Une première clôture s’érige dans l’espace Schengen

L’Autriche a annoncé à son tour vendredi la construction d’une clôture sur une section de sa frontière avec la Slovénie, une première au sein de l’espace Schengen, de plus en plus déstabilisé par la crise des migrants.

Constituée d’un « grillage simple » d’une hauteur de 2,2 mètres, cette clôture courra sur un total de 3,7 km de part et d’autre du poste-frontière de Spielfeld, par où transitent la quasi-totalité des migrants.

« Il s’agit de garantir un passage organisé à ce poste et pas d’une fermeture de la frontière », a souligné lors d’une conférence de presse le ministre social-démocrate Josef Ostermayer.

Le gouvernement autrichien a assuré que l’Union européenne (UE) avait été informée de cette mesure et que le dispositif serait « rapidement démontable ».

Cette clôture, dont la pose doit débuter dans deux semaines, n’en constitue pas moins une première entre deux pays de l’espace Schengen de libre circulation.

L’UE peine toujours à trouver une réponse coordonnée à la crise migratoire alors que, selon l’ONU, plus de 800 000 migrants venus principalement d’Afrique et du Moyen-Orient ont gagné le continent par la mer depuis le début de l’année.

Course contre la montre

Plus de 700 migrants embarqués sur quatre canots pneumatiques et un bateau de pêche ont encore été secourus vendredi au large de la Sicile, selon les garde-côtes italiens.

Jeudi, lors d’un sommet à Malte, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a évoqué une « course contre la montre » pour « sauver Schengen », la tentation de se barricader gagnant un nombre croissant de pays.

Après la Hongrie, qui a totalement fermé ses frontières serbe puis croate aux migrants cet automne au moyen notamment d’une clôture de barbelés, la Slovénie s’est lancée mercredi dans la pose de barbelés à sa frontière croate. Ljubljana a toutefois assuré ne pas vouloir fermer ses portes aux réfugiés.

Principale destination des migrants, l’Allemagne a pour sa part indiqué vendredi qu’elle prolongeait jusqu’à la mi-février les contrôles aux frontières instaurés en septembre, et l’Autriche a décidé de même.

Le règlement Schengen prévoit des procédures d’exception permettant la mise entre parenthèses des règles de libre circulation pour une période pouvant aller jusqu’à deux ans.

Jeudi, la Suède, autre destination privilégiée par les réfugiés, avait elle aussi annoncé un rétablissement de contrôles à ses frontières, au risque d’écorner son image de « superpuissance humanitaire ».

Et en France, le contrôle aux frontières est rétabli depuis vendredi pour un mois, avec au moins 30 000 policiers mobilisés pour sécuriser l’entrée sur le territoire dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat (COP21).