Porochenko salue une trêve véritable dans l’Est

Le président d’Ukraine, Petro Porochenko, a salué mercredi la « trêve véritable » qui s’est installée dans l’est séparatiste prorusse en proie depuis 18 mois à un conflit meurtrier, tout en estimant que la guerre ne serait finie qu’après la libération des terres ukrainiennes de l’« occupant » russe.

Dans un conflit qui a coûté la vie à plus de 8000 personnes en 18 mois, « nous assistons à une accalmie totale en cette première semaine d’octobre. Pas un seul coup de feu », s’est félicité le chef de l’État dans un discours devant des étudiants.

Alors que le cessez-le-feu est largement respecté depuis septembre, Kiev et les rebelles retirent leurs chars et pièces d’artillerie de calibre inférieur à 100 mm de la ligne de front dans le cadre d’un accord signé la semaine dernière entre belligérants. Ce processus est pratiquement achevé dans l’une des deux républiques rebelles, celle de Lougansk, ont annoncé mercredi l’armée ukrainienne et les rebelles. Le retrait dans la république autoproclamée de Donetsk doit débuter le 18 octobre.

Ce retrait a été décidé comme un geste de bonne volonté pour consolider la trêve, même s’il n’était pas prévu par les accords de paix fondamentaux dits de Minsk 2, signés en février grâce à la médiation du président français, François Hollande, et de la chancelière allemande, Angela Merkel, en présence du président russe, Vladimir Poutine.

Après un sommet à Paris vendredi entre les trois dirigeants et le président ukrainien, le chef de l’État français a reconnu que la mise en oeuvre du processus de paix prendrait du retard et ne serait pas achevée comme prévu en 2015.

Les élections

 

Si les rebelles ont accepté, conformément au souhait des Européens, de reporter leurs élections locales prévues cet automne à 2016, les interprétations divergent quant aux conditions de la tenue de ces élections. « Nous nous sommes mis d’accord à Paris sur l’annulation » et non le report de ces élections, a souligné mercredi devant les députés le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine.

Le ministre a également souligné que celles-ci ne pourraient avoir lieu qu’une fois que l’Ukraine aurait retrouvé le contrôle des 400 kilomètres de sa frontière avec la Russie par où transitent, selon Kiev et les Occidentaux, armes et troupes destinées à l’Est rebelle, et après le retrait des troupes russes. « Conformément à tous les critères du droit international et national, les élections ne peuvent pas avoir lieu là où sont présentes des troupes ou des armes étrangères », a déclaré le chef de la diplomatie lors d’une intervention devant les députés.

Les dirigeants européens n’ont toutefois pas mentionné cette condition, le président Hollande disant simplement qu’il « faudrait du temps pour aboutir au contrôle total des frontières et au retrait des unités étrangères ». Il avait en revanche évoqué l’adoption par Kiev d’une nouvelle loi électorale pour rendre le scrutin en zones rebelles « incontestable », sous surveillance de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

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