Zoom sur les six principaux protagonistes des élections

Athènes — Deux premiers rôles, flanqués de trois arbitres présumés et d’un pitre, vont se disputer le 20 septembre les votes d’électeurs grecs peu motivés. Ce sera le troisième scrutin national de 2015 et le sixième depuis le début de la crise économique en 2010.

Alexis Tsipras. Benjamin de la vie politique à 41 ans, le charismatique et manoeuvrier leader de gauche radicale, propulsé au pouvoir en janvier par le rejet de l’austérité, veut incarner une Grèce nouvelle, sûre d’elle et débarrassée de ses archaïsmes clientélistes. Mais ce militant de toujours, passé par les jeunesses communistes, a dû se résigner, pour maintenir le pays dans l’euro, à passer sous les fourches caudines des créanciers UE et FMI, décevant les victimes de la crise et provoquant la scission de son parti Syriza. Démissionnaire en août pour forcer le scrutin, dont il attend une nouvelle légitimité et majorité parlementaire, il promet de tenir la barre à gauche et la dragée haute aux bâilleurs de fonds, pour remettre le pays sur les rails d’une croissance plus juste.

Evangélos Meïmarakis. À 61 ans, dont 41 dans l’appareil du grand parti de droite Nouvelle Démocratie, ce moustachu madré et chaleureux au profil de Grec moyen, est la surprise de la campagne. Porté par défaut à la tête de la droite après la démission de son prédécesseur, Antonis Samaras, il a remis le cap au centre et s’est posé en rassembleur, au point de talonner en popularité M. Tsipras. Sans majorité absolue en vue, il appelle à une grande coalition avec le Syriza même s’il arrivait en première place. Prônant stabilisation de l’économie, retour des investissements et « amélioration » du plan de redressement, il entretient toutefois le flou sur son programme, soucieux, dit-il, d’éviter les promesses intenables.

Panayotis Lafazanis. Tombeur du « camarade » Tspiras, l’ex-chef de l’aile gauche eurosceptique du Syriza, qu’il a quitté pour fonder Unité populaire, fait campagne sur le rejet du dernier accord avec les créanciers, jugé mortifère. Dans une publicité de campagne, ce sexagénaire barbu prend un taxi pour l’Hôtel des monnaies, un clin d’oeil pour dédramatiser le retour à la drachme, qu’il prône comme issue à la crise. Sa percée s’annonce limitée, autour de 3 % selon les sondages, mais privera Syriza d’autant de voix.

Stavros Théodorakis. Ancien animateur vedette d’une émission de télévision, ce quinquagénaire médiatique et alerte, fondateur en 2014 du parti To Potami, ambitionne d’être un faiseur de rois, plutôt — mais sans exclusive — en faveur de la droite. Résolument proeuropéen et reçu à Bruxelles, ouvert à la société civile, il a durci le ton envers Syriza quand celui-ci a semblé remettre en cause l’ancrage du pays dans l’UE et accuse M. Tsipras d’aventurisme et d’inexpérience. En pleine crise des réfugiés, il s’affirme partisan d’une ligne dure sur les questions migratoires.

Fofi Gennimata. À 50 ans, elle est la seule femme dans les rangs, portée en juin à la tête d’un parti socialiste (PASOK) en déroute après avoir détenu plusieurs portefeuilles ministériels. Revendiquant l’héritage social de son père, figure du socialisme à la grecque des années 80, elle s’est assuré le soutien de dissidents proeuropéens de Syriza et a su fédérer son camp. Elle est pressentie par M. Tsipras comme possible recours pour la formation d’un gouvernement de coalition de gauche.

Vassilis Leventis. Figure culte dans les années 90 pour ses interminables monologues de défense du sens commun sur des télés privées de troisième zone, ce sexagénaire pourrait siphonner suffisamment d’électeurs tentés par un vote sanction à droite et à gauche pour entrer enfin au parlement. Une revanche pour l’éternel perdant de plus d’une dizaine d’élections disputées à la tête de son parti Union des centristes.

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