment, trois individus arrivent au Bataclan et tire en rafale sur les spectateurs avant de les prendre en otage.
Peu après minuit, la brigade de recherche et d’intervention donne l’assaut au Bataclan, où des spectateurs étaient toujours pris en otage.

Lieux

Les attaques ont eu lieu en six endroits :

- Stade de France, à Saint-Denis, une commune située au nord de Paris.
- Terrasse du restaurant Le Petit Cambodge, rue Alibert.
- Salle de concert du Bataclan
- Terrasse du restaurant Casa Nostra, rue de la Fontaine au roi
- 92, rue de Charonne, notamment au bar La Belle équipe
- Brasserie Comptoir Voltaire, tout près de la Place de la Nation
*Des coups de feu étaient rapportés dans des endroits proches des Halles (Centre Pompidou, Louvre et Champ-de-Mars). Aucun témoignage ne permet en ce moment de penser que ce fut le cas. 

Mesures de sécurité

L’état d’urgence a été déclaré par le président François Hollande après une réunion extraordinaire de son conseil des ministres dans la nuit de vendredi à samedi (heure de Paris).

Les contrôles à la frontière ont été renforcés, mais cela ne signifie pas qu’il soit impossible d’entrer ou de sortir de la France.

Rumeurs

Aucune victime parmi les forces de l’ordre. 

Une photo montrant les camps de fortune de Calais en flamme où des réfugiés ont élu domicile en attendant de traverser vers le Royaume-Uni. Cette image date plutôt du 2 novembre et montre un incendie déclenché par l’explosion d’une bonbonne de gaz. 
 
Pourquoi ces lieux?

Encore trop tôt pour le savoir, puisque les endroits visés ont en commun seulement de servir aux loisirs. Le groupe État islamique explique dans son communiqué avoir pris pour cible « la capitale des abominations et de la perversion ».