Berges de Seine sous haute surveillance

Une centaine de militants ont déployé un drapeau palestinien géant et installé des stands d’information ou de ventes de produits sur la chaussée.
Photo: Kenzo Tribouillard Agence France-Presse Une centaine de militants ont déployé un drapeau palestinien géant et installé des stands d’information ou de ventes de produits sur la chaussée.

La journée controversée « Tel-Aviv sur Seine », organisée par la mairie de Paris dans le cadre de l’événement estival Paris Plages, s’est déroulée jeudi sous haute protection mais dans le calme, à deux pas d’une manifestation « Gaza Plage » à l’appel d’organisations pro palestiniennes.

 

Plusieurs centaines de policiers ont été dépêchées et des détecteurs de métaux installés pour assurer la sécurité de 200 mètres de berges de Seine sur les 2,3 kilomètres rendus aux piétons le temps de quatre semaines d’été dans le cadre de Paris Plages, une opération annuelle de la mairie de la capitale française.

Peu après 19 h, aucun incident n’a été signalé après la fin du rassemblement pro palestinien alors que la pluie avait en début de soirée chassé une grande partie de la foule présente sur les quais de Seine. Selon la mairie, son initiative a rassemblé près de 11 000 participants.

À l’intérieur du périmètre de sécurité de « Tel-Aviv sur Seine », du sable, des parasols, comme sur les autres espaces de Paris Plages, et des affiches étaient censés évoquer l’ambiance balnéaire de la grande ville israélienne.

Confrontation

 

Les opposants à l’opération voulaient dénoncer l’« indécence » d’une telle manifestation un an après l’opération israélienne à Gaza. Ils ont reproché à la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, d’occulter la politique israélienne dans les territoires palestiniens.

« Même dans le contexte enlisé du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants », s’est justifiée Anne Hidalgo.

Dans l’après-midi certains visiteurs jouaient aux raquettes de plage au son d’une musique israélienne ou faisaient la queue devant des cantines éphémères, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

Tête nue ou bien portant la kippa ou un chapeau à l’effigie d’Israël offert par les organisateurs, beaucoup affirmaient leur sympathie pour le pays.

« C’est un acte de solidarité avec le peuple juif d’être venue aujourd’hui », explique Cecilia, une Italienne allongée sur un transat avouant avoir « un peu peur que cela dégénère » avec la manifestation pro palestinienne adjacente.

Mais la quiétude du lieu est à peine troublée par les « Palestine vivra ! Palestine vaincra ! », provenant de l’autre côté du Pont Notre-Dame, où se tient la concurrente et non officielle « Gaza Plage ».

Une centaine de militants ont déployé un drapeau palestinien géant et installé des stands d’information ou de ventes de produits sur la chaussée. Certains portaient des t-shirts « Boycott Israël », d’autres des banderoles dénonçant le « fascisme israélien ».

La sono, mêlant chants traditionnels palestiniens, chansons engagées et discours, entamait un duel à distance avec la musique « lounge » israélienne.

Médias présents

 

La polémique a été abondamment relayée par les médias au creux de l’été et les journalistes étaient nombreux jeudi sur les quais de Seine.

« Pour moi, c’est une journée culturelle, pas politique », estime Jean, un badaud : « On a trop médiatisé cet événement. Si on met de la politique partout, c’est la fin du monde ».

L’été dernier, en pleine offensive israélienne à Gaza, des manifestations de soutien aux Palestiniens, interdites en raison des risques de violence, avaient dégénéré notamment dans le quartier populaire de Barbès, à Paris, et à Sarcelles (nord de la capitale).

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