Les ambassadeurs respectifs sont rappelés

Bogotá — Bogotá et Caracas ont rappelé jeudi leurs ambassadeurs respectifs pour consultations, a-t-on appris auprès des autorités des deux pays, pris dans une crise bilatérale déclenchée par la décision du Venezuela de fermer la frontière et d’expulser des Colombiens.

« J’ai donné des instructions à la ministre des Affaires étrangères pour qu’elle rappelle pour consultations notre ambassadeur au Venezuela », a déclaré le président colombien Juan Manuel Santos lors d’une cérémonie publique.

La ministre, Maria Angela Holguín, a également été chargée de « convoquer une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’Unasur [Union des nations sud-américaines]. Nous voulons raconter au monde […] ce qu’il se passe, parce que cela est totalement inacceptable », a ajouté le président, évoquant la crise frontalière entre la Colombie et le Venezuela.

M. Santos a expliqué avoir pris cette décision après le non-respect par le Venezuela d’un accord trouvé la veille permettant une visite du Défenseur du peuple colombien dans la ville frontière de San Antonio de Tachira pour vérifier des allégations d’abus commis sur des Colombiens expulsés. Plus tard dans la journée, Caracas a annoncé avoir rappelé son ambassadeur en Colombie.

« Suivant les instructions du président [Nicolas Maduro] nous avons rappelé pour consultations notre ambassadeur en République de Colombie, Ivan Rincon », a tweeté la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères, Delcy Rodriguez.

La situation entre les deux voisins sud-américains s’est brusquement tendue il y a une semaine, après une embuscade à la frontière, dans laquelle trois militaires et un civil vénézuéliens ont été blessés, et attribuée par le Venezuela à des « paramilitaires colombiens ».