Les 28 ne s’entendent toujours pas sur la répartition des réfugiés

Bruxelles — Les 28 États membres de l’UE, réunis lundi à Bruxelles, ne sont pas parvenus à un accord unanime sur la répartition de 120 000 réfugiés supplémentaires pour faire face à l’afflux de demandeurs d’asile, a indiqué lundi soir la présidence luxembourgeoise.

« Une grande majorité d’États se sont engagés sur le principe d’une relocalisation [des 120 000 réfugiés], mais tout le monde n’est pas pour l’instant à bord », a reconnu le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, qui a présidé lundi un conseil extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’UE.

« Nous n’avons pas eu l’accord que nous voulions » sur ce point, a admis de son côté le commissaire à l’Immigration, Dimitris Avramopoulos, lors d’une conférence de presse commune, à l’issue de débats qu’il a qualifiés de parfois « enflammés » entre États.

Proposition rejetée

Les participants ont, comme prévu, validé lundi la décision de se répartir l’accueil de quelque 40 000 réfugiés en deux ans, conformément à ce qu’ils avaient convenu fin juillet (même s’ils n’ont pour l’heure fixé la destination précise dans l’UE que de quelque 32 000 personnes). Mais ils ont échoué à dégager un consensus sur une nouvelle proposition de la Commission européenne qui leur avait demandé la semaine dernière de « relocaliser » 120 000 réfugiés de plus, se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie, avec des quotas contraignants.

Sur ce point, « la discussion doit se poursuivre », a expliqué le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, soulignant qu’« un certain nombre de pays ne veulent pas adhérer à ce processus de solidarité », en citant « notamment les pays du groupe de Visegrad ».

« L’Europe n’est pas une Europe à la carte », a lancé le ministre français à l’adresse de ces pays récalcitrants. « Certains États ne se sentent visiblement pas obligés de faire preuve d’une responsabilité solidaire », a renchéri son homologue allemand, Thomas de Maizière. « Ce n’est pas seulement nous, ou la République tchèque, il y a eu aussi d’autres pays » qui se sont opposés au mécanisme dit de « relocalisation », a rétorqué le ministre slovaque de l’Intérieur, Robert Kalinak, cité par des médias slovaques.

Des avancées ?

Les ministes allemand et français ont préféré insister sur une série « d’avancées concrètes » obtenues lundi. Ils ont souligné que l’Italie et la Grèce avaient clairement accepté la mise en route à leurs frontières extérieures de centres d’accueil chargés d’enregistrer les migrants à leur arrivée en Europe et de distinguer en amont s’ils relèvent du droit d’asile ou de la migration illégale.

« Nous devons armer Frontex [l’agence européenne de surveillance des frontières] davantage en moyens pour lui permettre d’organiser les retours de ceux qui sont migrants économiques irréguliers vers les pays de provenance », a plaidé M. Cazeneuve, faisant de la réussite des centres une condition pour la « relocalisation » des réfugiés.

Mais si la Grèce et l’Italie ont donné leur accord, la Hongrie a campé sur son refus catégorique d’héberger ces centres et de participer au mécanisme de « relocalisation », résistant lors de la réunion de lundi à la pression d’autres États, en particulier du couple franco-allemand.

La Hongrie « serait pourtant bénéficiaire du dispositif, puisqu’elle fait partie maintenant des pays en première ligne », a regretté une source européenne.

Les ministres de l’Intérieur de l’UE doivent se revoir le 8 et 9 octobre à Luxembourg, pour un nouveau conseil au cours duquel sera rediscutée la répartition des réfugiés, mais il n’est pas exclu qu’une rencontre soit organisée avant cette date.

La force contre les passeurs en Méditerranée

Bruxelles — L’Union européenne a approuvé lundi le recours à la force militaire contre les passeurs de migrants qui opèrent à partir de Libye, y compris en saisissant leurs bateaux, dans le cadre d’un renforcement de son opération navale en Méditerranée.

« Cette importante transition permettra à l’opération navale de l’UE contre les passeurs et les trafiquants en Méditerranée d’arraisonner, fouiller, saisir et dérouter les embarcations soupçonnées de servir à la traite humaine, dans le cadre du droit international », a indiqué le Conseil de l’UE.

Les bâtiments de guerre européens pourront également procéder à des arrestations, mais à condition de ne pas entrer dans les eaux territoriales libyennes, selon des sources européennes.

Lors d’une réunion ministérielle lundi matin à Bruxelles, les 28 États membres de l’UE ont estimé que les conditions étaient désormais réunies pour passer à la deuxième phase, en haute mer, de leur opération EU Navfor Med lancée fin juin en Méditerranée.

Jusqu’ici, l’opération — forte de quatre navires et d’un millier d’hommes — était cantonnée à la surveillance à partir des eaux internationales des réseaux criminels qui envoient chaque jour, à partir des côtes libyennes, des embarcations précaires chargées de migrants vers l’Italie. Elle a aussi participé à plusieurs opérations de secours, contribuant à sauver 1500 personnes.
2 commentaires
  • Richard Bérubé - Inscrit 15 septembre 2015 06 h 44

    Les migrants ont résolu un peu le problème démographique allemand!

    Avec 800,000 migrants (réfugiés) le problème démographique allemand a reçu de l'oxygène, mais ce drame humain est avant tout le résultat de la politique étrangère de plusieurs pays européens ainsi que des alliés occidentaux. Aucun pays du golf (Arabie Saoudite, Barheim, EAU, Koweit et quelques autres) refusent catégoriquement de prendre des réfugiés, même s'ils sont parti du problème, les américains accepteraient un maigre 10,000 personnes, en Allemagne la plupart des migrants sont de jeunes hommes, qui feront probablement venir leur famille plus tard, donc de 800,000 le nombre montera à combien dans sa totalité...une bonne partie de ces gens seraient (???) très peu instruits etc. c'est toute une patate chaude qui après les scènes et décisions émotiques des dirigeants les réveillent à la réalité....

    • Richard Bérubé - Inscrit 15 septembre 2015 08 h 42

      devrait se lire des décisions émotives

      réf: Émission Crosstalk RTTV du 2015-09-14 avecPeter Lavelle (anglais seulement)