Les assaillants étaient coordonnés, selon le procureur de Paris

Trois équipes de terroristes sont « très vraisemblablement » à l’origine de sept attentats à Paris, a indiqué le procureur de la République de Paris François Molins. Des ceintures d’explosifs « absolument identiques » retrouvées sur les corps de sept assaillants permettent aussi de conclure que les attaques ont été coordonnées. Des fusils d’assaut de type Kalachnikov ont laissé plus d’une centaine de douilles sur chaque scène de crime.

M. Molins a aussi révisé le bilan provisoire à la hausse, qui s’élève maintenant à au moins 129 morts et 350 blessés dont une centaine dans un état très grave. Dans la seule salle de spectacle du Bataclan, le bilan provisoire atteint 89 morts. Au moins 14 étrangers font partie des victimes, mais aucun Canadien ne figure à ce jour sur la liste des décès.

Sept des terroristes ont trouvé la mort, par suicide et par les balles des forces de l’ordre. Les trois terroristes à l’origine de la prise d’otage et du massacre au Bataclan ont évoqué la Syrie et l’Irak selon le procureur de la République de Paris. L’un d’entre eux, d’origine française, a été identifié et il est connu des forces de l’ordre. L’homme de 29 ans a été condamné à huit reprises pour des délits de droit commun, sans jamais être incarcéré. Il avait fait l’objet en 2010 d’une fiche pour radicalisation sans toutefois avoir encore été lié à des associations terroristes. 

Deux véhicules noirs ont été utilisés dans la majorité des attaques, selon les témoignages et des images des vidéos de surveillance. L’une de ces automobiles avait été louée en Belgique par un individu interpellé ce matin en compagnie de deux autres personnes, jamais appréhendées auparavant par les autorités françaises. Les policiers belges ont mené des perquisitions dans plusieurs résidences en banlieue de Bruxelles. 

Le groupe État islamique (EI) a revendiqué dans un communiqué, une vidéo et un montage sonore samedi le carnage perpétré la veille. Le procureur François Molins a précisé que ces revendications font présentement l’objet d’une investigation, sans les confirmer. Un passeport syrien a aussi été retrouvé près du Stade de France. Il appartenait à un individu né en 1990, qui n’est pas connu des services de renseignement français.

Réactions

Dans une adresse à la nation, le président François Hollande a décrit ces attaques comme « un acte de guerre ». Il a reconnu la revendication par l’EI de cette série d’attentats « contre la France, contre les valeurs que nous défendons partout dans le monde, contre ce que nous sommes, un pays libre ». Ces actes auraient été préparés et planifiés depuis l’extérieur du pays, « avec des complicités intérieures », selon les mots de M. Hollande.

« La France sera impitoyable avec les barbares de Daesh », a avertit le président français, promettant d’agir sur tous les terrains où il le faudra.

Le Hamas et le Djihad islamique palestiniens condamnent les attaques de Paris. Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a dénoncé « ces actes d’agression et de barbarie », dans une déclaration à l’Agence France-Presse.

Le président Hollande a décrété un deuil national de trois jours. L’état d’urgence déclaré sur tout le territoire quelques heures après la tragédie est toujours en vigueur, c’est la première fois que de telles mesures sont prises depuis la guerre d’Algérie. Tous les rassemblements ou manifestations sont donc interdits. La sécurité a été renforcée autour des bâtiments officiels français à l’étranger, a également annoncé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

De nombreuses rumeurs qui circulaient vendredi soir ont été démenties ce matin. Aucun policier n’a été tué en donnant l’assaut à la salle de spectacle et il n’y a pas eu de fusillades aux Halles, à Belleville et à République. Autre information relayée dans la cohue, une photo d’incendie dans la « jungle » de Calais, ce camp de fortune où des migrants attendent de traverser vers le Royaume-Uni. L’image en question datait plutôt du 2 novembre dernier, alors qu’une bombonne de gaz y avait explosé. 

Si les rues de Paris demeurent très tranquilles samedi, de nombreuses personnes se sont rendues sur les lieux des attaques pour déposer des gerbes de fleurs et des lampions.

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